Nous marchons vite sur cette portion de trek et arrivons après la traversée "périlleuse" d'un pont suspendu - mon premier - au "campamento italiano", campement qui signe le début d'une autre vallée, "valle del frances", la vallée du français ! Cette vallée promet d'être SOMPTUEUSE, of course !!!
Et elle le fut ! Encore un glacier, plus petit mais dont nous avions une meilleure vue car plus proches, une diversité de paysages, des ruisseaux, des cascades, de vrais arbres pas morts ! bref, une vallée qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à un ptit coin d'Alpes françaises, d'ou peut-être son nom, qu'elle portait si bien !
Les paquets de neige sur la montagne, prémisses impressionnants d'un glacier en contre-bas.
Derrière nous, le regard se perd dans une immensité montagneuse alpine.
Pour la postérité !!
Nous rebroussons chemin et n'allons pas au fond de cette vallée, non pas à cause de mes jambes cette fois-ci, mais par manque de temps : le prochain refuge est encore à quelques heures de marche en dehors de cette vallée.
Le temps est magnifique et c'est en T-Shirt que nous continuons notre progression !
Nous arrivons sans encombre au refuge "Los Cuernos" qui remplit enfin, à notre grande joie, toutes les caractéristiques d'un refuge de montagne : mur en bois, gros poêle pour se chauffer, dortoirs avec des lits superposés, de parfois 3 étages !!! Et un bon accueil des maîtres des lieux : un vrai bonheur !
L'étape du lendemain doit nous mener dans la troisième et dernière vallée, la fameuse vallée qui recueille en son sein les fameuses et prestigieuses "Torres". Il faut prévoir 5h de marche pour arriver au refuge (fermé) du "Chileno", où nous prévoyons de passer le reste de la journée et la nuit. Les paysages de rêve se succèdent.
Et les nuages ont cette forme si caractéristique, signe d'un vent toujours aussi fort !
Arrivés à une intersection, Alessandro et moi choisissons chacun notre chemin en se disant "à tout à l'heure" ! Nous étions à des lieues de nous douter de ce qui allait se passer. Il s'avéra que j'avais pris une espèce de raccourci, qui me mena à un passage délicat car complètement marécageux (j'y ai mouillé les chaussures, un bon moyen de mettre à l'épreuve le gore-tex!!) tandis qu'Alessandro suivait fidèlement le chemin classique.
Mais plus loin, alors que je l'attendais sur un pic rocheux en proie aux souffleries éoliennes et surplombant la vallée et le chemin de randonnée, je finis par le voir tout au loin, avancer de sa taille microscopique dans cette nature somptueuse. Malheureusement il se trompât et manquât le chemin pour me rejoindre : il descendait directement vers un autre refuge-hôtel, en bas de la vallée, se rajoutant au bas mot 1 à 2 heures de marche en plus.... Mes hurlements et sifflets se perdaient dans le vent.
C'est finalement au refuge "El Chileno", dans la dernière vallée du W que nous nous retrouvâmes, heureux de retrouver une chaleur humaine dans ce froid presque polaire !
Nous redoutions une fois de plus la nuit pour son vent délirant et le froid...
L'histoire s'avéra toute autre ! Pas un floppement de tente, pas un frémissement de branche d'arbre, la nuit fut d'un calme olympien, même s'il fît froid. La surprise fut totale au moment de sortir de la tente. Nous avions mis notre réveil à 6h du matin, pour avoir le temps de monter au mirador pour voir le lever de soleil sur les Tours, notre raison de marcher depuis maintenant 4 jours. C'est donc dans l'obscurité que nous découvrîmes les yeux plein de stupeur, notre camp de base envahi par une fine mais persistante couche de neige. Tout était blanc, enfin gris dans cette pénombre pré-aurorale !
Malgré la beauté du spectacle, nous avons déchantés, surtout moi, rapidement... Neige au sol, neige tombant sans discontinuer, ciel chargé... Tout cela laissait augurer un mauvais présage quand à notre ascencion finale aux Tours. Alessandro était plutôt confiant, et a d'ailleurs tenté un début de chemin, alors que je attendrais sagement son retour dans la tente !
Mais le voilà revenu quelques minutes après... Opération "Torres del Paine" abortée...Quelle tristesse, après tous ces efforts, ces longues heures de marche, le trek s'arrête là, au pied des Tours, imposantes de leur masse granitique, que l'on aperçoit furtivement en coup de vent dans les nuages et la neige.
Il faut renoncer, nous pensons aux trekkeurs rencontrés la veille et qui eux, avaient décidé d'aller dormir là-haut, au campement le plus proche du mirador... Leur tente doit être un igloo après cette nuit et eux, des glaçons !
Allez hop, un petit coup de lait chaud pour se mettre en condition de redescendre, Alessandro se gèle les mains à faire la vaisselle dans l'eau du torrent - le fou ! et nous voilà partis pour l'ultime descente, l'ultime jour, l'ultime marche, où je me retournerais souvent, le coeur gros, pour voir la silhouette majestueuse et la tête toujours dans les nuages - et la neige - de ces montagnes insaisissables de Patagonie.
2 commentaires:
Ouahhhhhhhhouuuuuuuuuuh...Ca faisait trop longtemps que je n'avais pas pu lire ton récit. Expèrience fabuleuse, tu peux pas savoir comme à chaque fois que je te lis j'ai envie de voyager. I am in England where I am working in an inn as a waitress. I miss uuuu so much my couz. Almost here!
Loves
C'était Constance d'ailleurs
HAHAHA
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