samedi 28 février 2009

Agra et le Taj Mahal

Agra, la ville du Taj Mahal. Là, c’est un de moments très attendu de tout voyage en Inde, quoi qu’on en dise. Le Taj, c’est mythique ! A peine arrivé dans le quartier du Taj, je distingue quelque blanches coupoles et suis presque déçu d’avoir le mythe déjà en partie dévoilé. Je baisse la tête pour ne pas en voir d’avantage, et je suis surpris qu’il soit aussi proche des habitations. J’arrive à mon hotel. Après une bonne négociation de tarif de chambre, je monte dare-dare sur le roof-top et là je me prends un coup sur le crâne. Le Taj.... Wouhaaaaaouuuuhhh !


C’est trop beau ! Et trop blanc aussi ! Mes yeux sont éblouis par tant d’immaculé ! Je file tout droit vers une autre guest-house supposée avoir la meilleure vue sur le Taj. C’est vrai, c’est mieux que de mon hotel, mais c’est aussi plus touristique.




Un serveur prend ma commande. Et je fais la connaissance d’Australiens, encore ? De Melbourne, encore ?!! Ils sont partout !
Gary et Tahlia sont père et fille (une petite cinquataine et une ado de 15ans) et sont venus en Inde pour assister à un mariage à Chennai (Madras). Il leur restait ensuite 3 semaines à vadrouiller dans le pays. Agra est leur avant dernière destination. Ils sont a-do-rables et j’ai énormément apprécié leur compagnie pendant ces deux jours à Agra. Je les reverrai en Australie, pour sûr ! J’adore les Australiens, je n’ai eu que de très bonnes recontres jusqu’à présent.

Le lendemain, nous prévoyons avec G&T d’aller visiter le Taj, chacun à notre façon. En effet je refuse de payer 750 roupies pour avoir le privilège de rentrer dans l’enceinte du Taj, alors que les Indiens ne payent que 20 roupies (75 contre 2 francs). Il faut en plus ajouter 25 roupies par appareil photo et l’entrée s’apparente à un contrôle aussi minitieux et rigoureux que ridicule. Le Taj est sur-protégé et ils ont peur d’un attentat à la bombe. C’est vrai que j’en planque une dans mon sac. Donc, par principe, je ne rentrerai pas dans le Taj. Mais je crois que ça en vaut vraiment le coup, si vous n’avez pas ces manières !

Moi, je vais me faire ça... « à la routarde ». Je me suis pourtant levé tôt pour accompagner G&T au guichet à la porte Est du Taj. Nous sommes heureusement les premiers (vu l’heure indécente de matinalerie !) mais très très vite nous sommes rejoint par ces groupes entiers de touristes ! Des espagnols, des cars de japs, des anglais... C’en est trop pour moi, on se donne rdv pour le petit déjeuner à leur guest-house et je m’eclipse dans la file d’attente en constante croissance. Et il fait froid, mon dieu !

Je marche vite pour me réchauffer. J’ai pourtant ma polaire, pantalon et grosses chaussettes, ma tête emmitouflée dans mon foulard, mais il fait toujours aussi froid. Je longe vers le nord l’enceinte rouge du Taj en son côté est et atteint bientôt la rivière. Il fait encore très noir. J’arrive sur les Ghats (escaliers ou grandes marches qui descendent dans l’eau et où les indiens font leurs toilettes ou lessives et ou viennent se purifier quand il s’agit du Gange, le fleuve sacré) et je trouve pourtant des hommes qui attendent ici. Ah bah oui, il y a forcément les militaires, au cas où je serais venu planquer une tête nucléaire dans la rivière, et il y a un autre homme qui est arrivé en même temps que moi et fait sa gym sur les ghats ! Il a bien raison, je me les gèle ! J’ai l’impression de revivre un dérouillage scout par procuration ! Brrrrr !

