lundi 2 février 2009

Jodhpur, la ville bleue

Le recit est a venir, pour une fois vous aurez les photos d'abord !
Et vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir en grand.
Et aussi, soyez indugents pour toute les fote dortaugrapheu queue jeu fei deupui ledebu !


Voici le recit !

24, 25, 26 janvier : Jodhpur.

Changement radical d’atmosphère avec cette ville au nom mythique ! La ville bleue, comme on la surnomme, s’étend au pied d’un immense et impressionnant fort. Une deuxième enceinte courre en contrebas du fort et enferme la vieille ville, un véritable dédale de ruelles tortueuses bordées de maisons barriolées dans une dominante bleue. Malgré l’étroitesse des rues, l’autorickshaw se faufile entre les murs et canivaux, et moyennant quelques bons cahots qui nous secouent gentiment Michelle et moi, nous parvenons à notre guest-house, en ayant toutefois perdu toute orientation et tous repères ! Heureusement la maison possède un rooftop restaurant où nous ne manquons pas d’y grimper pour constater la vue... Et elle ne nous déçoit pas : le fort se dresse devant nous, imparable ! Quelle grandeur ! Et quel bleu partout dans la ville !

Nous remarquons une particularité architechturale dans les maisons. A tous les étages il existe de larges ouvertures dans le sol, toutes exactement situées au même endroit d’un étage à l’autre. Elles servent à donner de la lumière qui vient directement du rooftop et permettent aussi une bonne aération naturelle de la maison. C’est très intelligent et utile. Et ces ouvertures sont couvertes par de solides grilles qui servent alors de plancher et aucune place au sol n’est perdue.

Avec Michelle, nous décidons de nous rendre à pieds au fort, un peu d’exercice ne fait pas de mal, et cela nous évite d’avoir encore à marchander, chose fatiguante à la longue. Nous nous enfonçons donc, un peu au hasard, dans le labyrinthe charmant que nous proposent les jolies maisons bleues, avec pour seul guide la masse imposante du fort au loin à portée de nos yeux.

Nous croisons sur le chemin les habitants parmi lesquels les enfants sont toujours les plus accueillants et souriants. Mais trop souvent, bien trop souvent, ces mêmes adorables enfants réclament que l’on prenne une photo d’eux pour ensuite avoir une petite pièce... Du coup, je ne prends pas ces « photos-à-la-demande », c’est trop dénaturé. Je préfère capter un instant insouciant de vie quotidienne, la photo n’en est que plus belle. Mais c’est toujours un peu difficile car on a quand même toujours plus ou moins l’impression d’être voyeur et de photographier du bétail. Alors ce que je fais de temps en temps, quand les personnes voient bien mon intention de photographier, je leur demande la permission et leur montre ensuite le résultat, parfois pour leur joyeux étonnement, mais d’autres fois pour encore récolter la demande d’une petite pièce... Décidément, les indiens ont un sacré sens des affaires !

Notre chemin s’escarpe lentement et nous prenons de la hauteur. Le fort nous surplombe et le soleil aide à chauffer nos muscles endormis. Bientôt nous enjambons de grandes marches faites de grosses pierres et celles-ci nous conduisent directement à l’entrée du fort. Même d’ici, la vue est magnifique sur la ville.


Le fort est tout aussi impressionnant de l’intérieur. Il y a un tel travail de la pierre. Tout est finement ciselé, taillé, poncé et donne à l’ensemble une fière allure. C’est assez indéfinissable car le style est de moi inconnu mais c’est beau !






Il y a beaucoup de touristes indiens. Entre occidentaux et indiens, je ne sais pas lequel de ces groupes dévisage le plus l’autre. Nous, prenons des photos d’eux, toutes ces couleurs, ces turbans et saris exotisent notre champ de vision, mais eux, prennent également des photos de nous ! De manière plus ou moins délicate... Ce n’est pas toujours très agréable et cela donne à réfléchir sur ce même acte que nous faisons envers eux.

Ce petit jeu de la photographie se retrouve aussi au niveau du regard. Les indiens dévisagent les occidentaux de manière très persistante. C’en est presque gênant parfois. Du coup, même remise en question que pour la photgographie : est-ce que moi aussi le « blanc » je les dévisage à ce point ?

Peut-être...Sûrement même... Mais je crois à cette différence près que les Indiens le font comme un défi, gonflés d’orgueil ou de fierté, où très souvent, la fin de ce regard porté à l’occidental se termine par un rire moqueur d’une ostensibilité flagrante.

Nous poursuivons notre tour du fort en empruntant le large chemin de ronde et admirons la prodigieuse vue qui bée au delà des crenaux et des canons. Puis nos pas nous mènent à une autre sortie absolument désertée de touristes et nous pénétrons dans des quartiers populaires mais calmes où nous trouvons un contact chaleureux avec les habitants. Pas d’harcelements, pas de vendeurs agressifs, pas de touristes, mais des « vrais gens » qui nous saluent simplement alors que nous évoluons au milieu de leur quotidien dans la rue.

