J’aurais été un peu déçu par Jaisalmer. L’image que j’en avais était bien plus magique et imaginaire que la réalité.
Un peu sur le même principe que Jodhpur, la ville s’étend autour d’un fort dont l’enceinte renferme une vielle ville et ses ruelles tortueuses, gavées d’échoppes à touristes.
Le fort est petit et beaucoup moins impressionnant que celui de Jodhpur.
La ville est petite, touristique, trop touristique. Les vendeurs de tout-et-n’importe-quoi sont partout, et je récite toujours le même refrain, las. « No, thanks ». Pourtant, on se sent bien dans cette magnifique petite ville aux abords du désert, ville où toutes les maisons sont faites en pierre brute ainsi que les fenêtres en pierre, finement ciselées.
Mais ce qui est troublant, c’est de ne pas pouvoir distinguer le « vrai » du « faux », le nouveau de l’ancien. Toutes les nouvelles maisons sont faites sur le même modèle que les anciennes, alors on ne sait plus trop là où il faut s’émerveiller...
Le palais à l’intérieur du fort est beau, il y a aussi des temples. Beaux eux aussi. Rien n’est peint ici comme c’est la plupart du temps le cas. Tout est brut. La pierre est nue. On sent le désert à plein nez. Le soleil déploie ses rayons dans un ciel plus que bleu et illumine ces pierres en leur donnant un aspect doré.
Nous partons faire un « camel safari » d’une demi journée dans le désert. Nous aurions voulu passer plusieurs nuits dans le désert, mais les prix commencaient à être trop élevés. Là, pour 350 roupies, soit 35 francs, une voiture vient nous chercher à notre hotel et nous emmène sur la route du désert. Dans la voiture, je fais la connaissance de Louis et Véronique, un couple de jeunes français, qui font eux aussi un tour du monde. Nous échangeons sur nos expériences respectives. Ils en sont déjà à leur neuvième mois de périple ! Que c’est sympa de rencontrer d’autres ‘tourdumondistes’ français ! Que c’est agréable de parler français ! J’aime le français !!
Nous nous arrêtons en route pour voir un temple et ses jardins. Il faut encore débourser quelques roupies. Je n’y vais pas, pour le principe. Le gars de l’agence nous avait bien certifié que tout était compris dans le prix.
Notre prochain stop nous fait découvrir un endroit magique : les puits ! Au milieu de ce paysage désertique (ce n’est pas encore véritablement le désert, mais plutôt une steppe arride), derrière une dune et quelques arbres, se trouvent les puits où les femmes viennent chercher de l’eau. C’est un festival de couleurs, de beauté et de grâce. C’est tout simplement mangifique !
Plus loin, encore une belle image. Un berger fait avancer ses bêtes sur la route au moyen d’un bâton. A quelle époque sommes-nous ?! C’est très beau.
Le prochain arrêt est le bon pour nous. Michelle et moi descendons de la voiture et avons notre premier contact avec les chameaux. Devrais-je dire « dromadaires » puisqu’ils n’ont qu’une bosse ! Mais l’anglais ne fait pas cette distinction.
Nous montons tous les deux sur la bête, la selle pouvant acceuillir deux personnes. Je me mets à l’avant comme ça je suis le pilote ! Les renes sont, non pas comme pour les cheveaux reliés à un mors dans la bouche, mais directement attachées à un espèce de piercing géant qui traverse le nez du pauvre animal ! Mais qu’importe, ils n’ont pas l’air de s’en plaindre et ont une attitude assiez altière ! Je m’enturbanne de mon étoffe blanche et tel un Lawrence of Arabia, avec ma belle effarouchée qui se cramponne à moi, nous nous engageons dans le désert pour une longue et chaude marche, dans l’espoir d’arriver au prochain caravansérail avant la tombée de la nuit... !
Un camel, ce n’est pas très beau, mais quelle grâce quand il se met à marcher ! D’en haut, l’effet n’est pas si terrible que cela : ayant fait de l’équitation, c’est sensiblement la même chose, avec des mouvements plus amples. (Pour les Jean-Pierre qui me lisent, ça ressemble un peu à Figaro monté au pas : ça balance bien quoi ! Spéciale dédicace pour Ean-Pierre.)

