Hello !
Me voici a Nairobi, apres encore un voyage de 10h de bus, cense durer 7h. Mais je suis maintenant habitue a tout cela, et je pense aussi que cela ne vous surprend plus non plus !
Nnous devons en partie ce retard a tous ces travaux titantesques entrepris pour moderniser et renover 'Mombasa highway'. Nous avons eu de nombreuses deviations tres... sport !
Et nous avons perdu une heure dans les bouchons de Nairobi. A seulement 16h30 ! J'ai ete impressionne du traffic de Nairobi. Compact, dense, sature. Nuages de pollution, nuees de gens, non de non quelle est cette ville !!
Il y fait la meme temperature qu'a Mombasa (28 ici contre 30 la-bas), mais l'air n'est pas humide et le soir il fait presque froid ! (Je dormirai ce soir avec drap ET couverture en les supportant tres bien ! Et je chercherai deliberement les rayons du soleil au petit matin pour me rechauffer, la ou je les fuyais jusqu'a present pour m'epargner de grandes degoulinades !)
Les gens ont l'air de deferler sur les trottoirs partout, de toutes parts, dans un flux ininterrompu et submergeant. J'ai peine a y croire ! Je ne m'attendais pas du tout a ca. Je pense que l'introduction a Bombay et l'Inde est toute trouvee !
Mais quel changement par rapport au reste l'Afrique ... Voici le monde civilise. Quel contraste avec le reste du pays, meme Mombasa. Des rues et avenues nickel, des buildings modernes, des magasins partout... Des gens bien habilles, bien odorises (les fortes odeurs de parfum remplacent les fortes odeurs naturelles, et je ne m'en plains pas), des filles et des femmes kenyannes, sans doute les plus grandes au monde... La taille de beaucoup de femmes ici est impressionnante. La plupart d'entre elles depassent aisement le metre 80 et toutes savent largement mettre en valeur leur formes tres attirantes ! Mon compteur s'affole, je ne sais plus ou donner des yeux !
Mais combien y a-t-il de voitures/bus au metre carre ici ? Je n'ai toujours pas compris comment notre bus avait reussi a se frayer un chemin jusqu'a la petite place debordante de matatus qui fait office de gare routiere. Le traffic est dense, mais tellement dense que tout le monde est a l'arret, les vehicules dans tous les sens essayant a qui mieux mieux de forcer le passage. Dans les interstices entre les vehicules, toujours ces pietons, ce flux incessant...
Une seule loi semble de vigueur : le plus gros est le plus fort et passe le premier. Un concert de klaxons est gracieusement offert a nos oreilles. Meme loi : les plus gros engins ont souvent les plus forts decibels pour intimider l'autre et se faire une place. Meme les pauvres feux de circulation ont peine a gerer cette masse infernale. Quand tout a coup, on distingue au milieu de tout ca un policier avec un maigre sifflet et des gants blanc gerer le traffic... ! Le pauvre ! Intoxication garantie en 20 minutes. Mais c'est surtout dangereux !
Mon hotel est a 20 metres de la "petite" gare routiere, une aubaine.
Les gaz d'echappements me tiraillent la gorge et me piquent les yeux. J'avance a l'aveuglette dans ce nuage de fumees nauseabondes.
Tous ces gens... je n'en reviens pas. Je suis au coeur de la fourmiliere kenyanne. Nairobi est la reine, les habitants ses ouvrieres. Je suis un corps etranger. Vais-je me faire refoule ? Attaque ? Cuisine a la kenyanne ? Je ne me laisserai pas faire et vais me battre !
Premiere victoire : le supermarche Tusky a son heure de pointe... Une fourmiliere dans la fourmiliere... Des files d'attentes devant les caisses... Interminables... J'en ressors digere et malaxe au bout de 30min d'attente, presqu'expulse par le mouvement de foule et la mecanique de la caisse. Au suivant !
Deuxieme victoire : deambuler tant que faire se peut sur les pourtant larges trottoirs de la ville, slalomer entre les buildings en n'ayant qu'une vague idee de mon chemin et trouver un cyber cafe pour un rapide check des mails.
Puis trouver un resto genre fast food en guise de diner. Il est 18h30, la nuit commence a tomber. Je suis dans la ville soit disant la plus dangeureuse au monde... Johannesbourg, Lima et Mexico peuvent aller se rhabiller, Nairobi, me voici. Devoile moi tes dessous et fait moi fremir...!
Victoire suivante ; il fait nuit, j'ai fait quelques provisions, achete de quoi petit-dejeuner, j'ai dine, checke les mails, je suis a l'hotel, dans ma chambre, entier, a peine effarouche !
Mais j'ai parle trop vite...
La nuit sera mon enfer... Des blacks parlant de vive voix a deux pas de ma porte, (chambre proche de la reception), rigolant, s'exclafant a outrance, radio et tele crachant un son nefaste pour mes oreilles et mon sommeil... Je n'en peux plus, j'abdique, Elle aura eu ma peau, c'est le signal, je dois partir...
Je ressens l'appel pressant de l'Inde, et le depart n'a jamais ete aussi proche. Mon vol Bombay-Bangkok dans mon billet tour du monde a bien ete repousse au 1er mars : Merci Papa ; ma toute nouvelle carte bleue qui ne marchait pas fonctionne finalement : merci la banque (c'est tres ironique... j'etais furieux), et le vol Nairobi-Bombay est pratiquement decide, il ne me reste plus qu'a l'acheter.
