Voici un petit resume de ces derniers jours, depuis Zanzibar, j'ai un peu lache le blog...
Apres Zanzibar donc, j'ai de nouveau passe une derniere nuit chez mes amis francais a Dar es Salaam. Heureusement qu'ils etaient la, je leur dois une fiere chandelle. Ils m'ont accueilli les bras ouverts et m'ont depanne financierement, car bien sur, je n'ai tjrs rien d'autre que ma carte de depannage avec laquelle on ne peut que payer dans les magasins, et pas retirer de l'argent dans un distributeur... MAIS, en Tanzanie, on ne paye QUE par cash dans les magasins... Bref, c'est bien ma veine...
Apres avoir pris mon billet la veille de mon depart, et failli ne pas avoir de place - apparemment le bus etait complet, mais l'afrique a cela de magique que l'on peut tjrs se depatouiller de quelle situation que ce soit - me voici donc dans un bus 2/2 (deux places de chaque cote de l'allee, et non pas 3 d'un cote et deux de l'autre) soit-disant grand luxe avec air conditionne et tout le tralala. Mais les charmes de l'afrique sont aussi ces imprevus et je me retrouve dans un 2/2 certes, mais sans air con et avec tres peu de place pour mes grandes jambes... Tant pis, le trajet est cense etre court (7h)
Mais cessons d'etre mauvaise langue. Le service en Afrique est de qualite ; en effet, dans chaque trajet en bus, qu'il soit court (6h, mais ce n'est que sur le papier) ou long (ca peut atteindre les 28h, mais c'est loin d'etre un record !! et heureusement pour moi, je ne les ai jamais experimentes !), vous vous voyez servi une boisson fraiche (en generale, qui trempe dans une eau froide dans une glaiciere ''pas trop'' douteuse) et deux petits gateaux secs (dont le gout est plus proche du carton d'emballage que de la creme vanille dont ils sont supposes etre fourres). Et ma foi, c'est somme toute tres appreciable, notamment quand on n'a pas eu le temps de prendre son petit dej !
Direction le Nord du pays, a Arusha, tout pres de la frontiere avec le Kenya, a deux pas du mythique Kilimandjaro. Nous mettrons finalement 10h de route. J'arriverai juste a la tombee de la nuit, ce qui, dans ces pays africains, et synonyme de '' je prends un taxi''. Chose que j'ai pris coutume de faire quand j'arrive de nuit dans une ville que je ne connais pas avec mon gros sac sur le dos pour faire les quelques kilometres qui me separent de mon auberge ou hotel miteux !
Le but est maintenant de trouver un safari pour le Serengueti, nom mythique qui resonne a n'en plus finir dans ma tete...
La tache est ardue car il y a beacoup de rabatteurs dans les rues et leur qualite d'orateur et de persuasion est impressionnante... J'essaye de marcher comme un blanc qui a deja un peu d'Afrique dans les pates, mais visiblement ca ne doit pas etre credible une seule seconde : une nuee de parfois 5 ou 6 rabatteurs fonce sur moi en proclamant les qualites de telle ou telle agence de safaris.
J'ai pris le parti de les ignorer car j'ai remarque, au bout de quelques "confrontations", que quoi que l'on dise, fasse ou reponde, les rabateurs ne vous lacherons pas, et leur parler est deja leur montrer un signe de faiblesse et une possibilite de vous faire embobiner. Et croyez-moi, meme en etant triplement averti, parfois, on tombe dans le panneau tellement ils sont persuasifs !
Je leur lache de temps en temps un petit "Hapana Asante" (Non Merci en Swahili) que j'essaye de faire le plus ferme possible mais cela ne fait parfois que renforcer leur pseudo interet pour le mzungu (blanc) qu'ils prennent en chasse ! " Ah you spik swahili mister, its goud".
Sinon, a ne pas leur parler, j'ai entendu pas mal de choses plutot marrante du style : "Ah mais tu peux parler au moins, ca ne te coute rien / tu hais les africains, tu hais les noirs mon ami, c pas bien / allez quoi, j'ai besoin de manger moi, ou alors donne moi ta chemise "... Bref, des arguments parfois completement inapropries !!
Ayant bien cherche, bien marchande, ayant meme eu de reel bon prix au grand desespoir des pauvres vendeurs qui voyaient leur plus value reduite a pas grand chose, ayant bien reflechi et retourne la question dans tous les sens, je me suis finalement resigne a ne pas aller au serengueti. La raison principale est que, si je partais, je devais prendre le risque de ne pas pouvoir accueillir ma famille a l'aeroport de Mombasa au Kenya, quelques jours plus tard, faute de temps... Et ca, pas possible !
L'autre raison est bien sur l'aspect financier de tels safaris.
