samedi 28 février 2009

Agra et le Taj Mahal

Agra, la ville du Taj Mahal. Là, c’est un de moments très attendu de tout voyage en Inde, quoi qu’on en dise. Le Taj, c’est mythique ! A peine arrivé dans le quartier du Taj, je distingue quelque blanches coupoles et suis presque déçu d’avoir le mythe déjà en partie dévoilé. Je baisse la tête pour ne pas en voir d’avantage, et je suis surpris qu’il soit aussi proche des habitations. J’arrive à mon hotel. Après une bonne négociation de tarif de chambre, je monte dare-dare sur le roof-top et là je me prends un coup sur le crâne. Le Taj.... Wouhaaaaaouuuuhhh !


C’est trop beau ! Et trop blanc aussi ! Mes yeux sont éblouis par tant d’immaculé ! Je file tout droit vers une autre guest-house supposée avoir la meilleure vue sur le Taj. C’est vrai, c’est mieux que de mon hotel, mais c’est aussi plus touristique.




Un serveur prend ma commande. Et je fais la connaissance d’Australiens, encore ? De Melbourne, encore ?!! Ils sont partout !
Gary et Tahlia sont père et fille (une petite cinquataine et une ado de 15ans) et sont venus en Inde pour assister à un mariage à Chennai (Madras). Il leur restait ensuite 3 semaines à vadrouiller dans le pays. Agra est leur avant dernière destination. Ils sont a-do-rables et j’ai énormément apprécié leur compagnie pendant ces deux jours à Agra. Je les reverrai en Australie, pour sûr ! J’adore les Australiens, je n’ai eu que de très bonnes recontres jusqu’à présent.

Le lendemain, nous prévoyons avec G&T d’aller visiter le Taj, chacun à notre façon. En effet je refuse de payer 750 roupies pour avoir le privilège de rentrer dans l’enceinte du Taj, alors que les Indiens ne payent que 20 roupies (75 contre 2 francs). Il faut en plus ajouter 25 roupies par appareil photo et l’entrée s’apparente à un contrôle aussi minitieux et rigoureux que ridicule. Le Taj est sur-protégé et ils ont peur d’un attentat à la bombe. C’est vrai que j’en planque une dans mon sac. Donc, par principe, je ne rentrerai pas dans le Taj. Mais je crois que ça en vaut vraiment le coup, si vous n’avez pas ces manières !

Moi, je vais me faire ça... « à la routarde ». Je me suis pourtant levé tôt pour accompagner G&T au guichet à la porte Est du Taj. Nous sommes heureusement les premiers (vu l’heure indécente de matinalerie !) mais très très vite nous sommes rejoint par ces groupes entiers de touristes ! Des espagnols, des cars de japs, des anglais... C’en est trop pour moi, on se donne rdv pour le petit déjeuner à leur guest-house et je m’eclipse dans la file d’attente en constante croissance. Et il fait froid, mon dieu !

Je marche vite pour me réchauffer. J’ai pourtant ma polaire, pantalon et grosses chaussettes, ma tête emmitouflée dans mon foulard, mais il fait toujours aussi froid. Je longe vers le nord l’enceinte rouge du Taj en son côté est et atteint bientôt la rivière. Il fait encore très noir. J’arrive sur les Ghats (escaliers ou grandes marches qui descendent dans l’eau et où les indiens font leurs toilettes ou lessives et ou viennent se purifier quand il s’agit du Gange, le fleuve sacré) et je trouve pourtant des hommes qui attendent ici. Ah bah oui, il y a forcément les militaires, au cas où je serais venu planquer une tête nucléaire dans la rivière, et il y a un autre homme qui est arrivé en même temps que moi et fait sa gym sur les ghats ! Il a bien raison, je me les gèle ! J’ai l’impression de revivre un dérouillage scout par procuration ! Brrrrr !

Je suis venu ici car kiwi-Michelle m’a appris que l’on pouvait aller sur la rivière et de l’autre côté sur les berges pour voir le Taj au lever du soleil pour pas cher. Je suis un peu inquiet. Il y a bien une barque mais point d’homme pour la pousser. La claté de l’aube pointe et des touristes anglais arrivent. Ok, je crois que je suis bien au bon endroit et que je ne vais pas être tout seul. Notre homme-de-la-barque arrive en petit T-shirt léger, jean et tongs, sans oublier l’écharpe enturbannée. Il est malade. Il fait doit faire -15 là.

Un petit vent humide rend l’air méchamment glaçant. Nous embarquons à 15 sur la barque-avec-de-l’eau-au-fond. C’est moitié rassurés et les fesses déjà sales que nous glissons sur la brume au dessus du lac. Selon les mouvements de l’air, notre regard est tantôt totalement noyé dans un épais brouillard, tantôt capable de distinguer les formes majestueuses du Taj. C’est un moment très poétique.




« Terre, terre » ai-je plaisanté en anglais pour dérider un peu ces fades british. Il va falloir que j’apprenne à plaisanter dans la langue de Shakespeare. Me suis pris un gros vent ! Glacial qui plus est ! Nous touchons donc terre, non pas sur l’autre rive, mais sur un vaste banc de terre sablonneuse. Nous voyons nettement le Taj qui sort de temps à autre de cette purée de pois. Ce cache-cache fantômatique donne à la scène un aspect totalement surréaliste, mais tellement mythique et plein de poésie. L’astre céleste s’annonce alors de sa grosse boule rougeôyante au travers des arbres et illumine dans un délicat clair-obscur l’oeuvre monumentale dédiée à l’amour. C’est fabuleux ! Le brouillard se dissipe bientôt totalement laissant apparaître le reste des fumerolles qui s’échappent de la rivière. Les couleurs pastels se succèdent sur le marbre blanc et nous admirons le reflet du palais à la surface de l’eau. Grandiose ! Je ne peux pas dire le nombre de photos que j’ai prises.






De retour de l’autre côté, le puller demande son dû : 100 roupies par tête. C’est un peu plus cher que ce à quoi je m’attendais, mais tellement moins que le tarif normal ! C’est vraiment quelque chose à faire ! Des singes et des corbeaux sont venus manger les bouts de pain mis en offrance par des hommes sur les ghats.

Un des gardes militaire me fait signe de m’approcher et me désigne le Taj. Il m’explique que c’est le seul moment de la journée où nous pouvons voir les pierres précieuses incrustées dans le marbre briller et scintiller grâce au soleil. C’est aussi très beau !

L’après-midi, nous allons au ‘Agra-Fort’ avec G&T, mais j’ai une petite over-dose de monuments, et puis, que faire passer après le Taj ?! Je ne considère donc pas ce fort rouge et colossal à a juste valeur.



Je me promène à ses pieds et prends quelques clichés inédits du Taj, qui sous cet angle-ci fait plutôt penser à une gigantesque mosquée !


Je suis bien triste de quitter ma petite famille australienne d’adoption. Nous nous reverrons au pays, sans aucun doute ! Je pars pour Varanasi, la ville berceau de l’humanité traversée par le fleuve sacré.


autres photos :


les bords de la riviere... peut etre un avant gout du Gange ?


une vendeuse de papad, petits pains-crackers, pres du Taj.

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