lundi 9 février 2009

Jaipur et mon premier Mahal : soufflant !

Michelle et Moi prenons le même train, mais dans des classes différentes, car je ne fais qu’un court trajet alors qu’elle retourne à Dehli pour prendre son avion pour Auckland. Nous faisons nos « Goodbye, see you in New-Zealand » sur le quai et montons dans nos wagons respectifs. Ce voyage fût le pire de tous... Une poussière omniprésente et tourbillonante dans le wagon ; des gamins qui jouaient en huuuuurlant de bonheur ou d’émotion à la moindre occasion (donc toutes les 5 secondes) alors que j’essayais désespéremment de piquer un somme ; pendant la nuit, une armada de cochons dans mon entourage proche (une bonne vingtaine d’indiens ronflant comme des porcs alors que nous sommes arrêtés depuis une demi-heure et que les bruits du train ne couvrent plus cette odieuse ronflerie ; des odeurs de pieds dignes d’un « Aziz »... Un CALVAIRE pour les sens et mes nerfs qui n’ont pas été loin de lâcher cette fois-ci.

Jaipur aura signe mon retour a une solitude obligee, mais finalement bienvenue : j'en avais besoin pour me retrouver un peu. Du coup, j'en ai profite pour me reposer sans compter dans ma chambre miteuse d'une guest house miteuse mais pas chere : 15 francs la nuit pour une chambre double avec ma propre salle de bains et WC ! En revanche, l'eau chaude, c'etait en plus mais j'ai pu en avoir sur demande dans des grands baquets ! Quelle jouissance de se renverser un petit baquet d'eau bien chaude pour se rincer alors que la temperature exterieure est "glaciale" (reference indienne ! comptez une dizaine de degres la nuit et 24,25 en journee). Oui, depuis Udaipur, les nuits sont fraiches, parfois carrement froides comme a Jaisalmer dans le desert, ou dans les trains de nuits où je grelotte si je ne dors pas dans mon beau duvet decat'truc (chut pas de pub) a l'epreuve du froid.


Jaipur... Bilan mitigé. Quelques +, quelques – ... En fait, j’ai surtout eu besoin de faire l’autiste. J’ai passé pas mal de temps dans ma chambre à trier des photos et écrire mon journal. Ville assez étendue, mauvaise orientation, perdu plusieurs fois, monuments introuvables, gens obnubilés par le tourisme... Mouais... Suis content d’être resté dans ma chambre ! En revanche, j’ai vu mon premier « Mahal » (palace en Hindi). Le « Hawa Mahal », n’ayant rien à voir avec le Taj Mahal, n’en demeure pas moins un sérieux rival si ce n’est sur le plan de l’esthétisme pur alors au moins au niveau de l’originalité architecturale. Il a été construit en1799 par un maharaja pour permettre à ses dames de voir la vie de la ville et les défilés sans être vues.


C’est hallucinant, et fascinant. J’adore ! Je suis rentré pour visiter, le prix n’était pas exhorbitant pour une fois pour un monument célèbre. Pas de chance, il y avait des travaux qui gâchaient un peu la vue et aussi le plaisir de contempler un beau monument dans la tranquilité.

Le reste de la ville n’est pas captivant. Jaipur est surnommée la ville rose. En effet, tous les bâtiments de la vieille ville sont roses, tirant parfois sur le rouge-rouille.




Il y a quelques belles bâtisses, une belle vue sur une immense muraille au loin sur une colline qui enceinte encore un autre palais, des temples, que je commence à connaître, et beaucoup d’échoppes touristiques... Bon allez, j’avoue, j’ai acheté mon premier « objet touristique ». Moi qui m’étais juré de ne rien acheté, pour cause de trou dans le budget et aussi le sac à dos, je me suis laissé tenté et fait avoir comme un bleu ! Cela faisait déjà un bon bout de temps que je voulais m’acheter un sarrouel, appelé ici Ali Baba, vous savez, ces fameux pantalons très larges en bas où l’on a l’impression d’avoir ch... dedans... ! Je n’avais pas réussi à faire descendre le prix plus bas que 120 roupies à Jaisalmer, et Michelle m’avait dit que j’en trouverai à 100 à Jaipur, comme ce qu’elle avait négocié quand elle y était. Je n’ai même pas eu à marchander très fort, car le mec est très rapidement descendu à 100 roupies (10 francs - 1,5 €). Je l’ai pris. Point.