Que c’est agréable ! Je passe, et Michelle aussi, un excellent moment. Au détour d’une maison d’un bleu écarlate, des enfants jouent au criquet, nous barrant ainsi provisoirement le passage. Ils nous proposent spontannément de nous joindre à eux, ce que nous faisons avec plaisir ! Michelle passe la première et effectue son lancer, ce lancer si typique du cricket ou il faut faire des moulinets de l’arrière vers l’avant et finalement lacher la balle en étant complètement penché en avant. Le batteur frappe, la balle fuse, ricoche sur deux-trois murs et finalement atterrit dans une flaque encombrée de déchets : un des gamins la ramasse et me la colle directement dans la main : « Hum, charming ! » Qu’importe, j’improvise à mon tour un lancer avec un style bien débutant mais qui finalement portera ses fruits : ma balle sera trop difficile à frapper ! OUIII, l’équipe des blancs remporte la manche de justesse ! BRAVO !

C’était vraiment drôle et touchant et surtout réciproque. Tous les enfants et ado qui assistaient à la partie rigolaient de bon coeur et les adultes regardaient cela avec un oeil bienveillant et rieur. Nous poursuivons notre route, heureux d’avoir partagé ce moment très simple et authentique avec des Indiens.


Le lendemain, nous nous levons tôt pour aller au « Booking reservation office » pour prendre nos billets de train pour Jaisalmer. Un des inconvénients du train en Inde, c’est qu’il faut toujours s’y prendre à l’avance pour avoir une chance d’avoir une place. Il faut donc pratiquement toujours retourner à la gare le lendemain de son arrivée pour prendre son ticket pour repartir un ou deux jours après. C’est un peu fastidieux car du coup on passe beaucoup de temps dans les gares et ses looongues files d’attente. Files d’attente indiennes elles-aussi ! C’est-à-dire qu’on ne fait la queue en Inde, en « file indienne » comme in dit ici. Je ne sais pas d’où vient cette expression mais le mec qui l’a inventé ne s’est sans aucun doute jamais rendu en Inde : ici, faire la queue, c’est faire un tas ! On fait la queue sur les côtés, histoire de gratter au passage tous ces couyons d’étrangers, et on surtout, on se COLLE à la personne devant soi pour justement ne pas laisser une maigre chance de se faire doubler, et aussi j’imagine, tenter d’asphyxier deux-trois personnes au passage et ainsi gagner encore un peu plus de temps... ! Cette description n’est pas exagérée !

Nous avons de la chance car il n’y a personne. Cela fait un bout de temps que je remarque que les Indiens ne se lèvent pas tôt. En Afrique à 6h du mat’ ils sont tous sur le pied de guerre, ici les échoppes et même les marchés ouvrent timidement leur rideaux à partir de 9h30 10h00... Très étonnant.


Une fois notre billet en poche et après un contact toujours glacial et méprisant avec ces bureaucrates indiens (parfois je regrette presque nos gentils fonctionnaires !), nous nous dirigeons vers « Clock Tower » et son marché qui satellitte autour d’elle et dans les rues avoisinantes. Il n’y a donc encore pas grand monde et nous assistons à l’éveil de ce monde à part. C’est magique !


Ici des enfants en uniforme blanc et rouge qui vont à l’école, là des conducteurs d’autorickshaws en train de deviser avant les premiers clients dans la brise matinale, un verre de « chai » (prononcer tchaï) à la main [ le chai est un thé sucré assez épais mélangé avec du lait et du caramel : c’est ultra bon !], là encore c’est une petite vieille qui installe ses 3 régiments de bananes sur une toile de jutte à même le sol.... Nous sommes conquis !

Sans oublier les vaches, omniprésentes.





L'imposant fort de Jodhpur, avec son temple a l'interieur.


Scenes de la vie quotidienne pres du marche, le Bazaar en Inde.



En allant a Clock Tower et la place du Marche, un magnifique elephant faisant sa place au milieu du traffic !



2 commentaires:

Anonyme a dit…

Il n'y a pas tant de fautes d'orthographe que ça, parole d'orthophoniste !
C'est quand même plus sympa avec des photos, surtout qu'elles sont excellentes. Ca fait vraiment envie.
Quand on lit ce que tu racontes sur la propreté des indiens, cela explique vraiment le décalage que vivaient tous les étudiants en coloc à Manchester avec des indiens. Pierre nous avait envoyé plusieurs photos assez gratinées de l'état de l'appartement, il en a bavé et pourtant on ne peut pas dire qu'il soit lui-même un modèle d'ordre ni un fana maniaque du ménage...
Je viens de recevoir à l'instant tes deux derniers messages, tu es peut-être encore en ligne en même temps que moi, je te fais donc de gros, gros bisous, presque en direct.
Capucine

Anonyme a dit…

Bah alors? Pas de news sur ton blog depuis le 2 février?! A quand les prochaines aventures de Vince?
Plein de poutoupoutous,
Ta P'tite Mère