Vous vous imaginez bien que ce trek, bien qu'il fut dur et long, n'a pas duré ces 3 mois, 3 mois de silence internet ! J'ai encore vogué, volé, marché par monts et par vents jusqu'à maintenant, alors je vais vous comptez, dans un petit résumé, ce que j'ai fais pendant ce temps-là...

Après la Patagonie et des adieux à Alessandro, je suis revenu à Santiago de Chili où j'ai rencontré de charmants Québécois avec qui nous sommes partis à Valparaiso. Ce nom peut en faire fantasmer plus d'un (n'est-ce pas Papa !) mais j'ai la triste et dure responsabilité de vous annoncer que la baie de Valparaiso n'est pas aussi mythique que ce que le mythe laisse présager...

En revanche, la ville est un vrai camaïeu de couleurs et de tags muraux, une kyrielle de venelles dégringolantes qui viennent mourrir dans l'océan, un vrai labyrinthe chatoyant où de vieux "ascenceurs" (funiculaires) remplissent encore leurs bons et loyaux services dans des grincements de bois et de ferrailles très réjouissants !
J'ai quitté avec regret mes Québécois, Catherine et Michel, pour rentrer à Santiago, accompagné d'un psychologue (oui, il y en a qui voyagent !) allemand, rencontré dans notre auberge de Valparaiso. La capitale du Chili ne m'aura pas laissé un souvenir flamboyant, si ce n'est cette vue sur un magnifique coucher de soleil, observé depuis une colline en plein centre de Santiago. La vue sur les montagnes enneigées avoisinnantes était unique : elles semblaient flotter dans un bain d'ambre.

Le vol pour Buenos Aires fut spectaculaire. Quand on vol à 10 000 mètres d'altitude et que les

sommets andins dépassent aisément les 6000, c'est comme si ces montagnes immenses pouvaient être touchées du bout du doigt !
Mais la suite du paysage fut décevante : une platitude digne de notre cher pays voisin la Belgique... In-inté-ressant (--> la platitude, pas la Belgique.... Navré d´avoir causé du tort aux Belges qui me lisent, avec cette odieuse équivoque... !) !!! La pampa argentine a intérêt à se montrer sous un autre jour vu d'en-bas...!

Buenos Aires fut un ravissement pour les yeux ! Une richesse architecturale incroyable ; d'immenses et magnifiques buildings de style italien, français ; un petit côté "Paris latino" ; le tout plongé dans un océan urbain démentiel !
Plus un accueil par le petit frère d'une amie qui m'offrât sa chambre en son absence (merci Godo!) dans un appart tout confort, un de ses coloc bien charmant pour me tenir compagnie (merci Damien !), un rencard avec Roxanne, ma pote américaine avec qui on se suit sans arrêt depuis Zanzibar.... bref, une étape bien reposante dans un cadre formidable !
J'ai ensuite repris la route après ces 4 jours de repos. Direction Mendoza, ville toute proche de la cordillière, réputée pour son accès facile aux pistes de ski et ses bodegas et leurs vins !
Mouais, très bof... D'autant plus que le paysage était comme la vue que j'en avais depuis l'avion... Inintéressant... Oh mon Dieu, suis-je déjà blasé ?!!!
Mais non ! La rencontre à la gare routière de James (USA) et David (Suisse-allemand) fut un beau cadeau ! Nous désespérions de prendre un bus pour le nord de l'Argentine (Salta) pendant une grève de conducteurs, alors une bande de joyeux lurons s'est formée : Veronica, une mexicaine (que nous charrions sans arrêt en raison de la grippe porcine!!) et Clemens, un sympathique hollandais, se sont rajoutés à notre trio de départ.
Malgré un sac volé sous nos yeux (celui de David, qui venait de débuter son voyage), le moral des troupes n'a pas été entamé, et arrivés à Salta, nous avons loué une voiture pour visiter les environs qui étaient soit-disant, MA-GNI-FI-QUES... Bon, au point où j'en étais, je n'avais plus rien à perdre et de toutes façons, l'ambiance était géniale !

Mais quel choc, QUEL CHOC !!! Déjà la ville de Salta était splendide, mais décrire avec des mots ce que j'ai vu sur la route pendant nos virées, c'est en dehors de mes possibilités. Toute la déception (relative) que j'avais emmagasinée depuis le début de l'Argentine s'est volatilisée en moins de temps qu'il ne faut pour le dire... Ces quebradas (gorges, vallées assechées) sont pour moi des merveilles de la nature, je suis resté scotché du début à la fin, c'est un festival de couleurs, de formes... C'est d'une beauté sans pareil. Alors finalement non, je ne suis pas devenu blasé ! Le mieux est de vous laisser contempler un bien maigre extrait de ce que j'avais sous les yeux.

L'altiplano, c'est tout plat, et pourtant on tutoie la hauteur du Mont-Blanc : on est à plus de 4100m ! Et la petite montagne dans le fond est à 6000 et des brouettes !