Je me suis perdu (volontairement cette fois-ci) dans des rues hors de sentiers-battus-par-les-touristes. Que c’est agréable de ne pas être entouré de gros lourdos patibulaires et irrespectueux ! Mais du coup, face à face, seul à seul avec la population de ces rues asssez pauvres, on ne passe pas inaperçu en tant que blanc. Je ne me suis pas senti très à l’aise car dé-vi-sa-gé avec insistance, même les chiens ne me souhaitaient pas la bienvenue, mais au moins j’aime voir le vrai côté des choses toujours beaucoup plus instructif. Je me promenait avec mon appareil photo en évidence, mais je n’en ai pas pris. Je voulais leur montrer qu’on peut avoir une relation différente entre locaux et touristes, autrement qu’à travers l’objectif. Pourtant nombre de sujets auraient mérité d’être immortalisés. « Kodak moments » !
Justement, au détour d’une vache-poubelle, une « garbage cow » comme on s’amuse à les appeler ici (entre routards), j’aperçois un terrain vague où sont entassées une bonne dizaine de vaches qui se reposent. Je m’y engage pour prendre quelques photos, loin des regards insistants de la rue. Des gens sont là. Je les salue. Très rapidement des enfants s’approchent de moi. Ils ne me demandent pas tout de suite une photo. Un peu plus tard, juste pour rire, juste pour voir ce que c’est, comment ça fait. Pas pour demander une pièce ou faire fonctionner l’usine à tourisme.
D’ailleurs, on voit bien à leur tête qu’ils n’ont pas cherché à poser. Ils étaient juste curieux. Et curieux de se voir sur l’écran. Quel plaisir de trouver encore cela, non corrompu par le tourisme.


Ces gens étaient très simples, très gentils, me proposant de prendre en photo un homme en train de traire une vache, me montrant même avec grande fierté une toute jeune brebis... C’était un beau moment.

En revanche, je suis allé me perdre dans un autre endroit de la ville, pas loin du City Palace. Là les gens n’étaient pas acceuillants, et pensaient que j’étais perdu et que je cherchais ce palace. Je leur expliquais que je visitais juste le quartier et que je ne voulais pas y aller. Mais rien à faire, ils ne comprenaient pas. Et demandaient des ptites pièces en échange de photos.... GRRRRRR ! Je me suis finalement laissé entraîné par des jeunes sympathiques en apparence, qui m’ont montré un chemin original tel un passage secret pour me rendre au City Palace. Tout cela était fort aimable jusqu’à ce que les jeunes se rétractent, devant estimer leur travail fini, et m’ont demandé une rémunération en conséquence... Pfff, chui vraiment trop bête d’avoir pensé l’espace d’un instant qu’ils avaient pu être sincères... Refusant strictement de payer, ils ont tenté d’exploiter leur filon jusqu’au bout : « Haschh ? you smoke ? », puis « Something to eat », et enfin « Give me your shoes ».... Bref, toute tentative de « raquetter » le touriste est bonne à prendre pour ces « mangeurs de touristes ». Mais moi je me laisse pas manger de ce pain-là bon sang !

Et il y a toujours ces marchés débordant de couleurs et de senteurs, qui se ressemblent toujours mais ont leur propre identité à chaque fois. Ça c’est beau, je ne m’en lasserai peut-être pas d’ici la fin du voyage.




J’ai pris un vélo-rickshaw pour rentrer à ma guest-house. Cela ressemble à un grand tricycle avec une selle pour le pilote et une banquette décapotable pour deux passagers. C’est assez unique ! Le contact avec ces hommes est bien souvent plus agréable qu’avec les conducteurs d’auto-rickshaws, ces sortes de pousse-pousse ou tuk-tuk noir et jaune. Les gars sont souriants, ont l’air heureux de vivre malgré un travail dur, surtout à cause de la pollution dans laquelle ils évoluent chaque journée. Et c’est un moyen de transport écolo et cela donne du travail à d’honnêtes gens. Je l’ai tippé allégremment !
On verra si je serai capable de prendre un vrai rickshaw, ie un rickshaw tracté par un homme marchant ou courant pieds-nus. On les voit dans le magnifique film « la Cité de la Joie » et aussi à Calcutta, dernier bastion de ces « pédo-rickshaw ».






d'autres photos :

toujours des personnes se lavant dans la rue...


une des portes de l'enceinte de la vieille ville. tres beau.



et encore des turbans !


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