Encore un jour ici, et je m'envole pour d'autres contrees, cette fois-ci totalement inconnues de moi... Le grand saut est maintenant... L'Afrique me manque deja. J'ai malheureusement la persistance d'un sentiment d'inaccomplissement, d'inacheve ici en Afrique. Aventures malheureuses avec mon ancien comparse americain, ou nous allions de point en point sans savoir ou nous allions, sans se restaurer et parfois meme sans avoir un seul sou sur nous... Cette semaine de precaire vadrouille aura eu raison de ma volonte et de ma sante et aura pour ainsi dire bien entame mon energie dans ce voyage.
Vous etes nombreux a me demander comment ca va, dans ma tete, si je suis heureux. Alors je vais vous repondre. Quand les choses ne se passent pas comme vous le voulez, que nous n'etes que passif et avez un sentiment d'impuissance et que la situation vous porte au lieu d'agir sur votre environnement quand cela est pourtant vivement necessaire, on en ressort depite, degoute, agace, et surtout, fatigue. J'aurais voyage avec cet americain depuis les Chutes Victoria au Zimbabwe jusqu'a Zanzibar en Tanzanie, dont notamment 5 jours non-stop de bus locaux pour aller de la Zambie a Dar es Salaam en Tanzanie, via le Malawi... Erreintant.
Mais bizarrement, je ne le regrette pas et j'ai tire les lecons de cet enseignement inattendu. Nous avons vecu ensemble de tres bons moments, dans la douleur, mais nous avons trop accumule, nous avons voyage sans organisation, vite, trop vite, et nous sommes brules nos ailes de voyageur, et notre amitie naissante egalement. Dommage, mais je me devais de reagir. J'ai donc decide de continuer ma route seul, et c'est mieux ainsi.
C'est pourquoi je n'ai jamais tellement precise mes etats d'ames sur ce blog, d'une part par pudeur, d'autre part parce que je ne voulais pas faire etat de cette mauvaise passe dans laquelle je me suis laisse enrole (oui, je ne blame pas l'americain, j'etais la aussi). Je ne voulais alarme personne en ne communiquant presque que des choses negatives au niveau de mes emotions et ressentis. Et puis je me disais : "merde, c'est pas possible, pas possible d'en arriver la, de gacher ce debut d'experience unique pour laquelle j'ai bosse si dur pour la voir se concretiser..." Je n'ai rien dit car je ne pouvais pas accepter que ca se passe comme ca, trop dur a accepter.
Alors me voila maintenant, tout nouveau tout neuf, du moins je l'espere, pret a affronter l'inconnue indienne. Confiant. ... et Heureux !
Je vois defiler beaucoup de gens dans le cyber cafe ou j'use mes fesses depuis plusieurs heures. Et je peux observer les gens qui se succedent. Les femmes sont tres belles, tres bien habillees, parfois tres class, du petit tailleur strict a la robe chotoyante, parfois meme tres branchouille et bling bling avec ces grosses imitations de lunettes Chanel ou Dior... Ces noirs paraissent tres fiers de leur reussite, (de la reussite de l'occidentalisation de l'Afrique), parlant anglais en forcant sur un accent americain, so unatural and gross (pas naturel et exagere) mais qui est apparemment le must pour montrer a quelle classe sociale on appartient. J'ai moi meme tendance a parler anglais spontannement, je m'y sens oblige, contraint. Alors que jusqu'a maintenant, je commencais toujours par dire bonjour en swahili. C'est comme si la part culturelle du swahili etait deniee, reniee au profit d'un anglais synonyme de modernite, de reussite. Le swahili, c'est pas bien, cela montre le cote sous-developpe d'un pays et d'un continent. Tu parles swahili, t'es un bouzeux de la cambrousse, enfin, de la savane !
Mais tout modernises soient-ils, ils n'ont pas l'air encore tres aguerris a la technologie informatique et internet. Des conseilleurs-serveur-depanneurs tournent sans arret dans cette immense boutique (une bonne centaine de postes) pour sortir les usagers d'une mauvaise passe.
C'est bizarre, je me sens moins a l'aise, a nouveau dans la civilisation. On recommence a sentir le regard des autres, on sent l'importance des formules d'usage et de la morale de bienseance, on s'embrasse de maniere hyprocrite, enfin civilisee, car on n'oublie pas que la societe est un theatre ou l'on y joue en permance... Adieu la simplicite de la vie rurale, non developpee, la Vraie Vie, dure et cruelle, mais ou les gens sont encore simples et pas encore alienes a la culture urbaine, a "l'occidentalisation" de notre planete.
Mais je me rejouis de retrouver cela a nouveau en Inde !
J'entends deja les commentaires gavants du style : "he ben, il a bien change le Vincent, il est en train de devenir rasta ou altermondialiste..." Rassurez-vous, pas du tout ! Je ne suis pas (encore!) sur le point de tout plaquer pour devenir ermite en Himalaya !
Ceci etant, meme si je n'ai pas (encore) de rasta, j'ai une nouvelle coupe de cheveux !!! J'ai toujours rever de faire ca... Je me suis rase les cheveux ! Adieu ma blondeur ! Et Bonjour le vincent-ex-taulard ! Mais ma famille, qui m'a vu comme ca, trouve que ca me va pas trop mal...!
Je file vite, la nuit tombe.
mercredi 7 janvier 2009
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