samedi 31 janvier 2009

Udaipur, calme et majeste...


Hello, cela fait un bout de temps que je n'ai rien ecrit alors pour me faire pardonner, en voici une petite tartine, de quoi vous occuper un moment ! ET EN IMAGES SVP, pour la premiere fois depuis BIEN LONGTEMPS !!!


Ahmedabad, 21 janvier 2009, 22h

Je fais mes adieux à Florian, un suisse allemand avec qui j’ai passé ces deux jours dans cette cité frénétique et me dirige vers la gare dans un autorickshaw conduit par un chauffeur à l’honnêteté un peu trop zêlée. J’avais presque envie de lui dire à la fin : « Eh oh mon bonhomme, il faut quand même que tu tentes de m’arnaquer un peu, ou au moins que tu me fasses payer le prix « touriste », mais pas le prix indien ! Le comble !

Bref, je lui paye la course au même tarif que celui que j’aurais payé avec n’importe quel autre chauffeur, lui expliquant que le surplus fait office de pourboire. Il n’a pas l’air très content, peut-être un peu vexé que je ne considère pas plus et respecte son extrême honnêteté.

Je suis tout excité, et même un rien anxieux, car dans quelques instants, je prends mon premier train de nuit, en direction d’Udaipur ! Je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangé !

Le hall de la gare regorge d’une multitude de gens qui jonchent le sol en patientant entassés les uns contre les autres, souvent endormis, enveloppés de couvertures de fortune. Le tout baigné dans une lumière jaunâtre donnant à la scène un aspect assez surréaliste. Toutes les informations sont écrites en Hindi ou je-ne-sais-quelle-autre-langue indienne aux formes totalement inconnues et exotiques pour le petit occidental que je suis.

A ce propos, petite parenthèse instructive...

Il faut savoir que l’Inde recelle pas moins de 18 langues reconnues par la constitution, et plus de 1600 dialectes à travers tout le pays. Peut-être certains noms vous diront-ils quelque chose : bengali, marathi, kashmiri, nepali, sanskrit, tamil... pour les plus connus !

Plus de 50 ans après le départ des colonisateurs, l’anglais reste très largement parlé et demeure la langue officielle du judiciaire. L’hindi quant à lui est la langue officielle du gouvernement indien. Il est très répandu dans le Nord mais à peine parlé dans le Sud, et à peu près 20% de la population indienne le parle en tant que langue maternelle. Et il existe autant d’alphabets que de langues... Vous pouvez facilement imaginer l’effet produit par un immense tableau d’affichage reportant tous les noms, numéros et horaires des trains au départ de cette gare... tout écrit en Hindi ! ! !

Pour vous donner une idée des différents alphabets, au dos de tous les billets de banques, la valeur de la monnaie est écrite en 14 langues. Du CHINOIS !!

(Il me semble que l’hindi est la neuvième en partant du haut.)

Bref, le dépaysement en Inde se fait aussi par l’écriture !

Heureusement, les informations sont aussi en anglais, mais celui-ci se raréfie en dehors des grandes villes et n’est plus la langue la plus utilisée ! Les panneaux d’affichages électronique font défiler les informations en hindi : drôle d’effet ! Mais les chiffres sont les mêmes que pour nous alors on retrouve à peu près sur quel quai prendre son train !

Il existe pas moins de 4 classes « couchettes » dans les trains indiens et j’ai opté pour la plus rudimentaire, et aussi la moins chère. 15 francs pour 250 km et 9h de train ! Pô cher ! En tout, les trains indiens comptent 6 différentes classes, dont certaines présentent également des subdivisions internes... Encore un casse-tête chinois/indien, pour comprendre à quoi tout correspond...

Voici à quoi ressemble une sleeper class : d’un côté du couloir, 6 couchettes en trois et trois, dont celle du milieu se rabat dans la journée pour permettre aux passagers de s’asseoir et d’avoir un dossier. L’autre côté du couloir est pourvu de deux (parfois meme 3) couchettes disposées dans la longueur du wagon. Et toujours ces ventilateurs au plafond, quoi qu’il arrive.

Mais aucune utilité de ces engins car la nuit fut très froide. J’ai sorti ma polaire et ai dormi tout habillé, avec pantalon et chaussures. Je fais la connaissance d’un brave américain Ben, et de sa casquette des Lakers de LA... Il dort juste au dessus de moi.

L’arrivée approche, l’aurore pointe ses blanches pâleurs, je refait mon sac et le détache de sa chaîne que j’avais achetée à la gare d’Ahmedabad à un vendeur à la sauvette. Cela empêche juste de se le faire embarquer pendant son sommeil.

Brrr, quel froid sur les quais ! Il doit faire à peine 10 degrés ! Malgré cela, il y a des gens pieds-nus portant juste quelqu’ étoffe en cotton. La majorité des indiens sont emitouflés de couvertures, écharpes et turbans. C’est d’une grande élégance, en plus de sûrement tenir chaud ! La gare est excentrée de la ville et c’est un paysage montagnard composé de quelques grandes collines épurées qui nous accueille dans la lumière brumeuse de l’aube.

Nous arrivons à la guest house qu’avait retenu Ben. Elle semble un peu loin du centre d’Udaipur. Un ami du chauffeur nous a accompagné dans l’autorickshaw et parle un peu toutes les langues. Il présente bien, est jeune, beau parleur, a une belle tête, et est en fait un rabatteur non seulement pour son hotel mais aussi pour des visites de la ville. Je refuse gentiment l’invitation, mais Ben semble intéressé.

Nous partageons une chambre avec Ben, et c’est a peu près tout ce que nous partagerons ensemble pendant nos 3 jours ici à Udaipur ! Il préférait se la jouer solo. Sa visite avec le rabatteur était, sans être une arnaque, tout à fait prévisiblement de mauvaise qualité, ne voyant même pas les sites principaux !

De mon côté, j’ai préférer dormir encore un peu et prendre doucement mes marques.

La guest-house possède – comme beaucoup – un rooftop restaurant d’où la vue est magique sur le lac et les palais aux formes gracieuses.

Ici et là il y a des espaces pourvus de matelas et coussins colorés qui appellent à la relaxation et la détente. Des gens sont déjà réveillés et se prélassent dans ces cocons un livre à la main dans un paisible silence. Le soleil me réchauffe doucement puis très vite devient trop fort pour mon corps refroidi par la nuit. Je passe un petit déjeuner magique. Tout invite au calme, à la sérénité, même à la méditation pourquoi pas !


Nous sommes au paradis ici ! Après la folie d’Ahmedabad, voici la douceur d’Udaipur. Plus de klaxons harceleurs, plus de pollution, on entend même le chant des oiseaux et je vois pour la première fois depuis longtemps un VRAI ciel bleu !



Udaipur est la fameuse ville où a été tourné un célébre James Bond « Octopussy ». Contrairement à beacoup des James Bond tournés dans des studios, la majeure partie des scènes de celui-ci a été réalisée dans la ville même, sur le lac, aux abords et dans les palaces. Cela fait du coup tout drôle de s’imaginer Sean Connery fièrement piloter son cannot à moteur pour aller chercher sa douce sur les marches du prestigieux Lake Palace Hotel.



L’endroit n’en revêt que plus de mystère et d’imaginaire. Je me prends à naïvement rêver d’aventures James Bondesques où je suis le héro et déjoue les complots dans les ruelles étroites de la vieille ville.

Mais le fond musical joué par la mini-chaîne du restaurant me sort de mes divaguations intrépides pour me refondre dans une réalité fondée de calme et de douceur. J’ai maintenant l’impression d’être à Lhassa et de méditer sur ma vie au son monocorde des gigantesques trompettes des moines népalais. Mais quelle est donc cette puissance invisible d’Udaipur à nous enjoindre à tant d’imaginaire ?!

La guest-house est un vrai labyrinthe en elle-même. C’est un dédale d’escaliers, portes, couloirs et corridors, marches, plate-formes et balcons où les murs sont blancs et ornés de magnifiques peintures ou fresques aux couleurs affirmées. Je suis dans un conte des Mille et Une Nuits, c’est sûr !

Notre chambre tient également toutes ses promesses. Elle se situe dans la partie haute de l’édifice et nous y avons accès par un escalier extérieur. De ce donjon, nous surplombons les autres bâtiments nous offrant une vue imprenable sur l’Est de la ville d’un côté, et sur la vieille ville et son palais de l’autre. Le tout pour 20 francs la nuit ! Je vais me plaire ici, je le sens !

Ces 3 jours à Udaipur seront très reposants et m’auront livré les secrets de cette cité magique. L’imposant palais des mahajaras (le plus grand du Rajasthan), les venelles tortueuses et encombrées de la vieille ville, le Lake Palace, cet hotel luxueux qui recouvre complètement un bout d’île au milieu du lac, un temple indo-aryan, les marchés agités aux mille couleurs et saveurs, tout à Udaipur m’aura conquis.



