mardi 3 mars 2009

Le Kerala, moi j'aime ça !

Alleppey, berceau des backwaters !
Ils appellent ça la venise indienne ! Ville parcourue de canaux et étiers au milieu d'un paysage aquatique par excellence : ici la mer et les eaux douces règnent en maître sur les lieux. Les palmiers et bananiers finissent de compléter le tableau idyllique !


Alleppey est donc le point de départ de nombre de 'croisière' sur ces canaux. Il y en a pour tous les goûts, du canoë 2 places où - l'on aide le 'puller' à ramer - jusqu'au véritable house-boat, maison flottante qui peut être très luxueuse.

C'est tout simplement génial ! J'adore ce calme, cette tranquilité et la verdure qui va avec. C'est tellement reposant de se laisser glisser au fil de l'eau... Et il fait tellement chaud et humide ici, c'est dingue ! L'eau apporte cette touche de fraîcheur salvatrice !

Après un formidable jeu de piste dans les rues d'Alleppey, je parviens à retrouver mon couple de français, que je croyais ne jamais revoir, vu que j'avais mal compris leurs messages ! C'était tellement sympa de se retrouver, de parler français, se raconter nos petits bouts de voyage en Inde, ce qu'on avait fait depuis Jaisalmer, et fumer une cigarette autour d'une bonne bière Kingfisher ! Soirée géniale !

Je ne peux malheureusement rester plus longtemps car j'ai encore un programme chargé qui m'attends. Je dois remonter plein nord le long de la côte pour aller à Goa et attendre toute la nuit un train pour Hampi, le centre historique de l'Inde.

Mysore et le palais aux 100 000 ampoules !


Le seul train que j’ai trouvé part à minuit... Malin, ça me fait arriver en pleine nuit et bon courage pour trouver un trou où poser ses affaires et dormir un peu avant le lever du jour. Mysore est très proche de Bengalore mais les trains indiens ont parfois des mystères insondables et nous devons quand même mettre 5h pour y arriver. J’avais réservé une place en classe ‘sleeper’, comptant quand même dormir un peu pendant le trajet.

Mais avant de dormir, il faudrait que le train arrive ! Belotte et re-belotte, encore du retard. 3heures à attendre dans le froid (j’ai mis ma polaire !) sur la passerelle pour guetter mon train, les informations étant très approximatives ce soir là de la part du personnel. Finalement le train arrive et les indiens déploient encore leur hystérie-de-la-place... Sont tarés... Le train roule encore et déjà ils catapultent leurs sacs dans le wagon et tentent d’y rentrer en courant après le train pour s’y aggriper, ou tout simplement en se jetant par les fênetres (mais à l’intérieur !) dans l’espoir de trouver une place... Il faut les voir !

Crânement assuré d’avoir une place numérotée attitrée, c’est d’un pas lent mais léger que j’évolue sur le quai à la recherche d’un wagon ‘sleeper’... « C’ui-là non, lui non plus, avant-dernier non et dernier : NON PLUS ? C’est quoi cette arnaque !! Ya que des secondes classes (dernière classe en Inde), et en plus pas des plus modernes ». Les indiens ont du estimer que pour un trajet aussi court que cela, on n’a pas besoin d’une couchette ! Encore un caprice bien de touriste... Je n’ai même dans l’idée d’aller faire une réclamation pour être remboursé. On est tellement loin de ça !

Je me dégote tout de même un coin tranquille dans le dernier wagon mais je suis vite colonisé par des locaux trop content de trouver d’un coup antant de place. Qu’à cela ne tienne, le petit blanc-bec ne va pas se laisser bouffer tout cru : une fois mon gros sac enchaîné à la banquette, je pousse mon petit sac près des fesses d’un jeune gars et je m’y repose la tête en m’allongeant de tout mon possible pour faire comprendre à tout le monde ma ferme intention de dormir et de ne pas partager plus que cela ma couchette de fortune. Il est 3h du mat’ et mon éveil ne demanderait pas mieux que de passe le relai à un bon sommeil réparateur.

Je suis toutefois allongé en chien de fusil car la banquette n’est guère longue et l’indien assis près de la fenêtre prends de la place ! Le voyage sera assez fatiguant, nous avons attendu une demi-heure avant de partir et le train s’arrêtera d’innombrables fois pour... on ne sait quelles raisons. Nous arriverons finalement à 8 heures passées et le côté positif de ce retard est que je n’ai pas à chercher une chambre dans le froid de la nuit !

Une fois installé dans un hôtel dont le standing était là encore au delà de toutes mes espérances (et pour un prix plus que raisonnable), je dormirais tout mon saoûl pour rattraper la plus que médiocre nuit passée chez l’IRCTC (la compagnie ferroviaire indienne).

Les lieux sont agréables dans cette petite ville. Tout est à proximité, la vie n’est pas chère du tout (7 Rs pour des jus de fruits frais pressés sous vos yeux alors que partout ailleurs cela coûte au moins 20 Rs, voire 40 dans un resto), et le tourisme semble plus indien qu’étranger et ne semble pas avoir affecté la ville : on y évolue tranquille !