Nous arrivons au bout d’une heure et demi de promenade à « Sam Dune », THE spot au début du véritable désert de sable où tous les tours operators de safaris envoient leurs clients pour assister au coucher du soleil. Nous retrouvons nos français qui avaient poursuivi leur route en voiture. On nous avait dit à l’agence « No foot-print on the floor, no tourists, desertic place ». Mais bien sûr... Le spectacle que j’ai sous les yeux est affligeant et grotesque : pas loin d’un millier de personnes se sont massées ici sur toutes les dunes alentours. Elles sont mitraillées de traces de pas, envahies par cette foule impressionnante de touristes, indiens à 99%. Il y a partout des types avec leur chameau qui nous assoment de propositions à pas cher pour faire un ptit bout de « camel-ride » sur les « sand-dunes ». Que c’est pénible. En plus ils ne lâchent pas la grappe facilement. C’est désespérant. Beaucoup de femmes et enfants se sont « déguisés » en habits traditionnels, avec force bijoux et bonne couche de maquillage. C’est affligeant d’inauthenticité. Et pour quelques roupies, celle-ci acceptera que vous preniez une photo, là, des tout petits enfants danseront pour vous sur le son bancal d’une viole manufacturée précairement par le papa... Sans compter tous les vendeurs à la sauvette qui proposent « cold-drinks », « biscuits » et autres encas au cas où vous auriez une fringalle pas possible. Normal, c’est vrai, on est dans le désert.... Bref, un défilé pathétique et harrassant de troubadours plus faux que nature, le tout noyé dans une marrée humaine insoupçonnée et surtout inattendue.
Le pire, c’est que le soleil se couche à l’endroit même où toutes les tentes, prévues pour ceux qui passent une ou plusieurs nuits dans le désert, sont parquées dans de véritables camps organisés. Très romantique pour un couché de soleil. Sans compter les nombreux pylônes électriques qui dressent leur détestable armature métallique un peu partout dans le paysage, les déchets qui traînent déjà, encore et toujours sur le sol, et ces indiens qui continuent de prendre la nature pour une poubelle géante. Révoltant. Je rumine ma colère et observe, glacial, au couché de soleil le plus aseptisé que je n’ai jamais vu. Je m’efforce de mettre à la place ces images magnifiques de couché de soleil dans ce désert africain du Namib. Aucune comparaison possible.
Je suis bien content de ne pas avoir payé plus pour cette m.....
Content aussi d’avoir monté un chameau, expérience amusante, qui ne vaut pas qu’on lui accorde plus de temps que quelques heures (sauf si on traverse le désert en caravane comme Lawrence ou d’autres !)
Content d’avoir pu enfin partager avec des Français !
quelques autres photos :
de tres belles babiolles a brocanter.
un magasin officiel pour se shooter la gueule... c pourtant formellement interdit en Inde
les attrapes touristes devant le fort
Toujours des maisons colorees.
Le Rajasthan, pays des turbans.
3 commentaires:
rolala, c'est troooop beau!!! merci pour toutes ces photos qui nous font tant rêver. c'est chouette de voyager en allant juste sur une page web.
je t'embrasse fort fréro
J'avais déjà envie d'aller en Inde, et en voyant ces photos, ça me conforte dans l'idée !
Et comme tu nous donnes plein de nouvelles, on va t'en donner aussi : Ici tout va bien, la vie parisienne est sympa (malgré ce que peut dire Constance). C'est l'hiver ici, avec de la neige de temps en temps (oui oui, même à Paris !) et tous sont plus ou moins malades à tour de rôle, ce qui crée un bouillon de culture qui doit être très intéressant pour les biologistes !
Pour ma part, je vais commencer à sérieusement organiser mon année 2009-2010 (Munich puis les états-unis à priori). En attendant, les cours sont toujours sympas, et l'aumônerie marche bien. (Rencontres Nationales de Chrétiens en Grande Ecole ce week-end : 940 étudiants à Cergy !)
Le milieu catho et plus généralement la bulle médiatique ont été assez chahutés ces derniers jours par la levée des excommunications des évêques Lefebvristes (je ne sais pas si ils en parlent beaucoup en Inde). Un bon résumé : http://cge-paris-sud.rezel.net (je fais un peu de pub, tu me pardonneras).
Sinon on parle toujours de la crise, et il y a quelques grêves contre la politique de Sarko (dont une journée de manif de 1 000 000 de personnes quand même) et sur la réforme de la recherche française. Et la France va entrer en récession, étonnant ! Il faut croire que les journalistes ont été heureux de pouvoir trouver d'autres sujets et que c'est pourquoi ils se sont jetés sur le geste du pape !
Voilou, bonne route cousin et continues à nous donner ces instantanés que tu arrives si bien à décrire !
Thibaud.
c'est magnifique!continue à profiter à fond, fais attention à toi mon couzz.
Bisous
Constance (BACHOUD!)
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