samedi 28 février 2009

Varanasi ou l'overdose indienne...

Varanasi, vue générale des ghats.


Varanasi aura marqué le premier coup de gueule contre les Indiens et une première over-dose du pays.

Une 'agression' verbale près du 'burning ghat' par un mec qui m'obligeait à faire une donation (ce à quoi je lui ai répondu qu'en général une donation était affranchie de toute obligation) m'aura plongé dans un état de vulnérabilité patent, ou plutôt cette agression aura fait voler en éclat la carapace que tout un chacun se fait quand il va en Inde. Du coup, j'avais le sentiment que j'étais à la portée de tous ces harceleurs, quémandeurs, quêteurs, et qu'ils ne voyaient que trop mon état de vulnérabilité...

Déjà le premier contact avec la ville était costaud. Je descendais du train et me dirigeais vers la sortie quand mon regard s'est fait accroché par l'image choquante d'une vieille dame toute frêle en train quêter sur les quais, les pieds et mains dans un état catastrophique (je pensais qu'ils avaient déjà gangrenné un peu), la main a peu près tendue dans un dernier élan de force, la tête s'affaissant un peu plus sur ses genoux en tailleur à chaque expiration... Son dernier soupir me semblait imminent et je n'ai pu soutenir mon regard plus longtemps dans sa direction, le flux de la foule me dirigeant vers la sortie... Quelle horreur, c'est l'image la plus dure que j'ai eu à souffrir ici en Inde.

On dit de Varanasi (anciennement Bénares) qu'elle est le berceau de l'humanité, la ville la plus vieille du monde. Elle est traversée par le Gange, le fleuve sacré des Indiens. C'est donc un lieu de pèlerinage très connu et visité.

La ville attire par conséquent de nombreux pèlerins et touristes étrangers, curieux de voir les scènes de vie et de purification sur les ghats ou pris dans un quête mystico-spirituelle qu'ils mettent au travail dans cette ville sainte.

Du coup, le tourisme attire également son lot de quémandeurs, vendeurs, arnaqueurs etc... et jamais ailleurs qu'ici je ne me suis senti à ce point envahi et harcelé de toute part. C'était très pénible, à tel point que j'en étais effrayé de sortir dans la rue et sur les ghats... Ma première vision des ghats (ces escaliers pourvus de grandes marches qui descendent et viennent mourir dans le Gange) était terrifiante et grandiose à la fois. Ma guest-house se situait en retrait du burning ghat, le ghat où se passaient les crémations ; crémations qui se font ici sur de simples bûchers et qui sont publiques. Les photos sont interdites, bien entendu, sauf si vous faites une petite donation, comme me l'assénait ce pauv'type, auquel cas vous aurez le droit d'aller partout et de prendre autant de photos que vous voulez. Pfff, 'holy site holy site' mon cul oui. Tout est bon et prétexte à se faire des tunes.
Il m'a complètement bloqué et paralysé, physiquement et psychologiquement. Il m'a forcé à subir une imposition des mains, une sorte de bénédiction faite par une p'tite vieille soit-disant infirmière toute branlante et repoussante, à moitié aveugle. Et bien sûr ensuite il voulait que je lui fasse une donation, encore et encore... J'ai finalement réussi à m'échapper de son emprise, tellement je bouillais intérieurement contre un con pareil et furieux contre moi-même de m'être laissé embobiné et apeuré comme ça... Alors que je m'éloignais de lui, il m'a lancé, dans un dernier espoir de se voir doté d'une donation ou de comforter son ascendant psychologique : "Something bad, really bad happen to you in India"...
Je ne suis bien sûr pas supersticieux mais il a quand même réussi à me foutre la trouille ce connard...

Heureusement, un belge rencontré dans le train, qui étais aussi à Agra en même temps que moi, sans que pour autant nous ayions eu l'opportunité d'y sympathiser, est venu me trouver à ma guest-house et nous avons passé pratiquement toute une journée ensemble, et je dois dire que cela a un peu 'sauvé' mon séjour ici à Varanasi... Merci Olivier !



Donc Varanasi ne me laissera pas un souvenir extra, même si c'est une ville absolument sidérante, pétrie de temples innombrables, de ruelles labyrinthiques (où je ne faisais que m'y perdre pendant des heures, tentant de retrouver mon chemin pour cette maudite guest-house), parcourue de vieux sadduhs, des sages avec qui l'on peut apparemment passer des heures à converser sur la vie, la religion etc..., baignée de beaucoup de couleurs encore, et emprise d'une circulation innommable dans la nouvelle ville où les piétons se retrouvaient parfois eux aussi coincés dans le traffic !!

OVER-DOSE !
Les nuages de pollution : STOP !
Les ruelles étroites dégueulasses avec les vaches, leurs bouses, les ordures et les odeurs : STOP !
Les coups de klaxon dans ces mêmes ruelles qui vrillent les tympans: STOP !
Les galères pour (re)trouver son chemin dans ce labyrinthe insondable : STOP !
Les crachas précédés de raclement de gorge immondes et les rots intempestifs pratiqués indifféremment par hommes et femmes : STOP !
Les chambres de merde à 100 Rs (10 balles) où je touche les 4 murs allongé sur un lit avec un matelas inexistant : STOP !
Les Indiens qui vous accostent perpétuellement tous les 20 cm pour tenter de vous vendre un massage (ils vous en font souvent une démo gratos sur vous mais sans votre consentement...), des cartes postales (souvent des gosses qui les vendent), des bijoux en tous genre, des "boat-trips", une course en rickshaw, du "haaaaasch", une chambre vraiment pas chère, un "resto-où-tous-les-plats-qu'ils-sont-bons", encore un massage, trois propositions de boat-trip en même temps, des bijoux..... Mais oh mon Dieu je n'ai marché que 10 mètres... AHHHHRGGG STOOOOOOOOOOOP . . .

