samedi 31 janvier 2009

Udaipur, calme et majeste...


Hello, cela fait un bout de temps que je n'ai rien ecrit alors pour me faire pardonner, en voici une petite tartine, de quoi vous occuper un moment ! ET EN IMAGES SVP, pour la premiere fois depuis BIEN LONGTEMPS !!!


Ahmedabad, 21 janvier 2009, 22h

Je fais mes adieux à Florian, un suisse allemand avec qui j’ai passé ces deux jours dans cette cité frénétique et me dirige vers la gare dans un autorickshaw conduit par un chauffeur à l’honnêteté un peu trop zêlée. J’avais presque envie de lui dire à la fin : « Eh oh mon bonhomme, il faut quand même que tu tentes de m’arnaquer un peu, ou au moins que tu me fasses payer le prix « touriste », mais pas le prix indien ! Le comble !

Bref, je lui paye la course au même tarif que celui que j’aurais payé avec n’importe quel autre chauffeur, lui expliquant que le surplus fait office de pourboire. Il n’a pas l’air très content, peut-être un peu vexé que je ne considère pas plus et respecte son extrême honnêteté.

Je suis tout excité, et même un rien anxieux, car dans quelques instants, je prends mon premier train de nuit, en direction d’Udaipur ! Je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangé !

Le hall de la gare regorge d’une multitude de gens qui jonchent le sol en patientant entassés les uns contre les autres, souvent endormis, enveloppés de couvertures de fortune. Le tout baigné dans une lumière jaunâtre donnant à la scène un aspect assez surréaliste. Toutes les informations sont écrites en Hindi ou je-ne-sais-quelle-autre-langue indienne aux formes totalement inconnues et exotiques pour le petit occidental que je suis.

A ce propos, petite parenthèse instructive...

Il faut savoir que l’Inde recelle pas moins de 18 langues reconnues par la constitution, et plus de 1600 dialectes à travers tout le pays. Peut-être certains noms vous diront-ils quelque chose : bengali, marathi, kashmiri, nepali, sanskrit, tamil... pour les plus connus !

Plus de 50 ans après le départ des colonisateurs, l’anglais reste très largement parlé et demeure la langue officielle du judiciaire. L’hindi quant à lui est la langue officielle du gouvernement indien. Il est très répandu dans le Nord mais à peine parlé dans le Sud, et à peu près 20% de la population indienne le parle en tant que langue maternelle. Et il existe autant d’alphabets que de langues... Vous pouvez facilement imaginer l’effet produit par un immense tableau d’affichage reportant tous les noms, numéros et horaires des trains au départ de cette gare... tout écrit en Hindi ! ! !

Pour vous donner une idée des différents alphabets, au dos de tous les billets de banques, la valeur de la monnaie est écrite en 14 langues. Du CHINOIS !!

(Il me semble que l’hindi est la neuvième en partant du haut.)

Bref, le dépaysement en Inde se fait aussi par l’écriture !

Heureusement, les informations sont aussi en anglais, mais celui-ci se raréfie en dehors des grandes villes et n’est plus la langue la plus utilisée ! Les panneaux d’affichages électronique font défiler les informations en hindi : drôle d’effet ! Mais les chiffres sont les mêmes que pour nous alors on retrouve à peu près sur quel quai prendre son train !

Il existe pas moins de 4 classes « couchettes » dans les trains indiens et j’ai opté pour la plus rudimentaire, et aussi la moins chère. 15 francs pour 250 km et 9h de train ! Pô cher ! En tout, les trains indiens comptent 6 différentes classes, dont certaines présentent également des subdivisions internes... Encore un casse-tête chinois/indien, pour comprendre à quoi tout correspond...

Voici à quoi ressemble une sleeper class : d’un côté du couloir, 6 couchettes en trois et trois, dont celle du milieu se rabat dans la journée pour permettre aux passagers de s’asseoir et d’avoir un dossier. L’autre côté du couloir est pourvu de deux (parfois meme 3) couchettes disposées dans la longueur du wagon. Et toujours ces ventilateurs au plafond, quoi qu’il arrive.

Mais aucune utilité de ces engins car la nuit fut très froide. J’ai sorti ma polaire et ai dormi tout habillé, avec pantalon et chaussures. Je fais la connaissance d’un brave américain Ben, et de sa casquette des Lakers de LA... Il dort juste au dessus de moi.

L’arrivée approche, l’aurore pointe ses blanches pâleurs, je refait mon sac et le détache de sa chaîne que j’avais achetée à la gare d’Ahmedabad à un vendeur à la sauvette. Cela empêche juste de se le faire embarquer pendant son sommeil.

Brrr, quel froid sur les quais ! Il doit faire à peine 10 degrés ! Malgré cela, il y a des gens pieds-nus portant juste quelqu’ étoffe en cotton. La majorité des indiens sont emitouflés de couvertures, écharpes et turbans. C’est d’une grande élégance, en plus de sûrement tenir chaud ! La gare est excentrée de la ville et c’est un paysage montagnard composé de quelques grandes collines épurées qui nous accueille dans la lumière brumeuse de l’aube.

Nous arrivons à la guest house qu’avait retenu Ben. Elle semble un peu loin du centre d’Udaipur. Un ami du chauffeur nous a accompagné dans l’autorickshaw et parle un peu toutes les langues. Il présente bien, est jeune, beau parleur, a une belle tête, et est en fait un rabatteur non seulement pour son hotel mais aussi pour des visites de la ville. Je refuse gentiment l’invitation, mais Ben semble intéressé.