Excepté la fréquentation touristique. TROP, beaucoup TROP de touristes, en plus français dans une grande partie ! Là où j’aurais supplié pour trouver des compatriotes ou même juste des compagnons de route sur les itinéraires désert(é)s de l’Afrique, ici je fuis tous ces touristes et ces français dont certains semblent ne venir en Inde que pour cette irrémédiable attirance mystique et spirituelle qui émane de certains lieux. Il y en a un qui, me parlant anglais de son affreux accent français, m’a proposé une bonne herbe à fumer, "ça aide bien dans les longs voyages"... Jusqu’à maintenant, seuls les indiens me proposaient du « haaaaasch », mais là si même les touristes s’y mettent...

Je n’ai pas aimé toutes ces enseignes publicitaires (encore peintes à la main !) surchargeant les rues qui venaient achever et compléter le travail des rabatteurs. A chaque pas, un harcelement. Et j’ai toujours eu du mal à trouver ce que je voulais (resto, rue, direction), les rues croulant sous ces fameuses enseignes et le pauvre Vincent ne voulant pas sortir son guide sous peine de se faire envahir de parasites mal intentionnés...!

Il est alors temps de partir. Je mets les voiles direction Jodhpur, nom pour moi à la résonnance mythique, et j’abandonne au petit matin du 25 janvier mon "cher ami" Ben qui aura été malade toute la nuit.

Cette fois-ci j’ai décidé de prendre le bus. Je veux tester la différence d’avec le train et voir si les bus indiens sont à la hauteur des bus africains. On m’a dit que les chauffeurs étaient des fous sur la route. Tiens, ça me rappelle quelque chose...

« Bonjour, c’est la première fois que tu prends le bus ? »

« Oui, ça l’est. Pour toi aussi ? »

« Oui, pour moi aussi. Il paraît que c’est sportif ! »

Elle, c’est Michelle, une Néo-Zélandaise qui se rend à Jodhpur.


la suite bientot, en IMAGES ! quelle class !

mardi 20 janvier 2009

Ahmedabad, une version miniature extrapol(u)ee de Bombay...

ENFIN j'ai quitte Bombay, je n'en pouvais plus de rester sur place a trepigner de ne pouvoir partir. Pourtant j'ai vraiment pris du bon temps ces derniers jours :

- rencontre d'un de mes cousins issue-de-germain Dalmas que je n'avais pour ainsi dire jamais vraiment connu. Tres sympathique !

- 7h passes dans un magasin d'informatique pour avoir un ordi remis presqu'a neuf, mais en anglais ! Un calvaire pour mes nerfs a la longue !

- une avant-premiere d'un bar-boite ultra Hipe et lounge dans la quartier chic de Bombay, habille comme un pouilleux, avec TShirt et pantalon immonde Quechua et des gros ecrase-merde toujours de chez Decathlon ! C'est limite si on nous a pas demande de rentrer... Musique ultra forte et mal calibree, addition trop salee par tentative d'arnaque d'un serveur trop gourmant, soiree aux cotes d'une jeunesse doree indienne bien triste (et bien laide alors que les Indiens sont si beaux). Bref, on s'est bien amuse avec Jerem mon cousin et Jack, un pote anglais rencontre a notre hotel !

- Participation a un tournage d'un film de BOLLYWOOD pendant toute une journee : 12h de boulot-presence pour la modique somme de 500 roupies = 50 francs = 8 euros ! Costumes qui voulaient faire branches, studio et decors miteux (tout en bois, c'est moins cher), figuration en arriere plan, parfois meme peut-etre un gros plan (a verifier), un realisateur qui s'interesse a ma carriere (bon il m'a simplement demande ou j'habitais !!! Mais c'est un debut !).... Bref, je vous annonce que ma carriere d'acteur est bel et bien en train d'etre lancee ! Ca mene a tout un voyage en inde !! Sortie du film prevue en juin, titre : PHHIR, jeu de mots avec 'fear' en anglais. Mais pas sur. Je n'ai pas tres bien saisi l'enigme du film, mais c tres bollywoodien, tres complique pour pas grand chose en somme, avec beaucoup de longeurs !




- Une longue galere pour prendre un billet de train... Il faut avoir fait ca dans sa vie, c'est OUF !

- Et aujourd'hui : leve 4h pour 9h de train en seconde classe (la plus basse) et enfin la decouverte du paysage indien. Quelle deception, tout n'est que crasse, dechets, salete, pauvrete, bidonvilles, des gens defequant aux vues de tous, du gris, de la brume partout (pollution + humidite), je veux voir un soleil et un ciel bleu, mais VRAIMENT. Rivieres, cours d'eau, du plus gros debiteur d'eau douce a la plus ridicule marre, l'eau est de-gueu-lasse, mais pas marron, ca ca irait. Elle ressemble juste a de l'eau croupie, couleurs immondes, algues de moisissure... Et des dechets qui flottent... Mais mon Dieu quelle tristesse, cela pourrait etre si beau. Les Indiens sont pareils que les Africains : ils jettent. Ils jettent tout, mais par la fenetre (sens propre et figure) et ils se servent de la nature comme poubelle.
Les images sont dures, notamment celles des bidonvilles qui jouxtent la voie ferree. Les odeurs sont parfois insoutenables (poisson pourri, merde), parfois vraiment desagreables (plutot rejets industriels). J'ai enfin attrape mon premier rhume et ne risque pas de m'en separer avec toute cette pollution.
MAIS, je vois mon premier temple, et ca... c'est au dela des mots ! Ou sont-ils alle chercher une telle imagination architecturale... Incroyable ! Et rouge !
Et connaissance et echange avec mon voisin de banquette, indien de 22 ans, electricien depuis 12 ans (oui ca fait peur de connaitre son age a ses debuts), qui gagne 4000 roupies par mois, soit 400 francs, soit 61 euros. Salaire moyen ici. Il parle anglais tres difficilement et c'est un bonheur de s'adonner a cet exercice de la communication. Le temps passe plus vite. Il porte un bonnet malgre la chaleur. Je lui demande pourquoi. Il me repond en decouvrant sa tete que son pere vient de mourrir (du palud) et que c'est la coutume ici pour les hommes de se raser les cheveux a la mort du pere. Ils attendent qu'ils repoussent.
Le ticket m'a coute 125 roupies, soit 12.5 francs pour 9h et 500km !!!
Le toit du wagon est crible de ventilateurs, drole d'effet mais finalement tres utile.
Je commence a me rendre compte du nombre faramineux que forment les indiens... Ces gares sont de vraies fourmillieres...! Ca grouille de partout !
Et je ne passe pas inapercu dans le train : beaucoup de regards amuses ou defiants s'adressent a moi.

Arrivee a Ahmedabad, petite ville de 5 millions d'habitants. UN CHAOS total ! ! ! Jamais je n'ai vu ca encore. Bombay a cote c'est la proprete du metro de Tokyo (je sais je n'y suis pas alle mais ca fait bien de dire ca!) et question traffic, c'est ridicule egalement compare a celui d'Ahmedabad... Pour la premiere fois, j'ai vraiment eu peur en autorickshaw. Ils sont fous-furieux, une telle densite de ces autorickshaws, de cyclistes, pietons, motos, scooters, bus et quelques voitures... Du jamais vu. Mais le pire, le plus impressionnant n'est pas ce traffic dentesque en soit, c'est que tout se passe sans aucun accident... ! Et quelle pollution... Impression d'avoir fume 3 paquets dans la journee...

Je reste toute la journee de demain ici pour une acclimatation aux monuments et temples indiens et ensuite, direction Udaipur avec son temple qui est le numero 1 des highlights du Lonely Planet ! Ca va me faire briller les yeux !

Vite au lit, je suis extenue.

mercredi 14 janvier 2009

Les problemes, encore et toujours...

Mirren m'a quitte hier pour les plages reposantes de Goa, plus vers le Sud. Je me retrouve seul et d'un coup, mon budget quotidien devient nettement plus difficile a respecter...

Je pars pour "Lamington Road", la rue qui heberge TOUS les magasins de 'computers' de la ville.
Je passe d'abord par Chor Bazaar, quartier nettement moins propret que Colaba avec zero touriste s'y promenant. La, c'est l'Inde que j'imaginais. Non pas que Colaba soit une parfaite banlieue, loin de la, mais c'est un peu trop touristique pour pouvoir saisir authentiquement l'Inde, enfin plutot l'authenticite d'une grande megalopole indienne telle Bombay.

Les rues sont tres sales, cela sent tres mauvais, et les gens sont tres pauvres. Les maisons sont en bois. La poubelle est la rue. Les images sont dures, c'est interessant, on a l'impression d'etre dans le vif du sujet. Les commerces en batiments se succedent, de meme que les petites cantines ou jamais je pense ne pouvoir m'attabler (raison hygienique !). Le paysage s'eclaircit pour laisser place a des habitations en dur. Batiments pourtant decrepits, installations electriques "a l'indienne", immenses buildings en construction bordant la ligne d'horizon, et toujours des Intouchables avec le sol pour maison. Il faut que je me pose, mes jambes et mes epaulent me brulent, je marche depuis trop longtemps.