Il faut que je parte, vite, très vite ou bien je vais devenir fou et un sale con à devenir un odieux touriste qui ne respecte pas les habitants du pays qu'il visite... Mais pour aller où ? J'ai déjà presque fini le parcours que je voulais faire en Inde alors qu'il me reste encore 3 semaines devant moi... Suis allé trop vite sans aucun doute. Et le résultat est que je suis fatigué, énervé, aigri, et à fleur de peau. Je veux aller à Calcutta, c'est encore un nom mythique pour moi, mais c'est peut-être pas une bonne idée sachant que c'est la ville la plus peuplée d'Inde (20 millions) et que ça doit être un sacré bordel... Et le Sud alors ? Parait que c'est plus soft que le Nord ? Oui mais c'est loin et long pour y aller... Ohhh, que faire ?

En tentant de m'échapper à tout prix et au plus vite de ce guêpier, j'ai trouvé sur internet un vol Calcutta-Chennai (Madras) à 1 roupie !!! Avec les taxes, cela me revenait à 30 €, ce qui était le même prix qu'un Calcutta-Chennai en train 'air conditionné' qui aurait mis 33h alors que l'avion en aura mis 2 !

Il suffisait de trouver un train pour Calcutta (nouveau nom Kolkata) mais impossible car ils étaient tous plein, cette ligne étant très touristique. C'était aussi sans compter les pannes de courant qui ne me facilitait pas la tâche pour trouver un moyen de déguerpir au plus vite. Varanasi s'acharne contre moi, je suis damné !
Tant pis, je vais être obligé de passer une nuit et une journée de plus ici.


Autres photos :

vue de ma guest-house.

vue sur le Gange.




Kolkata, le surlendemain après-midi.
Ouf, j'ai failli ne jamais arriver. A la gare de Varanasi hier soir, mon train avait du retard. J'ai rencontré un certain Julien qui lui voulait aller à Amristar, pointe Nord ouest de l'Inde, frontière avec le Pakistan. 24h de train, en sleeper heureusement. Seulement, son train avait 10h de retard quand moi je suis arrivé vers 18h à la gare... Il pétait les plombs... D'autant plus que toutes les heures, on lui disait que son train n'avait qu'une heure de retard... On lui a fait le coup 10 fois... Il devait partir à 8h du mat', il était 6h du soir... Et il commençât à se produire le même schéma pour moi. A 7h et des brouettes, le train n'est pas arrivé comme pourtant prévu et il est reporté une heure plus tard. A 8h toujours rien, prévu pour 9h etc....
Finalement Julien tout comme moi prendrons nos trains et nos retards respectifs et nous partirons chacun de notre côté.

J'arrive à Kolkata dans la chaleur de l'après-midi et je peux de nouveau sentir une bonne humidité que je n'avais plus connue depuis longtemps.
La gare est immense et je traverse encore ces scènes de personnes entassées et couchées sur le sol dont je commence à avoir l'habitude. Je me dirige vers la fleuve. En effet le quartier où je veux me rendre, de même que le centre de Calcutta se trouvent de l'autre côté et il faut traverser avec un 'ferry'. Je tenais à m'y rendre par mes propres moyens car prendre un taxi ou un rickshaw aurait été une solution économiquement pas routarde vu la longueur du trajet ; de plus, je me dis que prendre un ferry à Calcutta pour traverser la rivière peut être une bonne expérience de routard... ! Qu'est-ce que je n'avais pas dit... ! ! !

J'arrive le jour même où a lieu un énorme meeting communiste qui rassemble une foule immense qui déferle un peu partout dans les rues, la gare et ses abords, les pontons pour le ferry etc... véhiculant partout le célèbre drapeau rouge. "Vincent, est-ce une si bonne idée que cela le ferry ?"

Qu'à cela ne tienne, je n'écoute que mon esprit 'aventurier'. Je VEUX le faire, je LE ferais.
Je mets 20 minutes à trouver le guichet approprié pour acheter mon ticket à 4 Rs (40 centimes de francs) et me fait happer par le flux rouge que des grilles, qui servent à la régulation du mouvement, vomissent de manière discontinue en direction de la jetée... Je commence à comprendre ce dans quoi je me suis fourré et l'embarquement du précédent ferry que je vois sous mes yeux me place les choses bien en face...!
"tu vois un peu ce qui t'attend" semblent vouloir me dirent deux indiens qui me dévisagent délibérément et sans gêne alors que leurs visages arborent des rires narquois... Ils viennent pourtant me parler et me faire passer le sempiternel 'test-indien-pour-touriste' : "Where are you from", "what country", "what age", what's your name" ? etc etc...

Une fois répondu à toutes les questions, le touriste se voit gratifié d'un regard ou d'un sourire miéleux approbateur, comme si nous avions besoin de passer le test correctement et d'avoir le consentement de ces civils-qui-se-la-joue-policiers-qui-se-mêlent-de-tout pour pouvoir continuer notre route !
Sur quoi le ferry arrive. J'ai déjà eu le temps de bien transpirer à attendre 10 minutes au soleil et la perspective de finir encore plus trempé ne m'effraie pas le moins du monde. Ce qui me turlupine, c'est "bordel, comment je vais arriver à monter là-dedans"...! J'ai vu comment ça se passait avec le précédent ferry et je pourrai résumer la chose en deux mots : "à l'ABOOORDAAAGE" ! ! !

Quand il s'agit de prendre ou de trouver une place dans un transport public, les Indiens deviennent complètement hystériques et un comportement archaïque et bestial, que l'on pourrait dire synonyme de "spécialiste d'opérations commando", prends le relai de la conscience chez l'Indien tout venant. Une véritable ruée s'opère alors même que le ferry n'ait encore véritablement accosté. Celui-ci est littéralement pris d'assaut, les gens se jetent sur le pont, par dessus et au travers des barrières, grimpent, piétinnent, escaladent, s'accrochent à tout ce qu'ils trouvent pour monter à bord... Moi qui n'était pas en première ligne, je constate l'étendue de la chose, sentant la foule pousser derrière et autour de moi et commençant à légèrement paniquer... Mieux vaut éviter la claustrophobie.