Je suis venu ici car kiwi-Michelle m’a appris que l’on pouvait aller sur la rivière et de l’autre côté sur les berges pour voir le Taj au lever du soleil pour pas cher. Je suis un peu inquiet. Il y a bien une barque mais point d’homme pour la pousser. La claté de l’aube pointe et des touristes anglais arrivent. Ok, je crois que je suis bien au bon endroit et que je ne vais pas être tout seul. Notre homme-de-la-barque arrive en petit T-shirt léger, jean et tongs, sans oublier l’écharpe enturbannée. Il est malade. Il fait doit faire -15 là.

Un petit vent humide rend l’air méchamment glaçant. Nous embarquons à 15 sur la barque-avec-de-l’eau-au-fond. C’est moitié rassurés et les fesses déjà sales que nous glissons sur la brume au dessus du lac. Selon les mouvements de l’air, notre regard est tantôt totalement noyé dans un épais brouillard, tantôt capable de distinguer les formes majestueuses du Taj. C’est un moment très poétique.




« Terre, terre » ai-je plaisanté en anglais pour dérider un peu ces fades british. Il va falloir que j’apprenne à plaisanter dans la langue de Shakespeare. Me suis pris un gros vent ! Glacial qui plus est ! Nous touchons donc terre, non pas sur l’autre rive, mais sur un vaste banc de terre sablonneuse. Nous voyons nettement le Taj qui sort de temps à autre de cette purée de pois. Ce cache-cache fantômatique donne à la scène un aspect totalement surréaliste, mais tellement mythique et plein de poésie. L’astre céleste s’annonce alors de sa grosse boule rougeôyante au travers des arbres et illumine dans un délicat clair-obscur l’oeuvre monumentale dédiée à l’amour. C’est fabuleux ! Le brouillard se dissipe bientôt totalement laissant apparaître le reste des fumerolles qui s’échappent de la rivière. Les couleurs pastels se succèdent sur le marbre blanc et nous admirons le reflet du palais à la surface de l’eau. Grandiose ! Je ne peux pas dire le nombre de photos que j’ai prises.






De retour de l’autre côté, le puller demande son dû : 100 roupies par tête. C’est un peu plus cher que ce à quoi je m’attendais, mais tellement moins que le tarif normal ! C’est vraiment quelque chose à faire ! Des singes et des corbeaux sont venus manger les bouts de pain mis en offrance par des hommes sur les ghats.

Un des gardes militaire me fait signe de m’approcher et me désigne le Taj. Il m’explique que c’est le seul moment de la journée où nous pouvons voir les pierres précieuses incrustées dans le marbre briller et scintiller grâce au soleil. C’est aussi très beau !

L’après-midi, nous allons au ‘Agra-Fort’ avec G&T, mais j’ai une petite over-dose de monuments, et puis, que faire passer après le Taj ?! Je ne considère donc pas ce fort rouge et colossal à a juste valeur.



Je me promène à ses pieds et prends quelques clichés inédits du Taj, qui sous cet angle-ci fait plutôt penser à une gigantesque mosquée !


Je suis bien triste de quitter ma petite famille australienne d’adoption. Nous nous reverrons au pays, sans aucun doute ! Je pars pour Varanasi, la ville berceau de l’humanité traversée par le fleuve sacré.


autres photos :


les bords de la riviere... peut etre un avant gout du Gange ?


une vendeuse de papad, petits pains-crackers, pres du Taj.

lundi 9 février 2009

Jaipur et mon premier Mahal : soufflant !

Michelle et Moi prenons le même train, mais dans des classes différentes, car je ne fais qu’un court trajet alors qu’elle retourne à Dehli pour prendre son avion pour Auckland. Nous faisons nos « Goodbye, see you in New-Zealand » sur le quai et montons dans nos wagons respectifs. Ce voyage fût le pire de tous... Une poussière omniprésente et tourbillonante dans le wagon ; des gamins qui jouaient en huuuuurlant de bonheur ou d’émotion à la moindre occasion (donc toutes les 5 secondes) alors que j’essayais désespéremment de piquer un somme ; pendant la nuit, une armada de cochons dans mon entourage proche (une bonne vingtaine d’indiens ronflant comme des porcs alors que nous sommes arrêtés depuis une demi-heure et que les bruits du train ne couvrent plus cette odieuse ronflerie ; des odeurs de pieds dignes d’un « Aziz »... Un CALVAIRE pour les sens et mes nerfs qui n’ont pas été loin de lâcher cette fois-ci.