Je prends un lassi, sorte de yahourt melange avec du petit lait, c'est sucre, c'est frais, cette boisson a remporte les elections haut la main pour mes pauvres petites papilles gustatives d'occidental. Je teste plusieurs choses, mais c'est de loin trop epice pour moi, et je retrouve egalement ma bete noire, que je pensais avoir laisse en Afrique : la coriandre... Ahhh, quelle HORREUR ! ! !
Je pense qu'apres l'Inde, je vais ressembler a une galette de pain geante, tellement j'en aurais ingurgite ! Ici, le pain s'appelle Nan, Roti, ou autres. La carte d'un resto lambda est d'une richesse... Impossible de tout lire et de demander au serveur a quoi tout correspond !! Les prix des plats oscillent entre 2 et 10 francs ! Et il faut manger avec la main droite, la gauche servant coutumierement aux taches peu elogieuses...

J'arrive a Lamington Road : on dirait Tokyo ! Foultitude d'enseignes (non clignotantes toutefois !) de marques d'electronique et d'informatique. Je prends espoir pour mon ordi. Je fais plusieurs magasins pour avoir une idee du prix du depannage que je demande. Cela n'a pas l'air bien sorcier. On m'emmene finalement chez "l'oncle", un pro, le boss en info. C'est un technicien senior, car ceux du magasin sont des ptits jeunes pas encore assez cales. C'est dans une petite rue perpendiculaire, dans une toute petite piece sans fenetre au bout d'un tout petit magasin ou regne une chaleur et une humidite... indiennes. L'espace de deux secondes, je me demande dans quoi je me suis encore fourre... Mais tout va bien se passer, excepte la reparation qui, au bout de trois heures se soldera par un echec... Il lui faut le CD d'installation, il ne peut pas court-circuiter le virus, et en plus les dossiers sont en francais, et je ne peux pas l'aider.

Le dernier recours est le formatage complet et la reinstallation d'une nouvelle version de windows, en anglais cette fois-ci. Bref, ce n'est pas pour tout de suite que vous aurez des photos. (Je ne peux pas ici non plus transferer des photos a partir de mon appareil-photo, ca ne marche pas).

Resultat, je suis coince a Bombay dans laquelle je commence a tourner un peu en rond, alors que toutes les merveilles de l'Inde m'attendent quelque part ailleurs (la Bibine, tu pourrais mettre "somewhere else" ;) !). Au moins, j'ai le temps de preparer mon itineraire et de mettre a jour les articles de ce blog souvent incomplets a la premiere edition !

Je file me faire un MacDo pour la modique somme de 2 euros pour un menu XL, avant de rentrer a l'hotel pour continuer tranquillement de potasser ma bible, le Lonely Planet India, en anglais bien sur. Je l'ai achete neuf dans la rue, 11 euros, alors qu'il vaut 30 US$ et n'est meme pas disponible en France ! Vivent les bonnes affaires !

dimanche 11 janvier 2009

BOMBAY !

Vendredi 9 jan,
Aeroport International de Nairobi.
Ca y est, ca commence... Premier contact avec les Indiens... Et ca promet d'etre sportif en Inde. Ca gueule dans tous les sens car certains pretendent que d'autres leur ont passe devant.. Je me faufile et tout cela ne prendra finalement pas trop de temps.
Je pars avec Air India, donc inevitablement je me retrouve avec 99.99% d'indiens a bord, je suis le seul blanc avec un couple de vieux anglais.

Tous ces Indiens sont des musulmans, d'une branche particuliere, et sont venus en pelerinage a Mombasa, bastion musulman du Kenya. Les hommes sont habilles en grande jellaba blanche avec le petit chapeau typiquement musulman, les femmes sont habillees dans de droles tenues, a mi chemin entre le sari indien et les voiles musulmans.. On dirait de petits lutins !
J'en avais vu effectivement plein a Mombasa, et meme a l'hotel Neptune, avec ma famille.

Nous avons 2 heures de retard pour le decollage, mais c'est apparemment (encore) une raison africaine. "African Time, Hakuna Matatta" !
Au passage, sur la route pour l'aeroport, j'ai enfin vu Nairobi sous un autre jour, peut-etre le vrai, avec son lot de bidonvilles a l'africaine, ses tonnes de dechets dans les rues, ses trottoirs defonces et ensables et tous ces petits baraquements en bois, tole et plastique en guise d'echoppe et d'etal pour vendre toutes sortes de choses ! Le centre de Nairobi et le quartier pourtant populaire ou etait mon hotel n'etaient que la partie emergee de l'iceberg ! Me voila rassure !

L'avion est un peu vieux, je stresse comme toujours au decollage, puis nous atteignons les hautes couches atmospheriques. Beaucoup de perturbations, un saignement intensif du nez (du a l'air tres sec auquel je ne suis plus habitue) et exactement 6h plus tard, comme prevu sur le billet, nous arrivons a Bombay (Mumbai).
Mon pere m'avait prevenu, juste avant l'aterrissage, nous survolons une marre de bidonvilles que j'ai pu distinguer, meme de nuit. Les faibles lumieres des "rues" de ces cites poubelles decoupaient les formes des cabanes en tole ondulee et donnaient une idee du relief sur lequel elles sont ancrees. Des vallons entiers de bidonvilles. De nuit, c'etait completement irreel et je trouvait ce panorama meme beau, tout droit sorti de ce poignant dessin anime japonais sur la fin de la guerre : "le tombeau des lucioles".
Le plus frappant, comme mon pere me l'avait dit, les bidonvilles debordent presque sur la piste d'aterrissage... Incroyable...

Il y a 5h30 de plus par rapport au temps 0, donc 4h30 de plus qu'en France si je ne me trompe pas.

Le debarquement se fait vite. Je remarque des petits ventilateurs un rien uses dans la navette qui nous amene a l'aeroport. Si seulement ils avaient ca en Afrique...! Il ne fait pas tres chaud car c'est la nuit. La temperature avoisine les 24 degres. Et je retrouve avec grand bonheur cet air humide que j'apprecie maintenant. Le passage a l'immigration est hallucinant... Il doit enormement de monde, un flux continu de personnes, beaucoup d'indiens, surtout tres occidentalises, et aussi beaucoup beaucoup de touristes blancs, espece dont j'avais presque fini par oublier l'existence tellement elle etait absente de l'Afrique. L'Inde a l'air d'attirer deliberement plus.
Mais ce qu'il y de plus etonnant, c'est le nombre de petites cabines ou se trouvent les officiers pour accepter (ou pas!) l'entree des passagers sur le territoire indien. Il doit bien en avoir une quarantaine, et chacune d'entre elles abrite deux officiers... Imaginez le debit de touristes a la seconde qui entre en Inde, meme a minuit, c'est pas genant ! On n'attend pas, on ne fait juste que deambuler entre des piquets qui nous emmene a la ligne jaune fatidique.
Un officier plus antipathique que jamais me prend mon passeport. En deux secondes c'est plie et je me retrouve de l'autre cote, en INDE !!

Le reste va encore plus vite. J'ai a peine le temps d'arriver a la salle de recuperation des bagages que je vois deja le mien sur le tapis roulant. Je ne me fais pas arreter pour faire ultravioler mon sac par des rayons X. Je me dirige vers les "prepaid taxis", meilleur moyen de ne pas se faire arnaquer et de rejoindre son hotel dans les meilleurs delais. Bizarrement, je suis tres zen et confiant, bien que je n'ai pas d'adresses ou aller, juste quelques noms d'hotels a Colaba, LE quartier touristique de Bombay. Mes seules prospections et coups de fil depuis le Kenya s'etaient soldees par un echec donc je m'etais dit "advienne que pourra, c'est ca aussi l'aventure" !

Je ne trouve pas le soit-disant bureau ou l'on peut reserver son hotel comme je l'avais lu sur les forums d'internautes. Je me mets dans la queue pour les prepaid taxis, un peu machinalement, car la je commence vraiment a me demander ce que je vais faire !

Par pur hasard se trouve une fille a cote de moi qui tient dans sa main l'imprime de sa confirmation de nuit dans un hotel. Je me souviens de ce nom d'hotel, c'est a Colaba, je tente ma chance.

"Excusez-moi, allez-vous a Colaba ? Cela vous dirait que nous partagions le taxi pour y aller ?"
Elle s'appelle Mirren, est americaine, et accepte le deal !
Nous payons et nous dirigeons avec notre bon vers l'exterieur pour trouver notre taxi.

La sortie de l'aeroport est dentesque, quelle foule !!! L'air est sature de pollution et de poussiere, il y a plein de gens qui semblent n'attendre que nous, ils ne sont pas noirs, oui je suis bien en Inde et je suis heureux !