J'empoigne du mieux que je peux mon gros sac à bout de bras car je me suis arnaché de mon petit sur le dos. La fin du quai est là, je la vois. Le ferry n'est pas pas complètement collé au ponton. C'est trop dangereux. La foule pousse toujours plus fort, mon champ de vision est envahi de gens qui sautent, des mains, de têtes, de cris, de corps bousculés-qui-se-bousculent, grimpent, et se marchent dessus... J'ai compris, je suis en temps de guerre et l'assaut vient d'être lancé...

Je n'ai même pas tant de peine que cela à porter mon sac qui est véhiculé par la foule en délire. Je pose un pied sur le bateau. Mais celui-ci par les mouvements de l'eau, se retire et je commence à sentir mes jambes faire le grand écart. J'ai un bras qui s'aggripe je-ne-sais-où tandis que l'autre est resté prisonnier de la foule qui ressert sa folle étreinte sur mon gros sac. Le bateau revient. Je saisis cette ultime opportunité pour rassembler mes forces. Je prends appui comme je le peux n'importe où, c'est-à-dire sur les gens qui m'entoure, et dans un dernier effort combiné qui m'arrache un cri - le cri féroce du combattant ! - je pousse sur mes jambes pour me hisser sur le bateau tout en m'agrippant d'un bras sur des gens et ramenant l'autre vers moi pour extraire les 18kg de mon sac à la foule compactée.

Je ne sais pas combien de personnes j'ai écrasées et il doit bien en avoir une bonne trentaine à l'eau, mais qu'importe ! Je suis sur le ferry, j'ai une place debout (un bout de 20 cm² tout tassé) et mes sacs avec moi. La scène à duré 10 secondes !

Calcutta, quelle introduction ! Le guide de voyage Lonely Planet disait qu'il fallait mieux éviter de prendre le ferry aux heures de pointes... J'ai compris ! Et en cas de meeting communiste ?!

Mon regard croise par hasard ceux des Indiens qui me narguaient sur le quai et je comprends maintenant pleinement le sens de ce dévisagement moqueur : "Ah regardez moi ce touriste, il est bien malin, il n'arrivera jamais à prendre le ferry ! S'il savait ce qui l'attend ! Haha ! On va bien rigoler !"
Là, leur regard était différent. Il semblait vouloir dire : "bravo mon gars, tu l'as fait, chapeau, on ne donnait pas cher de ta peau". Et nous hôchons simultanément la tête pour nous saluer et saluer notre succès dans l'abordage du ferry !!

Le reste de mon court séjour à Calcutta ne sera pas des plus excitants ! Une chambre vraiment pourrie dans un hotel tenu par des Indiens charmants, des restos un peu chers et mon premier KFC (autre grande chaîne de fast-food américain spécialisée dans le poulet), des travaux et beaucoup de poussière polluée et d'encombrements dans la rue de mon hôtel, et une "ballade" alentours pour le coup édifiante : le nombre de gens qui dorment et vivent sur les trottoirs, à deux pas du quartier réputé touristique, est hallucinant : parfois des trottoirs entiers sont pris en siège par ces malheureuses personnes. On ne peut plus y circuler. J'ai été très touché par tant de pauvreté et de véritable misère humaine. Bombay, sur des mêmes critères de comparaison, est beaucoup plus propre et moins pauvre.

Et je ne suis même pas allé dans les quartiers pauvres, sans parler des bidons-villes... J'ai aussi vu ces rickshaws humains, ou "pédo-rickshaws", ces hommes qui tractent en courant ou marchant, parfois pieds-nus, leurs clients dans ces espèces de charette décapotables....
Calcutta n'aura pas failli à l'image que je m'étais faite d'elle.

L'arrivée dans l'aéroport domestique aura été une vraie bouffée d'air frais dans tous les sens du terme : air conditionné, propreté et espace, calme (tout relatif)... Ahhhh, que c'est agréable d'avoir un moment de répis !

Mais que donc me réserve le Sud ?

Des News !

Oui Helo, tu as raison je suis bien a la bourre... Mon dieu, j'ai pris un mois de retard ? C'est pas possible...
Alors pour ratrapper un peu tout ca, voici trois articles sur 3 autres villes apres Jodhpur : Jaisalmer, Jaipur et Agra.
Il me restera encore a vous raconter deux etapes au nord (Varanasi et Calcutta) et puis le Sud ! J'y travaille !
La bizzz

Agra et le Taj Mahal

Agra, la ville du Taj Mahal. Là, c’est un de moments très attendu de tout voyage en Inde, quoi qu’on en dise. Le Taj, c’est mythique ! A peine arrivé dans le quartier du Taj, je distingue quelque blanches coupoles et suis presque déçu d’avoir le mythe déjà en partie dévoilé. Je baisse la tête pour ne pas en voir d’avantage, et je suis surpris qu’il soit aussi proche des habitations. J’arrive à mon hotel. Après une bonne négociation de tarif de chambre, je monte dare-dare sur le roof-top et là je me prends un coup sur le crâne. Le Taj.... Wouhaaaaaouuuuhhh !


C’est trop beau ! Et trop blanc aussi ! Mes yeux sont éblouis par tant d’immaculé ! Je file tout droit vers une autre guest-house supposée avoir la meilleure vue sur le Taj. C’est vrai, c’est mieux que de mon hotel, mais c’est aussi plus touristique.




Un serveur prend ma commande. Et je fais la connaissance d’Australiens, encore ? De Melbourne, encore ?!! Ils sont partout !
Gary et Tahlia sont père et fille (une petite cinquataine et une ado de 15ans) et sont venus en Inde pour assister à un mariage à Chennai (Madras). Il leur restait ensuite 3 semaines à vadrouiller dans le pays. Agra est leur avant dernière destination. Ils sont a-do-rables et j’ai énormément apprécié leur compagnie pendant ces deux jours à Agra. Je les reverrai en Australie, pour sûr ! J’adore les Australiens, je n’ai eu que de très bonnes recontres jusqu’à présent.