Pourtant je remarque que c’est la première fois depuis que je suis dans le sud que je vois autant de blancs. Mais cela reste très correct.

Je prends mes petites habitudes au resto populaire du coin. Une chaleur là dedans ! Je cherche désespéremment un café internet dans cette ville où le Lonely Planet dit qu’il y en a tous les coins de rue (Heu, dis Lonely, ça fait combien de temps que t’es pas venu ici ?). Internet sera presque une priorité à cette étape car je me sens seul et ai besoin de soutien et de nouvelles de mon entourage.

Deux principales choses à voir ici : le marché, soit-disant le plus coloré de l’Inde, et le Palace, le célèbre palace de Mysore.

En effet le marché est une louange aux couleurs ! Non seulement on y trouve tout ce qu’on trouve partout ailleurs, mais on peut aussi y acheter des couleurs ! C’est pas indien ça comme possibilité ?! Moi je trouve le concept génial ! Acheter des couleurs !

Toutes ces couleurs sont disposées en cylindre cônique sur les étals et il n’y a qu’à se ravir les yeux ! C’est très beau !

Je demande à un jeune indien, teneur d’un stand, si ces pigments sont naturels et à quoi servent ces couleurs ?! C’est pour se mettre sur le front, vous savez ce petit cercle –souvent rouge et dont j’ai oublié le nom – symbole indien par excellence ! Je ne savais qu’il y avait une telle gamme de couleurs. Et tout est 100% colorants chimiques ! Mais bon, ça fait son effet !




Le palais est (très) décevant. Malgré l’immense fierté dont la ville fait preuve à l’égard de son palais, on est encore sceptique devant la prise en charge si kitsch d’une telle originalité architecturale... Ils lui ont collé des ampoules partout ce qui, de nuit lui donne une allure folle à la manière d’un magasin Harrod’s en plein boom de Noël, mais de jour, lui confère un côté ‘toc’ totalement dépourvu d’une quelconque valeur historique.

L’entrée dans le palace coûte encore horriblement cher, pour ce que c’est, et comparé au tarif ridiculement bas que les Indiens ont à débourser... En plus, l’appareil photo est interdit dans le palais donc il faut retourner à l’entrée de l’enceinte pour l’y déposer à la consigne et payer encore quelques roupies. En outre, il faut aussi rentrer pieds-nus et laisser ses chaussures à un ‘vestiaire’ et payer encore. Alors là, certainement pas ! Marre d’être une vache à traire ! Je paye déjà suffisamment cher l’entrée. Bien évidemment, la ‘maison’ dispose d’un tapis roulant aux rayons X, comme dans les aéroports, pour voir si on ne transporte pas une bombe dans son sac ou encore un appareil photo qu’un petit malin pensait disséminer pour échapper à tout contrôle...

Après avoir argumenté pendant 10 minutes avec un militaire gentil et pas trop borné, je réussi à entrer dans le palais avec mes tongs coincées dans le filet de mon sac à dos et mon appareil photo gentiment rangé dedans ! Comme quoi, tout est vraiment possible ! Abusé !

L’intérieur revêt des aspects grandioses et c’est une succession de salles et de décors très chargés, sombres mais colorés et dorés, qui rythme notre parcours (un peu trop court) dans le palais – parcours parfaitement organisé, maîtrisé et surveillé par toute une kyrielle de gardes armés.















Mouais, ça casse pas des briques, je suis déçu et surtout encore énervé par toute cette histoire d’ « entrance fee »... Mais ça va continuer... ! Le ticket nous ouvre également les portes d’un musée mais une fois devant ses portes, toujours dans l’enceinte du palace, il faut repasser à la caisse et payer à nouveau un somme assez importante pour pouvoir rentrer. J’engueule les gars du guichet et les gardes armés, je trouve ça scandaleux et tourne sèchement les talons pour sortir définitivement de cet engrenage vicieux où tout est bon pour assècher le touriste de son fric...

Je me rends compte que mon comportement ressemble de plus en plus à ce que je tiens en horreur : le touriste hargneux qui se croit au dessus de tout le monde et croit pouvoir faire ce qu’il veut... Ouhlàlà... Mais bon, au bout d’un moment, y’en a marre de n’être considéré que comme une machine à sous où chaque tirage est gagnant, tout comme être pris pour un con, avec sans cesse des informations contradictoires pour semer la confusion et au final noyer le poisson. Moi je dis NON ! Je refuse de jouer à ce jeu là et tant pis si cela doit me coûter quelques statues, temples ou tableaux... !

Tiens, j’ai reçu un mail des mes potes français rencontrés à Jaisalmer pendant le ‘camel-safari’. Ils me disent qu’ils sont dans le Kerala (état qui borde la côte de la mer d’Arabie sur des centaines de km, depuis l’extrême sud du continent), et devraient être à Alleppey d’ici 2 jours. Le Kerala et les backwaters, ahhhh, je rêve de ça.. ! Ok, ça tombe bien, je voulais bouger, toujours sans savoir où aller ; là j’ai un lieu, une date et un RdV, c’est parfait, je fonce !