Les inattendus indiens ne tardent pas a se faire entendre. Nous devons identifier notre taxi a l'aide de son numero d'immatriculation que l'on nous a remis au bureau. Mais pas de 8061... Nous devons rentrer a nouveau dans l'aeroport, ce qui est pourtant interdit, pour demander un autre numero de taxi. A chaque fois que nous repassons devant la foule, les gens sont intrigues et certains commencent a trouver notre manege un rien amusant ! Tout cela devant des gardes armes jusqu'au dents...
Moi, je ne peux m'empecher de citer une phrase de "La cite de la peur" : "Oui Jean, alors que revoila la sous-prefete" et nous rions de bon coeur avec Mirren. Une sorte de tapis rouge rien que pour nous !

Au bout d'une heure d'attente (tiens, ca me rappelle quelque part...!) nous trouvons finalement notre taxi et nous embarquons pour la jungle urbaine indienne. Notre chaffeur est un vieil indien enturbanne qui conduit le dos totalement detache de son dossier, ce qui donne l'impression qu'il se cramponne a son volant. A plusieurs moments j'ai meme cru qu'il s'y etait endormi, tellement le trajet etait long, et surement monotone pour lui.

La route de nuit pour Colaba est impressionnante..
Personne sur les larges routes ; les infrastructures indiennes sont a la hauteur de ce que doit etre le traffic en pleine journee : gigantesques.
Personne dans la rue, excepte... les fameux intouchables qui dorment a meme le sol. Ca commence a etre trash. Il y en a un dont le torse est decouvert de sa couverture. Son ultime maigreur me fait penser a celle que l'on trouvait dans les camps de concentration. Je me suis meme demande s'il n'etait pas mort. Plus loin, c'est un homme qui semble uriner a demi-nu, accroupi devant une bouche d'egout, une ecuelle a la main. Et tous ces corps, emitoulfes de couvertures de misere, m'apparaissent telles des momies petrifies de salete. C'est irreel, les emotions et idees sont desordonnees dans ma tete... A ce moment la, nous ne parlons plus avec Mirren.

Un peu plus loin encore, c'est un chien errant (ils sont en nombre ici) qui semble avoir decide de ne pas se pousser malgre notre approche. Ses yeux refletent les phares de notre taxi ce qui leur donne cet aspect jaune luisant bizarre. Arrives a sa hauteur, le chien se met en position de guerre, montre les crocs, se met a aboyer comme un enrage et charge la voiture en galopant a nos cotes sur des dizaines de metres... Je suis de ce cote, c'est terrifiant !

La ville est d'une immensite... C'est a peine croyable. Pour vous dire, il n'y a aucune circulation, le chauffeur ne s'arretera pas une seule fois, chien ou feu rouge, et nous mettrons pourtant une longue demi-heure pour rejoindre l'hotel ou Mirren avait reserve une nuit pour hier (son avion a ete annule et reporte un jour plus tard).
La grille est fermee mais pas verrouillee. Un couinement se fait entendre, mais ne reveille pas le garde qui dort, etendu sur trois chaises en plastique, barrant ainsi l'entree dans l'hotel.
Nous reveillons tout le personnel present, mais, deuxieme inattendu, ils n'ont pas garde sa chambre... et il n'y a aucune autre chambre de libre.

La nous commencons legerement a nous inquieter... Le quartier est desert, sombre, sale. Il est 2h du mat', des chiens errants partout et personne, absolument personne dans les rues... Ou est le milliard et demi d'Indien, ou se cache-t-il ?

Quelques tentatives echouees nous amenent finalement dans un hotel assez cher, mais qu'importe, nous sommes trop soulages de trouver une chambre libre, meme si il n'y a qu'un lit double.

Nous sommes tous les deux tres heureux de s'etre trouves a l'aeroport... Je n'aurai sans doute pas fait cela tout seul, Mirren non plus !

Encore un gros saignement de nez qui m'a reveille pendant la nuit et les bruits de l'hotel nous reveillerons quelques heures plus tard.

Objectif : trouver un hotel a la mesure de notre budget.

Samedi 10 janvier
Le reveil est fatal pour moi, enchainant les courtes nuits ! Nous ne nous sommes endormis qu'a 4h30 du matin, trop excites, nerveux et decalles pour pouvoir nous endormir avant. La chambre n'avait pas de fenetre, glauque.

Le petit dejeuner signe definitivement la realite du pays ou je me trouve : une omelette avec plein de petits truc dedans. Charmant, c'est colore, ca sent bon... Les petits trucs sont des petits poivrons verts tres tres tres epices.... Je croque dans l'un d'entre eux... J'entame une jolie chanson faite de cris, de respirations, de rires, de rales... Effet piment garanti !

Je laisse a regrets la presque totalite de l'omelette, degoute de ne pas pouvoir en profiter et me rabat rageusement sur les toasts a la confiture. Ca ne nourrit pas son homme. Bref, nous verrons cela plus tard, il est urgent de trouver une chambre a la mesure de notre budget, c'est-a-dire dans les 600 roupies, meilleur prix ici a Colaba.
Le garcon de chambre vient chercher nos plateaux et Mirren lui donne un pourboire de 2 roupies. Le serveur semble refuser et Mirren interprete cela comme etant la politesse a un pourboire trop important. Elle lui dit "Je suis desole mais je n'ai pas plus petit"...
De mon cote, ayant suivi l'affaire d'une oreille distraite, je pense qu'au contraire, le serveur ne veut pas de ces 2 roupies qui ne representent rien. Je crois meme l'entendre dire que c'est ce que l'on donne aux enfants qui mandient dans la rue... Mais je n'etais sur de rien n'ayant pas ete l'acteur de cette discussion. Le serveur part.
Apres la mise en commun de nos differentes interpretations du probleme, le cocasse de la situation vire au comique et nous explosons de rire. J'avais raison : 2 roupies, c'est rien ! Nous apprenons par notre guide Lonely Planet, notre sauveur, qu'un tip pour les garcons de chambres dans cette categorie d'hotel avoisine les 20 roupies ! Je charie gentiment Mirren, tout en n'oubliant pas une de mes experiences de marchandage tout aussi risible...

(Ok, je suis oblige de raconter !
Nairobi, Kenya, tentative d'achat d'un guide de voyage sur l'Inde.
Malheureusement, le guide que me propose la Mama n'est pas un Lonely Planet et j'en veux absolument un, car c'est la reference pour tout routard de passage en Inde. Du coup, je me mets a marchander, car si je l'achete, cela ne sera certainement pas au prix indique. Je commence mon marchandage. "Okay Bibi (Madame en swahili), je te le prends a 20 000..." Elle me regarde avec des yeux presque exorbites. "ca y est, me dis-je, j'ai encore propose un prix vraiment trop bas et elle va commencer a me faire son cinema comme ils le font tous dans ces cas-la"...
Mais je n'y suis pas du tout ! Tout pret a ecouter ses jeremiades qui n'ont d'autre but que de me faire augmenter le prix - et de me faire rire - je la vois me regarder d'air un peu desole pour moi et l'entend me dire "mais, ce n'est pas 20 000 que tu dois dire, mais 2000".... ! ! ! (le prix original etant de 2400). Je pouffe de rire, mais un peu jaune car je vis un petit moment de solitude... On aurait dit un debutant ! Mais la Mama est toujours la, serieuse, attendant une nouvelle offre, raisonnable cette fois-ci, de ma part ! Finalement, je ne l'acheterai pas car je n'ai vraiment pas pu faire significativement baisser le prix, celui-ci etant fixe car nous etions dans une belle librairie. Et puis je veux toujours mon LP, Lonely Planet, mon premier !)

Les rabatteurs ne semblent ici pas trop differents de ceux de l'Afrique, a un point pres : ils sont nettement moins "friendly" et je trouve ca un peu moins drole et sympathique avec les Indiens... Ce n'est peut etre pas la generalite.
Ne trouvant pas chaussure a notre pied, nous nous posons dans un cafe typiquement touristique pour y manger... des pizzas ! Oui, je n'ai meme pas honte ! Que voulez-vous, c'est l'acculturation en douceur !

Quelques tentatives ulterieures auront eu raison de notre motivation et nous atterrissons dans un hotel dont l'exterieur est completement decrepit avec un potager cultivant vraisemblablement des dechets de toutes sortes et ou des travaux de grande renovation ont investi l'interieur. Qu'importe, mieux vaut sentir la peinture que les poubelles ! Et il est a 600 roupies. Soit 60 de nos anciens francs, soit 9 euros.

Et oui, je retrouve avec un bohneur emu le souvenir de nos francs pietines par l'euro-notre-sauveur ! Car le rapport entre roupies et francs et tres simple : 1 f = 10 Rs ! plus facile que 1 euro = 65 Rs... Du coup je converti tout en francs pour me donner une idee des prix ! Puis en euros, avant de payer... En roupies ! Complique ? Pas tant que ca, croyez moi !

La vie en Inde semble ne pas etre chere, indubitablement. Mais c'est assez piegeux et on a vite fait de depenser beaucoup tres vite. Tout est tentant. Je pense notamment a mes petites camarades de psycho, mes potes angevines, qui seraient completement hysteriques a la vision de tous les etals de bijoux : des tonnes de bijoux de toutes les sortes, de toutes les couleurs, fantaisie, tribal, chic, gros, petits, bracelets, colliers.... PLETHORE ! Mame et Juju, vous seriez au Paradis !