Le lendemain, nous prévoyons avec G&T d’aller visiter le Taj, chacun à notre façon. En effet je refuse de payer 750 roupies pour avoir le privilège de rentrer dans l’enceinte du Taj, alors que les Indiens ne payent que 20 roupies (75 contre 2 francs). Il faut en plus ajouter 25 roupies par appareil photo et l’entrée s’apparente à un contrôle aussi minitieux et rigoureux que ridicule. Le Taj est sur-protégé et ils ont peur d’un attentat à la bombe. C’est vrai que j’en planque une dans mon sac. Donc, par principe, je ne rentrerai pas dans le Taj. Mais je crois que ça en vaut vraiment le coup, si vous n’avez pas ces manières !

Moi, je vais me faire ça... « à la routarde ». Je me suis pourtant levé tôt pour accompagner G&T au guichet à la porte Est du Taj. Nous sommes heureusement les premiers (vu l’heure indécente de matinalerie !) mais très très vite nous sommes rejoint par ces groupes entiers de touristes ! Des espagnols, des cars de japs, des anglais... C’en est trop pour moi, on se donne rdv pour le petit déjeuner à leur guest-house et je m’eclipse dans la file d’attente en constante croissance. Et il fait froid, mon dieu !

Je marche vite pour me réchauffer. J’ai pourtant ma polaire, pantalon et grosses chaussettes, ma tête emmitouflée dans mon foulard, mais il fait toujours aussi froid. Je longe vers le nord l’enceinte rouge du Taj en son côté est et atteint bientôt la rivière. Il fait encore très noir. J’arrive sur les Ghats (escaliers ou grandes marches qui descendent dans l’eau et où les indiens font leurs toilettes ou lessives et ou viennent se purifier quand il s’agit du Gange, le fleuve sacré) et je trouve pourtant des hommes qui attendent ici. Ah bah oui, il y a forcément les militaires, au cas où je serais venu planquer une tête nucléaire dans la rivière, et il y a un autre homme qui est arrivé en même temps que moi et fait sa gym sur les ghats ! Il a bien raison, je me les gèle ! J’ai l’impression de revivre un dérouillage scout par procuration ! Brrrrr !

Je suis venu ici car kiwi-Michelle m’a appris que l’on pouvait aller sur la rivière et de l’autre côté sur les berges pour voir le Taj au lever du soleil pour pas cher. Je suis un peu inquiet. Il y a bien une barque mais point d’homme pour la pousser. La claté de l’aube pointe et des touristes anglais arrivent. Ok, je crois que je suis bien au bon endroit et que je ne vais pas être tout seul. Notre homme-de-la-barque arrive en petit T-shirt léger, jean et tongs, sans oublier l’écharpe enturbannée. Il est malade. Il fait doit faire -15 là.

Un petit vent humide rend l’air méchamment glaçant. Nous embarquons à 15 sur la barque-avec-de-l’eau-au-fond. C’est moitié rassurés et les fesses déjà sales que nous glissons sur la brume au dessus du lac. Selon les mouvements de l’air, notre regard est tantôt totalement noyé dans un épais brouillard, tantôt capable de distinguer les formes majestueuses du Taj. C’est un moment très poétique.




« Terre, terre » ai-je plaisanté en anglais pour dérider un peu ces fades british. Il va falloir que j’apprenne à plaisanter dans la langue de Shakespeare. Me suis pris un gros vent ! Glacial qui plus est ! Nous touchons donc terre, non pas sur l’autre rive, mais sur un vaste banc de terre sablonneuse. Nous voyons nettement le Taj qui sort de temps à autre de cette purée de pois. Ce cache-cache fantômatique donne à la scène un aspect totalement surréaliste, mais tellement mythique et plein de poésie. L’astre céleste s’annonce alors de sa grosse boule rougeôyante au travers des arbres et illumine dans un délicat clair-obscur l’oeuvre monumentale dédiée à l’amour. C’est fabuleux ! Le brouillard se dissipe bientôt totalement laissant apparaître le reste des fumerolles qui s’échappent de la rivière. Les couleurs pastels se succèdent sur le marbre blanc et nous admirons le reflet du palais à la surface de l’eau. Grandiose ! Je ne peux pas dire le nombre de photos que j’ai prises.






De retour de l’autre côté, le puller demande son dû : 100 roupies par tête. C’est un peu plus cher que ce à quoi je m’attendais, mais tellement moins que le tarif normal ! C’est vraiment quelque chose à faire ! Des singes et des corbeaux sont venus manger les bouts de pain mis en offrance par des hommes sur les ghats.

Un des gardes militaire me fait signe de m’approcher et me désigne le Taj. Il m’explique que c’est le seul moment de la journée où nous pouvons voir les pierres précieuses incrustées dans le marbre briller et scintiller grâce au soleil. C’est aussi très beau !

L’après-midi, nous allons au ‘Agra-Fort’ avec G&T, mais j’ai une petite over-dose de monuments, et puis, que faire passer après le Taj ?! Je ne considère donc pas ce fort rouge et colossal à a juste valeur.



Je me promène à ses pieds et prends quelques clichés inédits du Taj, qui sous cet angle-ci fait plutôt penser à une gigantesque mosquée !


Je suis bien triste de quitter ma petite famille australienne d’adoption. Nous nous reverrons au pays, sans aucun doute ! Je pars pour Varanasi, la ville berceau de l’humanité traversée par le fleuve sacré.


autres photos :


les bords de la riviere... peut etre un avant gout du Gange ?


une vendeuse de papad, petits pains-crackers, pres du Taj.

lundi 9 février 2009

Jaipur et mon premier Mahal : soufflant !

Michelle et Moi prenons le même train, mais dans des classes différentes, car je ne fais qu’un court trajet alors qu’elle retourne à Dehli pour prendre son avion pour Auckland. Nous faisons nos « Goodbye, see you in New-Zealand » sur le quai et montons dans nos wagons respectifs. Ce voyage fût le pire de tous... Une poussière omniprésente et tourbillonante dans le wagon ; des gamins qui jouaient en huuuuurlant de bonheur ou d’émotion à la moindre occasion (donc toutes les 5 secondes) alors que j’essayais désespéremment de piquer un somme ; pendant la nuit, une armada de cochons dans mon entourage proche (une bonne vingtaine d’indiens ronflant comme des porcs alors que nous sommes arrêtés depuis une demi-heure et que les bruits du train ne couvrent plus cette odieuse ronflerie ; des odeurs de pieds dignes d’un « Aziz »... Un CALVAIRE pour les sens et mes nerfs qui n’ont pas été loin de lâcher cette fois-ci.

