jeudi 10 décembre 2009

La fin, le retour, le début.. Le cycle recommence !

Cela fait maintenant un peu plus d'un mois que je suis rentré de mon tour du monde.
Que dire ? Qu'en dire ? Qu'en penser ?
Pas évident encore aujourd'hui de répondre aux fameuses questions, pourtant légitimes : "Alors, comment c'était?", ou encore : "quel est ton pays préféré?", ou bien tout simplement : "comment vas-tu ?"....
Il y aurait tellement de choses à dire, et en même temps : rien. "Mais foutez-moi la paix" semble dire une petite voix, tandis qu'une autre résonne "Mais occupez-vous donc un peu de moi" !
Je pourrai écrire des chapitres entiers, une encyclopédie en 5 volumes, alors je vais essayer de résumer un peu ma pensée du moment.

Le retour a été pour moi incroyablement plus difficile que ce à quoi je m'attendais.
Atterrir à "le Mans-ville" juste après l'immensité grandiose des States et New-York, rentrer chez ses parents après un an de vagabondage un rien bohème et mondial, plonger dans une statique aiguë et pré-hivernale après avoir été en perpétuel mouvement à travers une vingtaine de pays, se confronter à une vie routinière quand on a changé de mode de vie tout au long du chemin, croyez-moi, le retour est bien ce qui constitue l'étape la plus difficile dans l'accomplissement d'un tel voyage.

Je m'étais pourtant préparé au retour, du moins dans ma tête, j'avais anticipé, comme tout bon obsessionnel qui se respecte, tout ce à quoi j'allais devoir faire face, j'avais bien conscience que la fête allait se finir... Mais, rien n'y a fait, l'épreuve de la réalité reprend une fois de plus le dessus et agit tel un rouleau compresseur sur notre pauvre petite personne, son moral, ses rêves, son aventure qu'elle vient de vivre si intensément.

Au lieu de me transporter à tous les niveaux, l'expérience acquise de cette grande aventure, en contact avec ma "nouvelle ancienne" vie, a eu plutôt l'effet inverse : la déprime, le sentiment d'incompréhension, le besoin de repli sur soi, et surtout l'incapacité à PARTAGER cette expérience, même avec les gens les plus proches.
Alors certes, on peut raconter des histoires, de gentilles anecdotes pittoresques ou frémissantes qui ravissent votre auditoire, mais le fond de tout ça est tout à fait indicible et "impartageable" à l'autre, ce qui vous laisse dans un désarroi très net face à l'impossibilité que l'autre a de comprendre émotionnellement votre histoire (même s'il peut la comprendre intellectuellement).

Impression d'une extrême solitude dans mon discours, dans ce que je pouvais raconter et donc revivre par les mots, impossibilité même parfois de savoir ce que je voulais dire ou/et même penser, frustration de ne pas pouvoir justement faire "passer tout ça", délicates attentions de l'entourage qui tombent à l'eau en raison de leur inadaptation... C'était beaucoup trop de choses à élaborer pour le cerveau de Vincent encore tout investi d'images, de sentiments, de passion, de magie qui l'ont accompagné autour du monde dans cette grande expérience de vie.

Quand on voyage, littéralement, on est sur une autre planète, on vit dans un autre monde. On évolue dans une autre dimension où notre quotidien est juste idyllique : rencontrer de nouvelles personnes, des nouveaux lieux, villes, monuments ; se faire des amis et prendre du bon-temps avec eux ; l'absence de travail ; l'absence de responsabilités ; la "grande difficulté" à se faire plaisir dans un cadre en général magnifique : c'est ça la réalité du voyage, avec bien sûr son lot d'imprévus, de galères, de risques et de danger, mais finalement, quand on y pense, ni plus ni moins que partout ailleurs dans sa ville et son pays !

Alors c'est vrai que repasser de ceci à notre vie d'avant... Pffiou, c'est dur !

Aujourd'hui, malheureusement dans un sens, je me suis bien réadapté, voire même totalement : je ne suis plus choqué ou surpris d'entendre tout le monde parler français autour de moi à la maison et surtout dans la rue, je ne me demande plus où je vais dormir ce soir, je n'ai plus de resto bon marché et local à rechercher pour casser la croûte... Et je me suis débarrassé de toute la paperasse administrative ou autre qui m'attendait (banque, sécu, assurances...).

Du coup, en ayant cette impression d'avoir fait un peu le tri dans ce qui s'est accumulé ici au cours de mon absence, de m'être réadapté à la vie d'ici, d'avoir rangé/trié/jeté/classé mes affaires qui étaient ma maison pendant mon voyage, je me suis timidement mis à la recherche de boulot dans mon domaine : la psycho.

Une autre paire de manches. Et j'ai bien peur que pour moi ceci représente un challenge bien plus difficile et plus dur à atteindre que ce projet (et sa réalisation) de tour du monde...

On verra bien.

Je suis donc toujours chez mes parents au Mans, en attendant de trouver du boulot à Paris et de m'y installer. On peut toujours rêver.

Et moi je rêve toujours de repartir, oui, bien sûr ! J'en rêve ! C'est devenu un peu comme une drogue. Le grand idéaliste et romantique que je suis a enfin trouvé de quoi nourrir ses besoins éperdus d'infini, de beau, et de grands sentiments.
Si la psycho ne marche pas, je sais où aller.

Et mon voyage ? Son récit ? Et bien, je vais tenter de poster à nouveau quelques articles sur mon blog, retraçant la fin de mon voyage (Bolivie, Pérou, Mexique et Etats-Unis) et sinon, j'ai le projet, encore un peu fou et flou, d'écrire un livre, enfin des mémoires, mon carnet de voyage quoi, pour moi pas pour tel éditeur (je n'en ai pas la prétention, ni les moyens !). Cela me permettra de mettre par écrit ce que j'ai vécu, des moments forts de mon voyage, pour que je puisse enfin et véritablement plus partager et transmettre cette aventure, et l'immortaliser !

A bientôt !

4 commentaires:

Unknown a dit…

Comme je te comprends Vincent, car tu exprimes très bien ce que tu ressents, et comme je ne te comprends pas... car en effet je n'ai pas vécu que ce tu as vécu et notamment le fait que tu étais sur un autre monde pendant 1 an ! C'est tout le paradoxe ô combien difficile à gérer pour ce retour.
Accroche toi à ton idée d'écrire car tu as vraiment une bonne plume.
A bientôt et bon courage !!
Bises
MB

Tibounze a dit…

Yeah yeah yeah ça repart !
J'attends avec impatience les prochains articles, de même que le livre :-)
Et puis de te voir, pour que tu me racontes toutes les anecdotes qui ne me permettront pas de te comprendre, mais que je veux quand même entendre !

Bon courage couz'

Thib

anneso a dit…

bravo et merci Vince de nous avoir fait un peu voyager à tes cotés pendant un an, grace à ta plume fidèle sur ce blog!
et n'hésite pas à te lancer dans la rédaction des 5 volumes ! Si j'étais éditeur, je te ferai volontiers une promo de folie.... ton talent a de l'avenir !

@ plous

Unknown a dit…

;-)