L'hotel est assez precaire pour le prix, les chambres sont en fait une meme et grande piece au rez de chaussee ou des separations en "planches-de-bois-qui-ne-montent-pas-jusqu'au-plafond" font leur travail approximatif de cloison... La salle de bains est commune et regroupe toilettes et douche, ou, comme en Afrique, le sol sert de grande vasque pour la douche, avec donc un regard pour l'ecoulement. Le sol est en carrelage. Resultat : c'est une permanente patinoire ultra-dangeureuse pour tout touriste y venant en tongs, pourtant indispensables pour ne pas tremper ses pieds dans un coktail bien cracra...
Et le petit dejeuner n'est pas inclus...

Le reste de la journee sera ponctuee d'une visite du quartier. Au programme, Hotel Taj Mahal (la ou se sont produits les attentats), inevitable de part son emplacement et sa taille monumetale, Gate of India, juste en face, petit tour dans la baie de Mumbai en bateau pendant une demi-heure (qui nous donne un apercu de la ligne d'horizon qu'offre Bombay aux marins : une suite de batiments et gratte-ciels en fondu enchaine entre la brume et la pollution. Tres romantique.), et leche-vitrine ou leche-etal dans Colaba en remontant plus dans le centre jusqu'aux batiments victoriens de style gothique, vestiges du passe colonial. Pas forcement beaux, mais massifs ! Bref, un joyeux depaysement ou nous prenons nos premiers veritables bains de foules indiens. Je me sens plutot a mon aise, oubliant malgre moi l'Afrique a une vitesse vertigineuse...

jeudi 8 janvier 2009

Inde, depart imminent !

Apres avoir bien galere sur internet pour trouver un vol pas trop cher pour l'Inde, et finalement echouer, j'ai fini par trouver un vol directement aupres de la compagnie aerienne Air India, pour la modique somme de 350 euros, ce qui est tres loin des 450 voire 600 euros sur le net pour le meme vol. En plus, c'est un vol direct ! Ca m'evite de faire escale a Doha, Addis Abebba, ou meme encore Londres ou Paris ! Je suis fier de mon coup !

Je pars donc demain, Vendredi 9 janvier pour Bombay. Je decolle a 14h, et arriverai un peu avant 23h, next day.

Ca y est, je commence a stresser pour l'avion. Faut que je trouve un moyen de calmer ma 'tite phobie !

Confirmation, j'ai eu froid cette nuit, malgre mes couvertures !!
Les hotels de Nairobi sont les memes que ceux de Mombasa, (standing legerement superieur toutefois) a une difference pres : les ventilateurs plafonniers a Mombasa sont remplaces par des couvertures a Nairobi ! La temperature est pourtant la meme, c'est fou ce que l'humidite fait varier la sensation de chaleur.

Toujours autant de gens et de voitures dans les rues.

Tres peu de sollicitations ici pour prendre un taxi, faire un safari, acheter telle ou telle babiole... C'est plutot l'indifference qui regne. Je ne m'en plains pas, ca fait du bien de ne pas etre harcele tous les 10 metres. Mais il faut cependant rester sur ses gardes, les pick pockets sont legion ici, soit disant...

Tres tres peu de femmes voilees ou on ne voit a peine que les yeux, alors que sur la cote il y en a partout, et tres peu egalement d'habits traditionnels ; les gens s'habillent moderne.

Je reste encore stupefait de la modernite et de la proprete de la ville...

Meme les fiers matatus se sont occientalises. Il n'y a guere que les couleurs flashy qui restent. Les slogans ou noms si genialement candides sur les anciens matatu du style "Allah is Great", "Barack Obama", "Marylin Monroe" sont remplaces par d'autres plus tendance. L'interieur est tres soigne et tres charge genre "l'interieur d'une limousine tout droit sortie d'un clip de Mariah Carey", ou de tout autre star du Rap-RnB... On en joue d'ailleurs sur l'ecran plasma qui trone juste derriere le conducteur, pour abreuver les passagers de ce son agressif ou groovy... Le soir, ces matatus des temps modernes s'illuminent de toute part sur un registre tres lounge, neons rouge, lumiere noire... Ils ont presque l'air de boites de nuit roulantes !!!

Bref, l'authenticite et la simplicite de l'Afrique est bien loin ici a Nairobi. C'est un peu triste, mais c'est comme ca.

Comme je le disais hier, l'Inde m'attend et j'ai hate d'y etre et de voir a quoi cela ressemble.

J'ai encore quelques broutilles a faire avant de partir, je vais y aller.

A bientot, en Inde !

mercredi 7 janvier 2009

Nairobi, l'insoupconnable

Hello !

Me voici a Nairobi, apres encore un voyage de 10h de bus, cense durer 7h. Mais je suis maintenant habitue a tout cela, et je pense aussi que cela ne vous surprend plus non plus !

Nnous devons en partie ce retard a tous ces travaux titantesques entrepris pour moderniser et renover 'Mombasa highway'. Nous avons eu de nombreuses deviations tres... sport !
Et nous avons perdu une heure dans les bouchons de Nairobi. A seulement 16h30 ! J'ai ete impressionne du traffic de Nairobi. Compact, dense, sature. Nuages de pollution, nuees de gens, non de non quelle est cette ville !!

Il y fait la meme temperature qu'a Mombasa (28 ici contre 30 la-bas), mais l'air n'est pas humide et le soir il fait presque froid ! (Je dormirai ce soir avec drap ET couverture en les supportant tres bien ! Et je chercherai deliberement les rayons du soleil au petit matin pour me rechauffer, la ou je les fuyais jusqu'a present pour m'epargner de grandes degoulinades !)

Les gens ont l'air de deferler sur les trottoirs partout, de toutes parts, dans un flux ininterrompu et submergeant. J'ai peine a y croire ! Je ne m'attendais pas du tout a ca. Je pense que l'introduction a Bombay et l'Inde est toute trouvee !
Mais quel changement par rapport au reste l'Afrique ... Voici le monde civilise. Quel contraste avec le reste du pays, meme Mombasa. Des rues et avenues nickel, des buildings modernes, des magasins partout... Des gens bien habilles, bien odorises (les fortes odeurs de parfum remplacent les fortes odeurs naturelles, et je ne m'en plains pas), des filles et des femmes kenyannes, sans doute les plus grandes au monde... La taille de beaucoup de femmes ici est impressionnante. La plupart d'entre elles depassent aisement le metre 80 et toutes savent largement mettre en valeur leur formes tres attirantes ! Mon compteur s'affole, je ne sais plus ou donner des yeux !

Mais combien y a-t-il de voitures/bus au metre carre ici ? Je n'ai toujours pas compris comment notre bus avait reussi a se frayer un chemin jusqu'a la petite place debordante de matatus qui fait office de gare routiere. Le traffic est dense, mais tellement dense que tout le monde est a l'arret, les vehicules dans tous les sens essayant a qui mieux mieux de forcer le passage. Dans les interstices entre les vehicules, toujours ces pietons, ce flux incessant...
Une seule loi semble de vigueur : le plus gros est le plus fort et passe le premier. Un concert de klaxons est gracieusement offert a nos oreilles. Meme loi : les plus gros engins ont souvent les plus forts decibels pour intimider l'autre et se faire une place. Meme les pauvres feux de circulation ont peine a gerer cette masse infernale. Quand tout a coup, on distingue au milieu de tout ca un policier avec un maigre sifflet et des gants blanc gerer le traffic... ! Le pauvre ! Intoxication garantie en 20 minutes. Mais c'est surtout dangereux !

Mon hotel est a 20 metres de la "petite" gare routiere, une aubaine.
Les gaz d'echappements me tiraillent la gorge et me piquent les yeux. J'avance a l'aveuglette dans ce nuage de fumees nauseabondes.
Tous ces gens... je n'en reviens pas. Je suis au coeur de la fourmiliere kenyanne. Nairobi est la reine, les habitants ses ouvrieres. Je suis un corps etranger. Vais-je me faire refoule ? Attaque ? Cuisine a la kenyanne ? Je ne me laisserai pas faire et vais me battre !

Premiere victoire : le supermarche Tusky a son heure de pointe... Une fourmiliere dans la fourmiliere... Des files d'attentes devant les caisses... Interminables... J'en ressors digere et malaxe au bout de 30min d'attente, presqu'expulse par le mouvement de foule et la mecanique de la caisse. Au suivant !

Deuxieme victoire : deambuler tant que faire se peut sur les pourtant larges trottoirs de la ville, slalomer entre les buildings en n'ayant qu'une vague idee de mon chemin et trouver un cyber cafe pour un rapide check des mails.