Bienvenue dans le Sud indien : quel changement !!!

Après avoir atterri à Chennai (dont l'ancien nom est Madras) et y avoir passé une petite nuit, j'ai pris un train direction Bengalore, tout en regrettant de quitter si vite le Tamil Nadu et ses merveilles... Il faut faire des choix, toujours, et encore !

Me voici donc en route pour Bengalore, ville au devant de la scène économique plus que partout ailleurs en Inde. Apparemment, rien à y faire en tant que touriste - d'ailleurs aucun blanc en vue dans le train - vue que c'est un haut lieu du business indien...

Les choses ont en tous cas changé depuis que j'ai quitté le Nord.
-Je peux enfin voir un ciel franc et courtois, non saturé de pollution et blanchi par un voile de brume.
-Les gens semblent sensiblement plus sympathiques : pendant le trajet en train depuis Madras, j'ai passé mon temps à parler avec des locaux qui sont sont venus me parler de leur plein gré ! Même des hommes d'affaires, qui voyageaient en 3ème classe comme moi ! Incroyable contact avec les gens ! et si gentils et généreux !
-La bouffe est carrément plus épicée même si l'on demande pas épicé du tout ! Ont-ils vraiment l'habitude de voir des touristes ??! Et on a beau demandé un 'Malai Kofta', plat nordique, ça ne ressemble pas du tout et n'a pas le même goût qu'au Nord !
- C'est PLUS PROPRE ! Ahhhh, quelle satisfaction ! Et quels payasages magnifiques de rizières notamment !
- et bien sûr : on ne parle et on n'écrit pas hindi, mais tamil ! Encore plus incompréhensible que l'hindi ! C'est là notamment qu'on trouve des noms de villes à tiroir (tu peux en remplir des commodes là, à l'aise ! Exemple : Thiruvananthapuram, rebaptisée en Trivandrum, c'est déjà plus simple !)

Je me suis quand même posé la question plusieurs fois : "mais qu'est-ce que je fous là", vu que cette ville est loin d'être la destination touristique phare du sud indien ! Et étant le seul blanc, on se demande parfois si on fait bien d'être là, si c'est pas louche de ne pas voir d'autres routards... !

Qu'importe ! J'y suis j'y reste ! Il doit bien y avoir quelque chose à faire !

Une amusante galère à 11h du soir pour trouver une chambre dans cette ville forcément un peu plus chère que la moyenne au niveau logement, et je me retrouve dans un hotel d'une
propreté douteuse car pas indienne ! Mais en fait si, c'est comme ça dans le sud, c'est plus propre !

Demain, je me mets en quête de trouver les trésors Bengaloriens. Et je ne vais pas être déçu, loin de là !
Des temples biscornus avec moult couleurs,


des scènes de marchés aux mille couleurs et senteurs,











des scènes de la vie quotidienne







encore d'autres temples si indiens !!





Que j'aime ces moments où les touristes sont absents, et où même les routards ne sont pas. On ne se sent pas obligé d'aller voir tel ou tel monument, car il faut le voir puisque l'on vient bien pour ça... Il n'y a aucun harcèlement, on évolue librement, on se crée son parcours, on déniche des coins, des choses intéressantes à voir, c'est la vraie routardise, comme je l'aime !

Et pourtant, il y avait tant à faire et à voir dans cette ville étonnante, pleine de contraste. Un côté indien traditionnel avec tout ce que vous venez de voir, et l'autre face, le côté Mr. Hyde de Bengalore, le quartier des affaires, avec un immense building flambant neuf hébergeant un gigantesque magasin de luxe indien de parfum et vêtements précieux et une boutique exagérémenent grande et neuve de... Louis Vuitton ! Ohhhh, je suis où là ??????! Saisissant !

Plus loin dans la MG road (toutes les villes ou presque ont une Mahatma Ghandi Road), ce n'est qu'un splendide défilé de boutiques très modernes et fashion comme Adiddas, Ray Ban, Puma, Diesel, Springfield, Tomy Hilfiger, ... et j'en passe.
J’ai failli en profiter, surtout que c’étaient les soldes : un petit polo Tomy à 15 €, qui dit mieux ? Mais mon budget de routard ne tiendra pas la route à ce rythme là. J’attendrais d’être complètement fauché aux Etats-Unis, dernière étape du voyage, pour dévaliser les boutiques et revenir les bras chargés de cadeaux ! Avec de l’argent emprunté, bien entendu !

Toutes ces boutiques, cédant de temps en temps la place à un mac do ou autre fast-food local, constituaient un véritable amas lumineux qui se donne des airs new-yorkais la nuit tombée. Non mais vraiment, où suis-je ? Mes yeux brillent et s’émerveillent à chaque instant. Je suis grisé de retrouver un bout d’occident en terre indienne.

Ma prochaine étape a pour nom Mysore. Il y a parait-il un palace magnifique !