Comptez entre 500 et 600 US $ pour 4 jours en camping... sans oublier les pourboires pour le guide : entre 5 et 15 US $ par jour... Plus l'eau, qui n'est jamais fournie. Bref, un petit gouffre financier pour mon budget de routard. Et je me suis console en me rappelant toutes les etendues sauvages et tous les animaux que j'avais deja vus auparavant en Namibie et Bostwana... Finalement, je les ai a peu pres tous vus, sauf le buffle, qui fait parti des Big 5 (avec l'elephant, le leopard, rhinoceros et lion. La girafe, l'hippo, le guepard n'en font pas parti mais j'ai eu la chance de les voir).
Alors il ne me reste plus qu'a rejoindre Mombasa directement sans passer par Nairobi, ce qui m'obligerait a y passer une nuit, en raison de la longueur des trajets.
La encore, c'est mission impossible pour passer inapercu des rabatteurs dans la gare routiere... Cette fois-ci ils sont une bonne dizaine a s'accrocher a mes bras (veridique, ils te serrent la main pour dire bonjour et ne la lache plus, et gagne meme du terrain sur l'avant bras !!) ce qui fait que je traine malgre moi une bonne queue-leu-leue sur une dizaine de metres ! Heureusement que je ne viens qu'en reperage. J'ai aussi appris cela avec le temps, cela permet de prendre son temps pour bien situer ou et comment on va pouvoir acheter ce que l'on souhaite. Et ce, loin des rabatteurs et autre enquiquineurs.
Je reviens le lendemain par un autre chemin (vous n'imaginez pas comme certains ont la memoire des visages - et vetements egalement !) et vais me dirige d'un pas decide au bureau de la compagnie Raqib, ou Perfect, ou heu.. Tahmeed, enfin de toutes les 3 en meme temps !!! Des bus existent pour chacune d'entre elles, mais l'office est identique ! Et 12000 schillings plus tard (7 euros), je repars tout content mon billet a la main. Il ne me reste plus qu'a flaner dans les rues d'Arusha, essayer de marchander quelques magnifiques bracelets massai, tout ca, sans crainte d'affronter les rabatteurs puisque je ne cherche rien en particulier. Il y en a un qui marchera avec moi pendant 20 minutes, me raccompagnant jusqu'a mon auberge, voulant me vendre a tout prix de teintures de mediocre qualite aux motifs parfois tres suggestifs ! Cela nous a valu a tous les deux de bons eclats de rire et une occasion unique de parler un peu local avec un local !
Mon maigre vocabulaire en swahili fait de temps en temps son effet et c'est appreciable car la barriere qu'ils ont avec "le blanc" a tendance a sauter plus facilement, et alors une relation plus authentique (autre que basee sur l'argent) peut commencer. Et ca.... c'est priceless, ca n'a pas de prix, je pourrai me droguer au rire et a la gentillesse africains.
J'ai rencontre un autralien un peu roots mon dernier jour. Il donne des cours de swahili ici alors forcement, il le parle bien ! quel bonheur de se sentir au plus proche de la population locale, de se sentir en securite dans la rue le soir et la nuit, de pouvoir approcher au plus pres la relation avec les habitants, meme si celle-ci reste souvent tres simple, rudimentaire et ephemere...
Je suis impressionne par la facilite avec laquelle il evolue dans ce monde pourtant difficile pour un blanc. Il m'emmene dans un resto indien, enfin un resto... un garagiste marchand de pneus le jour qui se transforme en grill-barbecue sur le trottoir le soir !! Bain de foule assure pour y aller car nous passons par le marche, ces fameux marches africains ou tout se trouve a meme le sol, ou il y a des couleurs, des tas de gens, des chariottes, des embouteillages, des cris, des rires, beaucoup beaucoup de vie. Et de la pauvrete, toujours. Mais un tel eclat dans le regard...
(Ceci etant, bien souvent, les plus pauvres des plus pauvres qui mandient dans les rues n'ont pas ce regard brillant. Ils sont souvent estropies, ont la polio, sont habilles de guenilles, sont aveugles, sont sales et puent, et ont l'air abandonnes de tous. C'est une image bien difficile a regarder et a assimiler. Ma derniere image en tete : un pauvre malheureux ayant la polio et marchant a "4 pattes", sur ses mains et genoux, traversant a toute allure une avenue tres passante de Mombasa, et manquant de se faire faucher par un matatu qui passait en trombe a ce moment-la... )
Je pars donc le lendemain pour Mombasa, sur la route nous croisons le majestueux Kilimandjaro, pret, tout pret de la route, nous livrant de la plus belle facon ses maigres neiges eternelles subsistantes... Le temps s'arrete, ce moment est magique, un mythe africain vient de se reveler a moi, je n'ai meme pas le temps de degainer mon appareil photo a temps, tant pis, je n'ai qu'une vague photo ou j'arrive a peine a Le distinguer... Qu'importe, la dictature de la photo n'aura pas eu raison de moi cette fois-ci (et pour UNE fois !) et j'emporterai ce souvenir grave au plus profond de ma memoire. Et le safari manque au Serengueti ne lui en donne que plus de valeur. Un jour, un jour peut-etre, je reviendrai et je le verrai...