Puis trouver un resto genre fast food en guise de diner. Il est 18h30, la nuit commence a tomber. Je suis dans la ville soit disant la plus dangeureuse au monde... Johannesbourg, Lima et Mexico peuvent aller se rhabiller, Nairobi, me voici. Devoile moi tes dessous et fait moi fremir...!

Victoire suivante ; il fait nuit, j'ai fait quelques provisions, achete de quoi petit-dejeuner, j'ai dine, checke les mails, je suis a l'hotel, dans ma chambre, entier, a peine effarouche !

Mais j'ai parle trop vite...
La nuit sera mon enfer... Des blacks parlant de vive voix a deux pas de ma porte, (chambre proche de la reception), rigolant, s'exclafant a outrance, radio et tele crachant un son nefaste pour mes oreilles et mon sommeil... Je n'en peux plus, j'abdique, Elle aura eu ma peau, c'est le signal, je dois partir...

Je ressens l'appel pressant de l'Inde, et le depart n'a jamais ete aussi proche. Mon vol Bombay-Bangkok dans mon billet tour du monde a bien ete repousse au 1er mars : Merci Papa ; ma toute nouvelle carte bleue qui ne marchait pas fonctionne finalement : merci la banque (c'est tres ironique... j'etais furieux), et le vol Nairobi-Bombay est pratiquement decide, il ne me reste plus qu'a l'acheter.

Encore un jour ici, et je m'envole pour d'autres contrees, cette fois-ci totalement inconnues de moi... Le grand saut est maintenant... L'Afrique me manque deja. J'ai malheureusement la persistance d'un sentiment d'inaccomplissement, d'inacheve ici en Afrique. Aventures malheureuses avec mon ancien comparse americain, ou nous allions de point en point sans savoir ou nous allions, sans se restaurer et parfois meme sans avoir un seul sou sur nous... Cette semaine de precaire vadrouille aura eu raison de ma volonte et de ma sante et aura pour ainsi dire bien entame mon energie dans ce voyage.

Vous etes nombreux a me demander comment ca va, dans ma tete, si je suis heureux. Alors je vais vous repondre. Quand les choses ne se passent pas comme vous le voulez, que nous n'etes que passif et avez un sentiment d'impuissance et que la situation vous porte au lieu d'agir sur votre environnement quand cela est pourtant vivement necessaire, on en ressort depite, degoute, agace, et surtout, fatigue. J'aurais voyage avec cet americain depuis les Chutes Victoria au Zimbabwe jusqu'a Zanzibar en Tanzanie, dont notamment 5 jours non-stop de bus locaux pour aller de la Zambie a Dar es Salaam en Tanzanie, via le Malawi... Erreintant.

Mais bizarrement, je ne le regrette pas et j'ai tire les lecons de cet enseignement inattendu. Nous avons vecu ensemble de tres bons moments, dans la douleur, mais nous avons trop accumule, nous avons voyage sans organisation, vite, trop vite, et nous sommes brules nos ailes de voyageur, et notre amitie naissante egalement. Dommage, mais je me devais de reagir. J'ai donc decide de continuer ma route seul, et c'est mieux ainsi.

C'est pourquoi je n'ai jamais tellement precise mes etats d'ames sur ce blog, d'une part par pudeur, d'autre part parce que je ne voulais pas faire etat de cette mauvaise passe dans laquelle je me suis laisse enrole (oui, je ne blame pas l'americain, j'etais la aussi). Je ne voulais alarme personne en ne communiquant presque que des choses negatives au niveau de mes emotions et ressentis. Et puis je me disais : "merde, c'est pas possible, pas possible d'en arriver la, de gacher ce debut d'experience unique pour laquelle j'ai bosse si dur pour la voir se concretiser..." Je n'ai rien dit car je ne pouvais pas accepter que ca se passe comme ca, trop dur a accepter.

Alors me voila maintenant, tout nouveau tout neuf, du moins je l'espere, pret a affronter l'inconnue indienne. Confiant. ... et Heureux !


Je vois defiler beaucoup de gens dans le cyber cafe ou j'use mes fesses depuis plusieurs heures. Et je peux observer les gens qui se succedent. Les femmes sont tres belles, tres bien habillees, parfois tres class, du petit tailleur strict a la robe chotoyante, parfois meme tres branchouille et bling bling avec ces grosses imitations de lunettes Chanel ou Dior... Ces noirs paraissent tres fiers de leur reussite, (de la reussite de l'occidentalisation de l'Afrique), parlant anglais en forcant sur un accent americain, so unatural and gross (pas naturel et exagere) mais qui est apparemment le must pour montrer a quelle classe sociale on appartient. J'ai moi meme tendance a parler anglais spontannement, je m'y sens oblige, contraint. Alors que jusqu'a maintenant, je commencais toujours par dire bonjour en swahili. C'est comme si la part culturelle du swahili etait deniee, reniee au profit d'un anglais synonyme de modernite, de reussite. Le swahili, c'est pas bien, cela montre le cote sous-developpe d'un pays et d'un continent. Tu parles swahili, t'es un bouzeux de la cambrousse, enfin, de la savane !

Mais tout modernises soient-ils, ils n'ont pas l'air encore tres aguerris a la technologie informatique et internet. Des conseilleurs-serveur-depanneurs tournent sans arret dans cette immense boutique (une bonne centaine de postes) pour sortir les usagers d'une mauvaise passe.

C'est bizarre, je me sens moins a l'aise, a nouveau dans la civilisation. On recommence a sentir le regard des autres, on sent l'importance des formules d'usage et de la morale de bienseance, on s'embrasse de maniere hyprocrite, enfin civilisee, car on n'oublie pas que la societe est un theatre ou l'on y joue en permance... Adieu la simplicite de la vie rurale, non developpee, la Vraie Vie, dure et cruelle, mais ou les gens sont encore simples et pas encore alienes a la culture urbaine, a "l'occidentalisation" de notre planete.

Mais je me rejouis de retrouver cela a nouveau en Inde !

J'entends deja les commentaires gavants du style : "he ben, il a bien change le Vincent, il est en train de devenir rasta ou altermondialiste..." Rassurez-vous, pas du tout ! Je ne suis pas (encore!) sur le point de tout plaquer pour devenir ermite en Himalaya !
Ceci etant, meme si je n'ai pas (encore) de rasta, j'ai une nouvelle coupe de cheveux !!! J'ai toujours rever de faire ca... Je me suis rase les cheveux ! Adieu ma blondeur ! Et Bonjour le vincent-ex-taulard ! Mais ma famille, qui m'a vu comme ca, trouve que ca me va pas trop mal...!

Je file vite, la nuit tombe.

samedi 3 janvier 2009

Un peu en retard...

Mais OUI, BONNE ANNEE mon cher blog et mes tres chers lecteurs !!!

L'annee n'a pas forcement bien commencee...
Un virus s'est malencontreusement introduit sur mon nouveau mini ordi m'empechant de le demarrer.
J'ai failli perdre toutes mes photos que j'avais sauvegarde dessus...
J'ai failli perdre un segment de vol dans mon billet tour du monde (l'idiote avait date mon vol Bombay - Bangkok pour le 1er janv 09 alors que c'est a cette date la que j'etait suppose arrive a Bombay....) et donc etre dans l'impossibilite de rejoindre Bangkok pour la suite...
Je dois tjrs appeler en Inde pour qu'ils acceptent de bien vouloir changer ce vol pour le 1er Mars.
Je suis encore et tjrs a Mombasa la "magnifique" en attente de visa indien, je commence a saturer...

Mais, je vais normalement bientot avoir un visa indien, Lundi m'a-t-on dit.
Mon ordi a ete pseudo repare par un pseudo specialiste des ordi a l'hotel ou nous etions avec ma famille. Donc je peux acceder a mes photos, mais j'ai toujours le virus et une mauvaise configuration sur l'ordi.
J'ai ENFIN MA ..... CARTE BLEUE ! ! ! Wahhhh, quel soulagement, je ne vais plus oblige d'emprunter des sommes folles a des gentils amis francais, et me trimballer sous mon short dans la rue.....
Et j'ai passe une semaine de reve avec ma famille dans un charmant hotel sur une plage de toute beaute !!!

Alors bonne annee a vous tous, all the best for this very new year ! Merci pour vos messages,

A tres bientot

vendredi 2 janvier 2009

Mombasa, seconde... et derniere j'espere !

Voici un petit resume de ces derniers jours, depuis Zanzibar, j'ai un peu lache le blog...

Apres Zanzibar donc, j'ai de nouveau passe une derniere nuit chez mes amis francais a Dar es Salaam. Heureusement qu'ils etaient la, je leur dois une fiere chandelle. Ils m'ont accueilli les bras ouverts et m'ont depanne financierement, car bien sur, je n'ai tjrs rien d'autre que ma carte de depannage avec laquelle on ne peut que payer dans les magasins, et pas retirer de l'argent dans un distributeur... MAIS, en Tanzanie, on ne paye QUE par cash dans les magasins... Bref, c'est bien ma veine...