Jaipur aura signe mon retour a une solitude obligee, mais finalement bienvenue : j'en avais besoin pour me retrouver un peu. Du coup, j'en ai profite pour me reposer sans compter dans ma chambre miteuse d'une guest house miteuse mais pas chere : 15 francs la nuit pour une chambre double avec ma propre salle de bains et WC ! En revanche, l'eau chaude, c'etait en plus mais j'ai pu en avoir sur demande dans des grands baquets ! Quelle jouissance de se renverser un petit baquet d'eau bien chaude pour se rincer alors que la temperature exterieure est "glaciale" (reference indienne ! comptez une dizaine de degres la nuit et 24,25 en journee). Oui, depuis Udaipur, les nuits sont fraiches, parfois carrement froides comme a Jaisalmer dans le desert, ou dans les trains de nuits où je grelotte si je ne dors pas dans mon beau duvet decat'truc (chut pas de pub) a l'epreuve du froid.


Jaipur... Bilan mitigé. Quelques +, quelques – ... En fait, j’ai surtout eu besoin de faire l’autiste. J’ai passé pas mal de temps dans ma chambre à trier des photos et écrire mon journal. Ville assez étendue, mauvaise orientation, perdu plusieurs fois, monuments introuvables, gens obnubilés par le tourisme... Mouais... Suis content d’être resté dans ma chambre ! En revanche, j’ai vu mon premier « Mahal » (palace en Hindi). Le « Hawa Mahal », n’ayant rien à voir avec le Taj Mahal, n’en demeure pas moins un sérieux rival si ce n’est sur le plan de l’esthétisme pur alors au moins au niveau de l’originalité architecturale. Il a été construit en1799 par un maharaja pour permettre à ses dames de voir la vie de la ville et les défilés sans être vues.


C’est hallucinant, et fascinant. J’adore ! Je suis rentré pour visiter, le prix n’était pas exhorbitant pour une fois pour un monument célèbre. Pas de chance, il y avait des travaux qui gâchaient un peu la vue et aussi le plaisir de contempler un beau monument dans la tranquilité.

Le reste de la ville n’est pas captivant. Jaipur est surnommée la ville rose. En effet, tous les bâtiments de la vieille ville sont roses, tirant parfois sur le rouge-rouille.




Il y a quelques belles bâtisses, une belle vue sur une immense muraille au loin sur une colline qui enceinte encore un autre palais, des temples, que je commence à connaître, et beaucoup d’échoppes touristiques... Bon allez, j’avoue, j’ai acheté mon premier « objet touristique ». Moi qui m’étais juré de ne rien acheté, pour cause de trou dans le budget et aussi le sac à dos, je me suis laissé tenté et fait avoir comme un bleu ! Cela faisait déjà un bon bout de temps que je voulais m’acheter un sarrouel, appelé ici Ali Baba, vous savez, ces fameux pantalons très larges en bas où l’on a l’impression d’avoir ch... dedans... ! Je n’avais pas réussi à faire descendre le prix plus bas que 120 roupies à Jaisalmer, et Michelle m’avait dit que j’en trouverai à 100 à Jaipur, comme ce qu’elle avait négocié quand elle y était. Je n’ai même pas eu à marchander très fort, car le mec est très rapidement descendu à 100 roupies (10 francs - 1,5 €). Je l’ai pris. Point.


Je me suis perdu (volontairement cette fois-ci) dans des rues hors de sentiers-battus-par-les-touristes. Que c’est agréable de ne pas être entouré de gros lourdos patibulaires et irrespectueux ! Mais du coup, face à face, seul à seul avec la population de ces rues asssez pauvres, on ne passe pas inaperçu en tant que blanc. Je ne me suis pas senti très à l’aise car dé-vi-sa-gé avec insistance, même les chiens ne me souhaitaient pas la bienvenue, mais au moins j’aime voir le vrai côté des choses toujours beaucoup plus instructif. Je me promenait avec mon appareil photo en évidence, mais je n’en ai pas pris. Je voulais leur montrer qu’on peut avoir une relation différente entre locaux et touristes, autrement qu’à travers l’objectif. Pourtant nombre de sujets auraient mérité d’être immortalisés. « Kodak moments » !
Justement, au détour d’une vache-poubelle, une « garbage cow » comme on s’amuse à les appeler ici (entre routards), j’aperçois un terrain vague où sont entassées une bonne dizaine de vaches qui se reposent. Je m’y engage pour prendre quelques photos, loin des regards insistants de la rue. Des gens sont là. Je les salue. Très rapidement des enfants s’approchent de moi. Ils ne me demandent pas tout de suite une photo. Un peu plus tard, juste pour rire, juste pour voir ce que c’est, comment ça fait. Pas pour demander une pièce ou faire fonctionner l’usine à tourisme.
D’ailleurs, on voit bien à leur tête qu’ils n’ont pas cherché à poser. Ils étaient juste curieux. Et curieux de se voir sur l’écran. Quel plaisir de trouver encore cela, non corrompu par le tourisme.


Ces gens étaient très simples, très gentils, me proposant de prendre en photo un homme en train de traire une vache, me montrant même avec grande fierté une toute jeune brebis... C’était un beau moment.