La route jusqu'a la frontiere se fait sans problemes, j'ai mon visa tres facilement egalement (50US$) et la les choses se pimentent un peu plus, heureusement, c'etait presque trop facile !
La route devient une piste poussiereuse avec des rocailles un peu partout et le chauffeur tient a maintenir la vistesse qu'il avait sur la bonne route goudronnee... On a donc desormais l'impression de participer au Paris Dakar, d'etre dans un de ces bolides qui fonce sur les pistes ensablees de la steppe... J'ai beau etre assis, mes jambes ne cessent de se derober en permanence sous mon siege ! Ca brinquebale, balance, projette, secoue dans tous les sens... Mais cela n'effraie pas le chauffeur ! Il continue de bon coeur a nous entrainer a l'interieur de cette magnifique steppe kenyanne ou la terre est furieusement rouge et ou les masais portent leurs merveilleux ornements guerriers.
Je vois enfin pour la premiere fois des femmes masais qui arborent leurs somptueux bijoux confectionnes de perles de toutes les couleurs... C'est d'une telle classe... Elles ont vraiment fiere allure. Les hommes portent plusieurs tuniques d'un tissu ecossais, a carreau, rayures ou uni aux couleurs allant du rouge au violet. La encore, quelle allure ! C'est de toute beaute.
Malheureusement, toutes ces images ne sont que tres furtives etant donne la vitesse et la poussiere dont nous, pauvres passagers, nous sommes les proies !
Apres 4h de 'shaking' intensif, nous rallions la fameuse autoroute "mombasa Highway" qui relie l'Ouganda et Nairobi a la mer, a Mombasa.
Je pense que le terme de chauffard devient un euphemisme pour decrire la conduite des usagers de cette route... Il n'y a que deux voies, mais la maigre surface de goudron (pardon les TP, d'enrobee !!) est largement surexploitee dans ses moindres recoins ! Ca se double dans tous les sens, il y a des carcasses de pneus exploses tous les 10 metres, des camions accidentes sur le bord de la route, uniquement signales par des branchages (parfois juste quelques feuilles !!) deposes a 1, puis 5 puis 10 metres du camion par les conducteurs qui tentent de reparer leur grosse machine ou de changer a plusieurs une enorme roue... Un monde a part entiere avec ses codes bien etablis ou le danger est partout !
En ayant observe ces "chauffeurs de l'extreme" (oui petite hyperbole !), je me suis apercu de la signification de tous les coups de klaxon incessants et signes de la main imperceptibles pour nous autre novices.
Cela peut vouloir dire :
- "pousse toi de la que j'm'y mette",
- "bouge pas j'te double",
- "hey connard, c'etait a moi de passer"
- " tu peux me dire si ya quelqu'un en face" : ca c'est quand notre bus s'est engage a doubler un camion alors que nous sommes sur une pente et que nous n'avons aucune visibilite...
- "hey salut mohammed comment ca va ? et la famille ca va ? et la femme ? et la grand mere ?" ca c'est qd le chauffeur klaxonne par plein de petits coups successifs pdt 30 secondes (ca fait TRES long, notamment quand on etait sur le point de s'endormir) et que l'autre a cote lui repond de meme, a renfort de grands cris et signes de la main...!
Tout cela sous le regard bienveilllant et parfois un rien etonne des babouins !
La peripherie de Mombasa est un vrai bidonville ; mais qu'est-ce que c'est saaaale. Parfois des montagnes d'immondices reposent par terre et semblent deja avoir un certain age. Tout est gris, noir, poussiereux, sale, sale, sale... Des pauvres, beaucoup. Les trottoirs deja satures par les dechets trouvent tout de meme de la place pour heberger ces pauvres gens, qui dorment a meme le sol.
Des enfants, plus sales que sale, occupent les terres-pleins centraux des grandes avenues de Mombasa. Ils m'attrapent le bras et me demande de l'argent. Leurs vetements sont des guenilles indescriptibles de misere. Ils sont parfois shootes a la colle ou autre solvant, les yeux hagards, plonges dans un monde imaginaire surement meilleur que les gaz d'echappements dans lesquels ils vivent. C'est triste a en pleurer. C'est d'ailleurs les images les plus difficiles que j'ai eu a endurer jusqu'a maintenant. D'autres sont vautres par terre a meme la salete et semblent jouer ou dormir.