Apres avoir pris mon billet la veille de mon depart, et failli ne pas avoir de place - apparemment le bus etait complet, mais l'afrique a cela de magique que l'on peut tjrs se depatouiller de quelle situation que ce soit - me voici donc dans un bus 2/2 (deux places de chaque cote de l'allee, et non pas 3 d'un cote et deux de l'autre) soit-disant grand luxe avec air conditionne et tout le tralala. Mais les charmes de l'afrique sont aussi ces imprevus et je me retrouve dans un 2/2 certes, mais sans air con et avec tres peu de place pour mes grandes jambes... Tant pis, le trajet est cense etre court (7h)

Mais cessons d'etre mauvaise langue. Le service en Afrique est de qualite ; en effet, dans chaque trajet en bus, qu'il soit court (6h, mais ce n'est que sur le papier) ou long (ca peut atteindre les 28h, mais c'est loin d'etre un record !! et heureusement pour moi, je ne les ai jamais experimentes !), vous vous voyez servi une boisson fraiche (en generale, qui trempe dans une eau froide dans une glaiciere ''pas trop'' douteuse) et deux petits gateaux secs (dont le gout est plus proche du carton d'emballage que de la creme vanille dont ils sont supposes etre fourres). Et ma foi, c'est somme toute tres appreciable, notamment quand on n'a pas eu le temps de prendre son petit dej !

Direction le Nord du pays, a Arusha, tout pres de la frontiere avec le Kenya, a deux pas du mythique Kilimandjaro. Nous mettrons finalement 10h de route. J'arriverai juste a la tombee de la nuit, ce qui, dans ces pays africains, et synonyme de '' je prends un taxi''. Chose que j'ai pris coutume de faire quand j'arrive de nuit dans une ville que je ne connais pas avec mon gros sac sur le dos pour faire les quelques kilometres qui me separent de mon auberge ou hotel miteux !

Le but est maintenant de trouver un safari pour le Serengueti, nom mythique qui resonne a n'en plus finir dans ma tete...
La tache est ardue car il y a beacoup de rabatteurs dans les rues et leur qualite d'orateur et de persuasion est impressionnante... J'essaye de marcher comme un blanc qui a deja un peu d'Afrique dans les pates, mais visiblement ca ne doit pas etre credible une seule seconde : une nuee de parfois 5 ou 6 rabatteurs fonce sur moi en proclamant les qualites de telle ou telle agence de safaris.

J'ai pris le parti de les ignorer car j'ai remarque, au bout de quelques "confrontations", que quoi que l'on dise, fasse ou reponde, les rabateurs ne vous lacherons pas, et leur parler est deja leur montrer un signe de faiblesse et une possibilite de vous faire embobiner. Et croyez-moi, meme en etant triplement averti, parfois, on tombe dans le panneau tellement ils sont persuasifs !

Je leur lache de temps en temps un petit "Hapana Asante" (Non Merci en Swahili) que j'essaye de faire le plus ferme possible mais cela ne fait parfois que renforcer leur pseudo interet pour le mzungu (blanc) qu'ils prennent en chasse ! " Ah you spik swahili mister, its goud".

Sinon, a ne pas leur parler, j'ai entendu pas mal de choses plutot marrante du style : "Ah mais tu peux parler au moins, ca ne te coute rien / tu hais les africains, tu hais les noirs mon ami, c pas bien / allez quoi, j'ai besoin de manger moi, ou alors donne moi ta chemise "... Bref, des arguments parfois completement inapropries !!

Ayant bien cherche, bien marchande, ayant meme eu de reel bon prix au grand desespoir des pauvres vendeurs qui voyaient leur plus value reduite a pas grand chose, ayant bien reflechi et retourne la question dans tous les sens, je me suis finalement resigne a ne pas aller au serengueti. La raison principale est que, si je partais, je devais prendre le risque de ne pas pouvoir accueillir ma famille a l'aeroport de Mombasa au Kenya, quelques jours plus tard, faute de temps... Et ca, pas possible !

L'autre raison est bien sur l'aspect financier de tels safaris.
Comptez entre 500 et 600 US $ pour 4 jours en camping... sans oublier les pourboires pour le guide : entre 5 et 15 US $ par jour... Plus l'eau, qui n'est jamais fournie. Bref, un petit gouffre financier pour mon budget de routard. Et je me suis console en me rappelant toutes les etendues sauvages et tous les animaux que j'avais deja vus auparavant en Namibie et Bostwana... Finalement, je les ai a peu pres tous vus, sauf le buffle, qui fait parti des Big 5 (avec l'elephant, le leopard, rhinoceros et lion. La girafe, l'hippo, le guepard n'en font pas parti mais j'ai eu la chance de les voir).

Alors il ne me reste plus qu'a rejoindre Mombasa directement sans passer par Nairobi, ce qui m'obligerait a y passer une nuit, en raison de la longueur des trajets.

La encore, c'est mission impossible pour passer inapercu des rabatteurs dans la gare routiere... Cette fois-ci ils sont une bonne dizaine a s'accrocher a mes bras (veridique, ils te serrent la main pour dire bonjour et ne la lache plus, et gagne meme du terrain sur l'avant bras !!) ce qui fait que je traine malgre moi une bonne queue-leu-leue sur une dizaine de metres ! Heureusement que je ne viens qu'en reperage. J'ai aussi appris cela avec le temps, cela permet de prendre son temps pour bien situer ou et comment on va pouvoir acheter ce que l'on souhaite. Et ce, loin des rabatteurs et autre enquiquineurs.

Je reviens le lendemain par un autre chemin (vous n'imaginez pas comme certains ont la memoire des visages - et vetements egalement !) et vais me dirige d'un pas decide au bureau de la compagnie Raqib, ou Perfect, ou heu.. Tahmeed, enfin de toutes les 3 en meme temps !!! Des bus existent pour chacune d'entre elles, mais l'office est identique ! Et 12000 schillings plus tard (7 euros), je repars tout content mon billet a la main. Il ne me reste plus qu'a flaner dans les rues d'Arusha, essayer de marchander quelques magnifiques bracelets massai, tout ca, sans crainte d'affronter les rabatteurs puisque je ne cherche rien en particulier. Il y en a un qui marchera avec moi pendant 20 minutes, me raccompagnant jusqu'a mon auberge, voulant me vendre a tout prix de teintures de mediocre qualite aux motifs parfois tres suggestifs ! Cela nous a valu a tous les deux de bons eclats de rire et une occasion unique de parler un peu local avec un local !

Mon maigre vocabulaire en swahili fait de temps en temps son effet et c'est appreciable car la barriere qu'ils ont avec "le blanc" a tendance a sauter plus facilement, et alors une relation plus authentique (autre que basee sur l'argent) peut commencer. Et ca.... c'est priceless, ca n'a pas de prix, je pourrai me droguer au rire et a la gentillesse africains.

J'ai rencontre un autralien un peu roots mon dernier jour. Il donne des cours de swahili ici alors forcement, il le parle bien ! quel bonheur de se sentir au plus proche de la population locale, de se sentir en securite dans la rue le soir et la nuit, de pouvoir approcher au plus pres la relation avec les habitants, meme si celle-ci reste souvent tres simple, rudimentaire et ephemere...
Je suis impressionne par la facilite avec laquelle il evolue dans ce monde pourtant difficile pour un blanc. Il m'emmene dans un resto indien, enfin un resto... un garagiste marchand de pneus le jour qui se transforme en grill-barbecue sur le trottoir le soir !! Bain de foule assure pour y aller car nous passons par le marche, ces fameux marches africains ou tout se trouve a meme le sol, ou il y a des couleurs, des tas de gens, des chariottes, des embouteillages, des cris, des rires, beaucoup beaucoup de vie. Et de la pauvrete, toujours. Mais un tel eclat dans le regard...

(Ceci etant, bien souvent, les plus pauvres des plus pauvres qui mandient dans les rues n'ont pas ce regard brillant. Ils sont souvent estropies, ont la polio, sont habilles de guenilles, sont aveugles, sont sales et puent, et ont l'air abandonnes de tous. C'est une image bien difficile a regarder et a assimiler. Ma derniere image en tete : un pauvre malheureux ayant la polio et marchant a "4 pattes", sur ses mains et genoux, traversant a toute allure une avenue tres passante de Mombasa, et manquant de se faire faucher par un matatu qui passait en trombe a ce moment-la... )

Je pars donc le lendemain pour Mombasa, sur la route nous croisons le majestueux Kilimandjaro, pret, tout pret de la route, nous livrant de la plus belle facon ses maigres neiges eternelles subsistantes... Le temps s'arrete, ce moment est magique, un mythe africain vient de se reveler a moi, je n'ai meme pas le temps de degainer mon appareil photo a temps, tant pis, je n'ai qu'une vague photo ou j'arrive a peine a Le distinguer... Qu'importe, la dictature de la photo n'aura pas eu raison de moi cette fois-ci (et pour UNE fois !) et j'emporterai ce souvenir grave au plus profond de ma memoire. Et le safari manque au Serengueti ne lui en donne que plus de valeur. Un jour, un jour peut-etre, je reviendrai et je le verrai...