En revanche, je suis allé me perdre dans un autre endroit de la ville, pas loin du City Palace. Là les gens n’étaient pas acceuillants, et pensaient que j’étais perdu et que je cherchais ce palace. Je leur expliquais que je visitais juste le quartier et que je ne voulais pas y aller. Mais rien à faire, ils ne comprenaient pas. Et demandaient des ptites pièces en échange de photos.... GRRRRRR ! Je me suis finalement laissé entraîné par des jeunes sympathiques en apparence, qui m’ont montré un chemin original tel un passage secret pour me rendre au City Palace. Tout cela était fort aimable jusqu’à ce que les jeunes se rétractent, devant estimer leur travail fini, et m’ont demandé une rémunération en conséquence... Pfff, chui vraiment trop bête d’avoir pensé l’espace d’un instant qu’ils avaient pu être sincères... Refusant strictement de payer, ils ont tenté d’exploiter leur filon jusqu’au bout : « Haschh ? you smoke ? », puis « Something to eat », et enfin « Give me your shoes ».... Bref, toute tentative de « raquetter » le touriste est bonne à prendre pour ces « mangeurs de touristes ». Mais moi je me laisse pas manger de ce pain-là bon sang !

Et il y a toujours ces marchés débordant de couleurs et de senteurs, qui se ressemblent toujours mais ont leur propre identité à chaque fois. Ça c’est beau, je ne m’en lasserai peut-être pas d’ici la fin du voyage.




J’ai pris un vélo-rickshaw pour rentrer à ma guest-house. Cela ressemble à un grand tricycle avec une selle pour le pilote et une banquette décapotable pour deux passagers. C’est assez unique ! Le contact avec ces hommes est bien souvent plus agréable qu’avec les conducteurs d’auto-rickshaws, ces sortes de pousse-pousse ou tuk-tuk noir et jaune. Les gars sont souriants, ont l’air heureux de vivre malgré un travail dur, surtout à cause de la pollution dans laquelle ils évoluent chaque journée. Et c’est un moyen de transport écolo et cela donne du travail à d’honnêtes gens. Je l’ai tippé allégremment !
On verra si je serai capable de prendre un vrai rickshaw, ie un rickshaw tracté par un homme marchant ou courant pieds-nus. On les voit dans le magnifique film « la Cité de la Joie » et aussi à Calcutta, dernier bastion de ces « pédo-rickshaw ».






d'autres photos :

toujours des personnes se lavant dans la rue...


une des portes de l'enceinte de la vieille ville. tres beau.



et encore des turbans !


lundi 2 février 2009

Jaisalmer, la reine du desert.


J’aurais été un peu déçu par Jaisalmer. L’image que j’en avais était bien plus magique et imaginaire que la réalité.
Un peu sur le même principe que Jodhpur, la ville s’étend autour d’un fort dont l’enceinte renferme une vielle ville et ses ruelles tortueuses, gavées d’échoppes à touristes.
Le fort est petit et beaucoup moins impressionnant que celui de Jodhpur.

La ville est petite, touristique, trop touristique. Les vendeurs de tout-et-n’importe-quoi sont partout, et je récite toujours le même refrain, las. « No, thanks ». Pourtant, on se sent bien dans cette magnifique petite ville aux abords du désert, ville où toutes les maisons sont faites en pierre brute ainsi que les fenêtres en pierre, finement ciselées.


Mais ce qui est troublant, c’est de ne pas pouvoir distinguer le « vrai » du « faux », le nouveau de l’ancien. Toutes les nouvelles maisons sont faites sur le même modèle que les anciennes, alors on ne sait plus trop là où il faut s’émerveiller...

Le palais à l’intérieur du fort est beau, il y a aussi des temples. Beaux eux aussi. Rien n’est peint ici comme c’est la plupart du temps le cas. Tout est brut. La pierre est nue. On sent le désert à plein nez. Le soleil déploie ses rayons dans un ciel plus que bleu et illumine ces pierres en leur donnant un aspect doré.






Nous partons faire un « camel safari » d’une demi journée dans le désert. Nous aurions voulu passer plusieurs nuits dans le désert, mais les prix commencaient à être trop élevés. Là, pour 350 roupies, soit 35 francs, une voiture vient nous chercher à notre hotel et nous emmène sur la route du désert. Dans la voiture, je fais la connaissance de Louis et Véronique, un couple de jeunes français, qui font eux aussi un tour du monde. Nous échangeons sur nos expériences respectives. Ils en sont déjà à leur neuvième mois de périple ! Que c’est sympa de rencontrer d’autres ‘tourdumondistes’ français ! Que c’est agréable de parler français ! J’aime le français !!
Nous nous arrêtons en route pour voir un temple et ses jardins. Il faut encore débourser quelques roupies. Je n’y vais pas, pour le principe. Le gars de l’agence nous avait bien certifié que tout était compris dans le prix.
Notre prochain stop nous fait découvrir un endroit magique : les puits ! Au milieu de ce paysage désertique (ce n’est pas encore véritablement le désert, mais plutôt une steppe arride), derrière une dune et quelques arbres, se trouvent les puits où les femmes viennent chercher de l’eau. C’est un festival de couleurs, de beauté et de grâce. C’est tout simplement mangifique !



Plus loin, encore une belle image. Un berger fait avancer ses bêtes sur la route au moyen d’un bâton. A quelle époque sommes-nous ?! C’est très beau.

Le prochain arrêt est le bon pour nous. Michelle et moi descendons de la voiture et avons notre premier contact avec les chameaux. Devrais-je dire « dromadaires » puisqu’ils n’ont qu’une bosse ! Mais l’anglais ne fait pas cette distinction.
Nous montons tous les deux sur la bête, la selle pouvant acceuillir deux personnes. Je me mets à l’avant comme ça je suis le pilote ! Les renes sont, non pas comme pour les cheveaux reliés à un mors dans la bouche, mais directement attachées à un espèce de piercing géant qui traverse le nez du pauvre animal ! Mais qu’importe, ils n’ont pas l’air de s’en plaindre et ont une attitude assiez altière ! Je m’enturbanne de mon étoffe blanche et tel un Lawrence of Arabia, avec ma belle effarouchée qui se cramponne à moi, nous nous engageons dans le désert pour une longue et chaude marche, dans l’espoir d’arriver au prochain caravansérail avant la tombée de la nuit... !