Le plus dur dans tout ca : passer mon chemin. C'est terrible...
La culpabilite m'assaille et ma gorge retient un sanglot. Mes yeux s'humidifient derriere mes lunettes noires. Cela ne devrait pas exister. C'est trop dur a souffrir.
Mais la vie est partout autour et personne ne semble ne se soucier d'eux plus que cela. Je ne suis pas venu pour les "sauver", je suis la, c'est deja tout ce que je peux pour eux. Et la realite me rattrape et bat en breche ces instants de profonde humanite. Je dois trouver un endroit ou dormir et un petit snack ou me restaurer avant la tombee de la nuit.
Je vais passer ainsi 3 jours a Mombasa, dormant beaucoup, visitant peu, me reposant enormement. Les hotels ont la classe d'un cloaque et n'ont rien a envier a la sinistrose de ceux de Dar es Salaam.
Mais qu'importe puisque ce n'est que passager, puisque l'on si fait finalement, puisque je vois ma famille demain, tout a l'heure, tout de suite !!!
Le lendemain.
Je suis a l'aeroport international de Mombasa (jamais vu un aeroport international aussi petit). Il est 6h30. je me suis leve il y a une demi heure. Enfin, presque une heure, a cause des gentils muezzins qui font brayer leur megaphone des 5h45...
L'avion n'arrive toujours pas. La compagnie aerienne qui fait le voyage ne s'affiche meme pas sur le bel ecran plasma... Il arrive finalement a 8h15. avec seulement 3/4 d'heure de retard. Mais c'etait sans compter sur le passage a l'immigration que j'avais etrangement raye de mon esprit. Ils arriveront dans la salle de debarquement a 9h30. L'excitation et stress du debut ont eu largement le temps de s'amenuir pour laisser place a un agacement tout relatif et un leger desespoir de vraiment Les revoir un jour. Mais au bout de trois tres longues heures, Les voici, Ils sont la ! Quel Bonheur !
Notre sejour a l'hotel Neptune, a une quarantaine de km au sud de Mombasa, etait parfait. Plage de sable blanc et mer turquoise etaient notre quotidien. Cela me donnait un certain arriere gout de Zanzibar. Flute, je vais finir par m'habituer a ce contexte paradisiaque ! Cela devient presque routinier, coquillages et crustaces, cocotiers, sable fin, bla bla bla...!!!
Abondance de nourriture, qui aura presque deplu a mon estomac habitue a une alimentation plus frugale.
Gentillesse des serveurs et serveuses de notre table.
Beaucoup beaucoup de francais, anglais et allemands qui tiraient tous la gueule. Insense.
Quelques familles kenyannes avec leur 5o-douze enfants !!
Et beaucoup beaucoup de Bien avec sa Famille.
Merci les parents pour ce TRES beau cadeau de Noel !
Ce fut aussi l'occasion d'echanger quelques maigres cadeaux de Noel. Pour ma part, je leur ai offert quelques babiolles kenyannes "souvenirs d'Afrique" pour marquer le coup symboliquement. Ils en etaient ravis.
J'ai pour ma part recu un bel ordi portable sur lequel j'ai eu le malheur de mettre toutes mes photos, en les enlevant de la carte memoire de mon appareil photo... Erreur fatale, j'ai introduit un virus avec ma cle USB et je ne pouvais plus rallumer mon tout nouvel ordi a peine utilise.... RAGE ! j'etais furieux. Et desespere. Pour les photos et pour l'ordi.
Finalement, apres un 'bref' depannage informatique, j'ai pu avoir acces a mes photos a nouveau. Mais l'ordi est tjrs dans un sale etat. A voir en Inde. Donc toujours pas de photos a mettre sur le blog... Patience mon enfant, patience !
Ma famille est partie le 31 au matin, j'ai pu rester une nuit de plus, histoire de ne pas passer le reveillon seul a Mombasa dans un hotel miteux et me coucher a 21h !
Fastueux reveillon au Neptune, ou j'ai meme dine a quelques tables de Sophie Davant et son marie Pierre Sled, et leurs enfants, deux ado de 14 et 16 visiblement. Elle, est vraiment tres belle, meme en vrai. J'etais je dois dire assez impressionne par cette femme ! Je n'ai pas ose les accoster... Ma timidite est revenue d'un seul coup !
Puis il faut partir, reprendre les matatu (le premier que je pris crevera au bout de 500 metres et le mec ne voulais pas me rembourser.. Normal, il m'avait vu sortir de l'hotel a touristes.. J'etais grille), puis le ferry (la ville de Mombasa est sur une ile), et retrouver un hotel un peu moins glauque que la derniere fois...
Mais laissons place aux voeux de la nouvelle annee. Je reprendrai mon monologue apres !
vendredi 2 janvier 2009
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