La route jusqu'a la frontiere se fait sans problemes, j'ai mon visa tres facilement egalement (50US$) et la les choses se pimentent un peu plus, heureusement, c'etait presque trop facile !
La route devient une piste poussiereuse avec des rocailles un peu partout et le chauffeur tient a maintenir la vistesse qu'il avait sur la bonne route goudronnee... On a donc desormais l'impression de participer au Paris Dakar, d'etre dans un de ces bolides qui fonce sur les pistes ensablees de la steppe... J'ai beau etre assis, mes jambes ne cessent de se derober en permanence sous mon siege ! Ca brinquebale, balance, projette, secoue dans tous les sens... Mais cela n'effraie pas le chauffeur ! Il continue de bon coeur a nous entrainer a l'interieur de cette magnifique steppe kenyanne ou la terre est furieusement rouge et ou les masais portent leurs merveilleux ornements guerriers.

Je vois enfin pour la premiere fois des femmes masais qui arborent leurs somptueux bijoux confectionnes de perles de toutes les couleurs... C'est d'une telle classe... Elles ont vraiment fiere allure. Les hommes portent plusieurs tuniques d'un tissu ecossais, a carreau, rayures ou uni aux couleurs allant du rouge au violet. La encore, quelle allure ! C'est de toute beaute.

Malheureusement, toutes ces images ne sont que tres furtives etant donne la vitesse et la poussiere dont nous, pauvres passagers, nous sommes les proies !

Apres 4h de 'shaking' intensif, nous rallions la fameuse autoroute "mombasa Highway" qui relie l'Ouganda et Nairobi a la mer, a Mombasa.

Je pense que le terme de chauffard devient un euphemisme pour decrire la conduite des usagers de cette route... Il n'y a que deux voies, mais la maigre surface de goudron (pardon les TP, d'enrobee !!) est largement surexploitee dans ses moindres recoins ! Ca se double dans tous les sens, il y a des carcasses de pneus exploses tous les 10 metres, des camions accidentes sur le bord de la route, uniquement signales par des branchages (parfois juste quelques feuilles !!) deposes a 1, puis 5 puis 10 metres du camion par les conducteurs qui tentent de reparer leur grosse machine ou de changer a plusieurs une enorme roue... Un monde a part entiere avec ses codes bien etablis ou le danger est partout !
En ayant observe ces "chauffeurs de l'extreme" (oui petite hyperbole !), je me suis apercu de la signification de tous les coups de klaxon incessants et signes de la main imperceptibles pour nous autre novices.

Cela peut vouloir dire :
- "pousse toi de la que j'm'y mette",
- "bouge pas j'te double",
- "hey connard, c'etait a moi de passer"
- " tu peux me dire si ya quelqu'un en face" : ca c'est quand notre bus s'est engage a doubler un camion alors que nous sommes sur une pente et que nous n'avons aucune visibilite...
- "hey salut mohammed comment ca va ? et la famille ca va ? et la femme ? et la grand mere ?" ca c'est qd le chauffeur klaxonne par plein de petits coups successifs pdt 30 secondes (ca fait TRES long, notamment quand on etait sur le point de s'endormir) et que l'autre a cote lui repond de meme, a renfort de grands cris et signes de la main...!

Tout cela sous le regard bienveilllant et parfois un rien etonne des babouins !

La peripherie de Mombasa est un vrai bidonville ; mais qu'est-ce que c'est saaaale. Parfois des montagnes d'immondices reposent par terre et semblent deja avoir un certain age. Tout est gris, noir, poussiereux, sale, sale, sale... Des pauvres, beaucoup. Les trottoirs deja satures par les dechets trouvent tout de meme de la place pour heberger ces pauvres gens, qui dorment a meme le sol.

Des enfants, plus sales que sale, occupent les terres-pleins centraux des grandes avenues de Mombasa. Ils m'attrapent le bras et me demande de l'argent. Leurs vetements sont des guenilles indescriptibles de misere. Ils sont parfois shootes a la colle ou autre solvant, les yeux hagards, plonges dans un monde imaginaire surement meilleur que les gaz d'echappements dans lesquels ils vivent. C'est triste a en pleurer. C'est d'ailleurs les images les plus difficiles que j'ai eu a endurer jusqu'a maintenant. D'autres sont vautres par terre a meme la salete et semblent jouer ou dormir.
Le plus dur dans tout ca : passer mon chemin. C'est terrible...

La culpabilite m'assaille et ma gorge retient un sanglot. Mes yeux s'humidifient derriere mes lunettes noires. Cela ne devrait pas exister. C'est trop dur a souffrir.

Mais la vie est partout autour et personne ne semble ne se soucier d'eux plus que cela. Je ne suis pas venu pour les "sauver", je suis la, c'est deja tout ce que je peux pour eux. Et la realite me rattrape et bat en breche ces instants de profonde humanite. Je dois trouver un endroit ou dormir et un petit snack ou me restaurer avant la tombee de la nuit.

Je vais passer ainsi 3 jours a Mombasa, dormant beaucoup, visitant peu, me reposant enormement. Les hotels ont la classe d'un cloaque et n'ont rien a envier a la sinistrose de ceux de Dar es Salaam.
Mais qu'importe puisque ce n'est que passager, puisque l'on si fait finalement, puisque je vois ma famille demain, tout a l'heure, tout de suite !!!

Le lendemain.
Je suis a l'aeroport international de Mombasa (jamais vu un aeroport international aussi petit). Il est 6h30. je me suis leve il y a une demi heure. Enfin, presque une heure, a cause des gentils muezzins qui font brayer leur megaphone des 5h45...
L'avion n'arrive toujours pas. La compagnie aerienne qui fait le voyage ne s'affiche meme pas sur le bel ecran plasma... Il arrive finalement a 8h15. avec seulement 3/4 d'heure de retard. Mais c'etait sans compter sur le passage a l'immigration que j'avais etrangement raye de mon esprit. Ils arriveront dans la salle de debarquement a 9h30. L'excitation et stress du debut ont eu largement le temps de s'amenuir pour laisser place a un agacement tout relatif et un leger desespoir de vraiment Les revoir un jour. Mais au bout de trois tres longues heures, Les voici, Ils sont la ! Quel Bonheur !

Notre sejour a l'hotel Neptune, a une quarantaine de km au sud de Mombasa, etait parfait. Plage de sable blanc et mer turquoise etaient notre quotidien. Cela me donnait un certain arriere gout de Zanzibar. Flute, je vais finir par m'habituer a ce contexte paradisiaque ! Cela devient presque routinier, coquillages et crustaces, cocotiers, sable fin, bla bla bla...!!!
Abondance de nourriture, qui aura presque deplu a mon estomac habitue a une alimentation plus frugale.
Gentillesse des serveurs et serveuses de notre table.
Beaucoup beaucoup de francais, anglais et allemands qui tiraient tous la gueule. Insense.
Quelques familles kenyannes avec leur 5o-douze enfants !!
Et beaucoup beaucoup de Bien avec sa Famille.
Merci les parents pour ce TRES beau cadeau de Noel !

Ce fut aussi l'occasion d'echanger quelques maigres cadeaux de Noel. Pour ma part, je leur ai offert quelques babiolles kenyannes "souvenirs d'Afrique" pour marquer le coup symboliquement. Ils en etaient ravis.
J'ai pour ma part recu un bel ordi portable sur lequel j'ai eu le malheur de mettre toutes mes photos, en les enlevant de la carte memoire de mon appareil photo... Erreur fatale, j'ai introduit un virus avec ma cle USB et je ne pouvais plus rallumer mon tout nouvel ordi a peine utilise.... RAGE ! j'etais furieux. Et desespere. Pour les photos et pour l'ordi.

Finalement, apres un 'bref' depannage informatique, j'ai pu avoir acces a mes photos a nouveau. Mais l'ordi est tjrs dans un sale etat. A voir en Inde. Donc toujours pas de photos a mettre sur le blog... Patience mon enfant, patience !

Ma famille est partie le 31 au matin, j'ai pu rester une nuit de plus, histoire de ne pas passer le reveillon seul a Mombasa dans un hotel miteux et me coucher a 21h !

Fastueux reveillon au Neptune, ou j'ai meme dine a quelques tables de Sophie Davant et son marie Pierre Sled, et leurs enfants, deux ado de 14 et 16 visiblement. Elle, est vraiment tres belle, meme en vrai. J'etais je dois dire assez impressionne par cette femme ! Je n'ai pas ose les accoster... Ma timidite est revenue d'un seul coup !

Puis il faut partir, reprendre les matatu (le premier que je pris crevera au bout de 500 metres et le mec ne voulais pas me rembourser.. Normal, il m'avait vu sortir de l'hotel a touristes.. J'etais grille), puis le ferry (la ville de Mombasa est sur une ile), et retrouver un hotel un peu moins glauque que la derniere fois...

Mais laissons place aux voeux de la nouvelle annee. Je reprendrai mon monologue apres !