Un camel, ce n’est pas très beau, mais quelle grâce quand il se met à marcher ! D’en haut, l’effet n’est pas si terrible que cela : ayant fait de l’équitation, c’est sensiblement la même chose, avec des mouvements plus amples. (Pour les Jean-Pierre qui me lisent, ça ressemble un peu à Figaro monté au pas : ça balance bien quoi ! Spéciale dédicace pour Ean-Pierre.)



Nous arrivons au bout d’une heure et demi de promenade à « Sam Dune », THE spot au début du véritable désert de sable où tous les tours operators de safaris envoient leurs clients pour assister au coucher du soleil. Nous retrouvons nos français qui avaient poursuivi leur route en voiture. On nous avait dit à l’agence « No foot-print on the floor, no tourists, desertic place ». Mais bien sûr... Le spectacle que j’ai sous les yeux est affligeant et grotesque : pas loin d’un millier de personnes se sont massées ici sur toutes les dunes alentours. Elles sont mitraillées de traces de pas, envahies par cette foule impressionnante de touristes, indiens à 99%. Il y a partout des types avec leur chameau qui nous assoment de propositions à pas cher pour faire un ptit bout de « camel-ride » sur les « sand-dunes ». Que c’est pénible. En plus ils ne lâchent pas la grappe facilement. C’est désespérant. Beaucoup de femmes et enfants se sont « déguisés » en habits traditionnels, avec force bijoux et bonne couche de maquillage. C’est affligeant d’inauthenticité. Et pour quelques roupies, celle-ci acceptera que vous preniez une photo, là, des tout petits enfants danseront pour vous sur le son bancal d’une viole manufacturée précairement par le papa... Sans compter tous les vendeurs à la sauvette qui proposent « cold-drinks », « biscuits » et autres encas au cas où vous auriez une fringalle pas possible. Normal, c’est vrai, on est dans le désert.... Bref, un défilé pathétique et harrassant de troubadours plus faux que nature, le tout noyé dans une marrée humaine insoupçonnée et surtout inattendue.

Le pire, c’est que le soleil se couche à l’endroit même où toutes les tentes, prévues pour ceux qui passent une ou plusieurs nuits dans le désert, sont parquées dans de véritables camps organisés. Très romantique pour un couché de soleil. Sans compter les nombreux pylônes électriques qui dressent leur détestable armature métallique un peu partout dans le paysage, les déchets qui traînent déjà, encore et toujours sur le sol, et ces indiens qui continuent de prendre la nature pour une poubelle géante. Révoltant. Je rumine ma colère et observe, glacial, au couché de soleil le plus aseptisé que je n’ai jamais vu. Je m’efforce de mettre à la place ces images magnifiques de couché de soleil dans ce désert africain du Namib. Aucune comparaison possible.

Je suis bien content de ne pas avoir payé plus pour cette m.....
Content aussi d’avoir monté un chameau, expérience amusante, qui ne vaut pas qu’on lui accorde plus de temps que quelques heures (sauf si on traverse le désert en caravane comme Lawrence ou d’autres !)
Content d’avoir pu enfin partager avec des Français !


quelques autres photos :


de tres belles babiolles a brocanter.


un magasin officiel pour se shooter la gueule... c pourtant formellement interdit en Inde


les attrapes touristes devant le fort


Toujours des maisons colorees.


Le Rajasthan, pays des turbans.

Jodhpur, la ville bleue

Le recit est a venir, pour une fois vous aurez les photos d'abord !
Et vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir en grand.
Et aussi, soyez indugents pour toute les fote dortaugrapheu queue jeu fei deupui ledebu !


Voici le recit !

24, 25, 26 janvier : Jodhpur.

Changement radical d’atmosphère avec cette ville au nom mythique ! La ville bleue, comme on la surnomme, s’étend au pied d’un immense et impressionnant fort. Une deuxième enceinte courre en contrebas du fort et enferme la vieille ville, un véritable dédale de ruelles tortueuses bordées de maisons barriolées dans une dominante bleue. Malgré l’étroitesse des rues, l’autorickshaw se faufile entre les murs et canivaux, et moyennant quelques bons cahots qui nous secouent gentiment Michelle et moi, nous parvenons à notre guest-house, en ayant toutefois perdu toute orientation et tous repères ! Heureusement la maison possède un rooftop restaurant où nous ne manquons pas d’y grimper pour constater la vue... Et elle ne nous déçoit pas : le fort se dresse devant nous, imparable ! Quelle grandeur ! Et quel bleu partout dans la ville !

Nous remarquons une particularité architechturale dans les maisons. A tous les étages il existe de larges ouvertures dans le sol, toutes exactement situées au même endroit d’un étage à l’autre. Elles servent à donner de la lumière qui vient directement du rooftop et permettent aussi une bonne aération naturelle de la maison. C’est très intelligent et utile. Et ces ouvertures sont couvertes par de solides grilles qui servent alors de plancher et aucune place au sol n’est perdue.

Avec Michelle, nous décidons de nous rendre à pieds au fort, un peu d’exercice ne fait pas de mal, et cela nous évite d’avoir encore à marchander, chose fatiguante à la longue. Nous nous enfonçons donc, un peu au hasard, dans le labyrinthe charmant que nous proposent les jolies maisons bleues, avec pour seul guide la masse imposante du fort au loin à portée de nos yeux.

Nous croisons sur le chemin les habitants parmi lesquels les enfants sont toujours les plus accueillants et souriants. Mais trop souvent, bien trop souvent, ces mêmes adorables enfants réclament que l’on prenne une photo d’eux pour ensuite avoir une petite pièce... Du coup, je ne prends pas ces « photos-à-la-demande », c’est trop dénaturé. Je préfère capter un instant insouciant de vie quotidienne, la photo n’en est que plus belle. Mais c’est toujours un peu difficile car on a quand même toujours plus ou moins l’impression d’être voyeur et de photographier du bétail. Alors ce que je fais de temps en temps, quand les personnes voient bien mon intention de photographier, je leur demande la permission et leur montre ensuite le résultat, parfois pour leur joyeux étonnement, mais d’autres fois pour encore récolter la demande d’une petite pièce... Décidément, les indiens ont un sacré sens des affaires !