Nous partageons une chambre avec Ben, et c’est a peu près tout ce que nous partagerons ensemble pendant nos 3 jours ici à Udaipur ! Il préférait se la jouer solo. Sa visite avec le rabatteur était, sans être une arnaque, tout à fait prévisiblement de mauvaise qualité, ne voyant même pas les sites principaux !

De mon côté, j’ai préférer dormir encore un peu et prendre doucement mes marques.

La guest-house possède – comme beaucoup – un rooftop restaurant d’où la vue est magique sur le lac et les palais aux formes gracieuses.

Ici et là il y a des espaces pourvus de matelas et coussins colorés qui appellent à la relaxation et la détente. Des gens sont déjà réveillés et se prélassent dans ces cocons un livre à la main dans un paisible silence. Le soleil me réchauffe doucement puis très vite devient trop fort pour mon corps refroidi par la nuit. Je passe un petit déjeuner magique. Tout invite au calme, à la sérénité, même à la méditation pourquoi pas !


Nous sommes au paradis ici ! Après la folie d’Ahmedabad, voici la douceur d’Udaipur. Plus de klaxons harceleurs, plus de pollution, on entend même le chant des oiseaux et je vois pour la première fois depuis longtemps un VRAI ciel bleu !



Udaipur est la fameuse ville où a été tourné un célébre James Bond « Octopussy ». Contrairement à beacoup des James Bond tournés dans des studios, la majeure partie des scènes de celui-ci a été réalisée dans la ville même, sur le lac, aux abords et dans les palaces. Cela fait du coup tout drôle de s’imaginer Sean Connery fièrement piloter son cannot à moteur pour aller chercher sa douce sur les marches du prestigieux Lake Palace Hotel.



L’endroit n’en revêt que plus de mystère et d’imaginaire. Je me prends à naïvement rêver d’aventures James Bondesques où je suis le héro et déjoue les complots dans les ruelles étroites de la vieille ville.

Mais le fond musical joué par la mini-chaîne du restaurant me sort de mes divaguations intrépides pour me refondre dans une réalité fondée de calme et de douceur. J’ai maintenant l’impression d’être à Lhassa et de méditer sur ma vie au son monocorde des gigantesques trompettes des moines népalais. Mais quelle est donc cette puissance invisible d’Udaipur à nous enjoindre à tant d’imaginaire ?!

La guest-house est un vrai labyrinthe en elle-même. C’est un dédale d’escaliers, portes, couloirs et corridors, marches, plate-formes et balcons où les murs sont blancs et ornés de magnifiques peintures ou fresques aux couleurs affirmées. Je suis dans un conte des Mille et Une Nuits, c’est sûr !

Notre chambre tient également toutes ses promesses. Elle se situe dans la partie haute de l’édifice et nous y avons accès par un escalier extérieur. De ce donjon, nous surplombons les autres bâtiments nous offrant une vue imprenable sur l’Est de la ville d’un côté, et sur la vieille ville et son palais de l’autre. Le tout pour 20 francs la nuit ! Je vais me plaire ici, je le sens !

Ces 3 jours à Udaipur seront très reposants et m’auront livré les secrets de cette cité magique. L’imposant palais des mahajaras (le plus grand du Rajasthan), les venelles tortueuses et encombrées de la vieille ville, le Lake Palace, cet hotel luxueux qui recouvre complètement un bout d’île au milieu du lac, un temple indo-aryan, les marchés agités aux mille couleurs et saveurs, tout à Udaipur m’aura conquis.



Excepté la fréquentation touristique. TROP, beaucoup TROP de touristes, en plus français dans une grande partie ! Là où j’aurais supplié pour trouver des compatriotes ou même juste des compagnons de route sur les itinéraires désert(é)s de l’Afrique, ici je fuis tous ces touristes et ces français dont certains semblent ne venir en Inde que pour cette irrémédiable attirance mystique et spirituelle qui émane de certains lieux. Il y en a un qui, me parlant anglais de son affreux accent français, m’a proposé une bonne herbe à fumer, "ça aide bien dans les longs voyages"... Jusqu’à maintenant, seuls les indiens me proposaient du « haaaaasch », mais là si même les touristes s’y mettent...

Je n’ai pas aimé toutes ces enseignes publicitaires (encore peintes à la main !) surchargeant les rues qui venaient achever et compléter le travail des rabatteurs. A chaque pas, un harcelement. Et j’ai toujours eu du mal à trouver ce que je voulais (resto, rue, direction), les rues croulant sous ces fameuses enseignes et le pauvre Vincent ne voulant pas sortir son guide sous peine de se faire envahir de parasites mal intentionnés...!

Il est alors temps de partir. Je mets les voiles direction Jodhpur, nom pour moi à la résonnance mythique, et j’abandonne au petit matin du 25 janvier mon "cher ami" Ben qui aura été malade toute la nuit.

Cette fois-ci j’ai décidé de prendre le bus. Je veux tester la différence d’avec le train et voir si les bus indiens sont à la hauteur des bus africains. On m’a dit que les chauffeurs étaient des fous sur la route. Tiens, ça me rappelle quelque chose...

« Bonjour, c’est la première fois que tu prends le bus ? »

« Oui, ça l’est. Pour toi aussi ? »

« Oui, pour moi aussi. Il paraît que c’est sportif ! »

Elle, c’est Michelle, une Néo-Zélandaise qui se rend à Jodhpur.


la suite bientot, en IMAGES ! quelle class !