Notre chemin s’escarpe lentement et nous prenons de la hauteur. Le fort nous surplombe et le soleil aide à chauffer nos muscles endormis. Bientôt nous enjambons de grandes marches faites de grosses pierres et celles-ci nous conduisent directement à l’entrée du fort. Même d’ici, la vue est magnifique sur la ville.


Le fort est tout aussi impressionnant de l’intérieur. Il y a un tel travail de la pierre. Tout est finement ciselé, taillé, poncé et donne à l’ensemble une fière allure. C’est assez indéfinissable car le style est de moi inconnu mais c’est beau !






Il y a beaucoup de touristes indiens. Entre occidentaux et indiens, je ne sais pas lequel de ces groupes dévisage le plus l’autre. Nous, prenons des photos d’eux, toutes ces couleurs, ces turbans et saris exotisent notre champ de vision, mais eux, prennent également des photos de nous ! De manière plus ou moins délicate... Ce n’est pas toujours très agréable et cela donne à réfléchir sur ce même acte que nous faisons envers eux.

Ce petit jeu de la photographie se retrouve aussi au niveau du regard. Les indiens dévisagent les occidentaux de manière très persistante. C’en est presque gênant parfois. Du coup, même remise en question que pour la photgographie : est-ce que moi aussi le « blanc » je les dévisage à ce point ?

Peut-être...Sûrement même... Mais je crois à cette différence près que les Indiens le font comme un défi, gonflés d’orgueil ou de fierté, où très souvent, la fin de ce regard porté à l’occidental se termine par un rire moqueur d’une ostensibilité flagrante.

Nous poursuivons notre tour du fort en empruntant le large chemin de ronde et admirons la prodigieuse vue qui bée au delà des crenaux et des canons. Puis nos pas nous mènent à une autre sortie absolument désertée de touristes et nous pénétrons dans des quartiers populaires mais calmes où nous trouvons un contact chaleureux avec les habitants. Pas d’harcelements, pas de vendeurs agressifs, pas de touristes, mais des « vrais gens » qui nous saluent simplement alors que nous évoluons au milieu de leur quotidien dans la rue.

Que c’est agréable ! Je passe, et Michelle aussi, un excellent moment. Au détour d’une maison d’un bleu écarlate, des enfants jouent au criquet, nous barrant ainsi provisoirement le passage. Ils nous proposent spontannément de nous joindre à eux, ce que nous faisons avec plaisir ! Michelle passe la première et effectue son lancer, ce lancer si typique du cricket ou il faut faire des moulinets de l’arrière vers l’avant et finalement lacher la balle en étant complètement penché en avant. Le batteur frappe, la balle fuse, ricoche sur deux-trois murs et finalement atterrit dans une flaque encombrée de déchets : un des gamins la ramasse et me la colle directement dans la main : « Hum, charming ! » Qu’importe, j’improvise à mon tour un lancer avec un style bien débutant mais qui finalement portera ses fruits : ma balle sera trop difficile à frapper ! OUIII, l’équipe des blancs remporte la manche de justesse ! BRAVO !

C’était vraiment drôle et touchant et surtout réciproque. Tous les enfants et ado qui assistaient à la partie rigolaient de bon coeur et les adultes regardaient cela avec un oeil bienveillant et rieur. Nous poursuivons notre route, heureux d’avoir partagé ce moment très simple et authentique avec des Indiens.


Le lendemain, nous nous levons tôt pour aller au « Booking reservation office » pour prendre nos billets de train pour Jaisalmer. Un des inconvénients du train en Inde, c’est qu’il faut toujours s’y prendre à l’avance pour avoir une chance d’avoir une place. Il faut donc pratiquement toujours retourner à la gare le lendemain de son arrivée pour prendre son ticket pour repartir un ou deux jours après. C’est un peu fastidieux car du coup on passe beaucoup de temps dans les gares et ses looongues files d’attente. Files d’attente indiennes elles-aussi ! C’est-à-dire qu’on ne fait la queue en Inde, en « file indienne » comme in dit ici. Je ne sais pas d’où vient cette expression mais le mec qui l’a inventé ne s’est sans aucun doute jamais rendu en Inde : ici, faire la queue, c’est faire un tas ! On fait la queue sur les côtés, histoire de gratter au passage tous ces couyons d’étrangers, et on surtout, on se COLLE à la personne devant soi pour justement ne pas laisser une maigre chance de se faire doubler, et aussi j’imagine, tenter d’asphyxier deux-trois personnes au passage et ainsi gagner encore un peu plus de temps... ! Cette description n’est pas exagérée !

Nous avons de la chance car il n’y a personne. Cela fait un bout de temps que je remarque que les Indiens ne se lèvent pas tôt. En Afrique à 6h du mat’ ils sont tous sur le pied de guerre, ici les échoppes et même les marchés ouvrent timidement leur rideaux à partir de 9h30 10h00... Très étonnant.


Une fois notre billet en poche et après un contact toujours glacial et méprisant avec ces bureaucrates indiens (parfois je regrette presque nos gentils fonctionnaires !), nous nous dirigeons vers « Clock Tower » et son marché qui satellitte autour d’elle et dans les rues avoisinantes. Il n’y a donc encore pas grand monde et nous assistons à l’éveil de ce monde à part. C’est magique !


Ici des enfants en uniforme blanc et rouge qui vont à l’école, là des conducteurs d’autorickshaws en train de deviser avant les premiers clients dans la brise matinale, un verre de « chai » (prononcer tchaï) à la main [ le chai est un thé sucré assez épais mélangé avec du lait et du caramel : c’est ultra bon !], là encore c’est une petite vieille qui installe ses 3 régiments de bananes sur une toile de jutte à même le sol.... Nous sommes conquis !

Sans oublier les vaches, omniprésentes.





L'imposant fort de Jodhpur, avec son temple a l'interieur.


Scenes de la vie quotidienne pres du marche, le Bazaar en Inde.



En allant a Clock Tower et la place du Marche, un magnifique elephant faisant sa place au milieu du traffic !