Jaipur aura signe mon retour a une solitude obligee, mais finalement bienvenue : j'en avais besoin pour me retrouver un peu. Du coup, j'en ai profite pour me reposer sans compter dans ma chambre miteuse d'une guest house miteuse mais pas chere : 15 francs la nuit pour une chambre double avec ma propre salle de bains et WC ! En revanche, l'eau chaude, c'etait en plus mais j'ai pu en avoir sur demande dans des grands baquets ! Quelle jouissance de se renverser un petit baquet d'eau bien chaude pour se rincer alors que la temperature exterieure est "glaciale" (reference indienne ! comptez une dizaine de degres la nuit et 24,25 en journee). Oui, depuis Udaipur, les nuits sont fraiches, parfois carrement froides comme a Jaisalmer dans le desert, ou dans les trains de nuits où je grelotte si je ne dors pas dans mon beau duvet decat'truc (chut pas de pub) a l'epreuve du froid.


Jaipur... Bilan mitigé. Quelques +, quelques – ... En fait, j’ai surtout eu besoin de faire l’autiste. J’ai passé pas mal de temps dans ma chambre à trier des photos et écrire mon journal. Ville assez étendue, mauvaise orientation, perdu plusieurs fois, monuments introuvables, gens obnubilés par le tourisme... Mouais... Suis content d’être resté dans ma chambre ! En revanche, j’ai vu mon premier « Mahal » (palace en Hindi). Le « Hawa Mahal », n’ayant rien à voir avec le Taj Mahal, n’en demeure pas moins un sérieux rival si ce n’est sur le plan de l’esthétisme pur alors au moins au niveau de l’originalité architecturale. Il a été construit en1799 par un maharaja pour permettre à ses dames de voir la vie de la ville et les défilés sans être vues.


C’est hallucinant, et fascinant. J’adore ! Je suis rentré pour visiter, le prix n’était pas exhorbitant pour une fois pour un monument célèbre. Pas de chance, il y avait des travaux qui gâchaient un peu la vue et aussi le plaisir de contempler un beau monument dans la tranquilité.

Le reste de la ville n’est pas captivant. Jaipur est surnommée la ville rose. En effet, tous les bâtiments de la vieille ville sont roses, tirant parfois sur le rouge-rouille.




Il y a quelques belles bâtisses, une belle vue sur une immense muraille au loin sur une colline qui enceinte encore un autre palais, des temples, que je commence à connaître, et beaucoup d’échoppes touristiques... Bon allez, j’avoue, j’ai acheté mon premier « objet touristique ». Moi qui m’étais juré de ne rien acheté, pour cause de trou dans le budget et aussi le sac à dos, je me suis laissé tenté et fait avoir comme un bleu ! Cela faisait déjà un bon bout de temps que je voulais m’acheter un sarrouel, appelé ici Ali Baba, vous savez, ces fameux pantalons très larges en bas où l’on a l’impression d’avoir ch... dedans... ! Je n’avais pas réussi à faire descendre le prix plus bas que 120 roupies à Jaisalmer, et Michelle m’avait dit que j’en trouverai à 100 à Jaipur, comme ce qu’elle avait négocié quand elle y était. Je n’ai même pas eu à marchander très fort, car le mec est très rapidement descendu à 100 roupies (10 francs - 1,5 €). Je l’ai pris. Point.


Je me suis perdu (volontairement cette fois-ci) dans des rues hors de sentiers-battus-par-les-touristes. Que c’est agréable de ne pas être entouré de gros lourdos patibulaires et irrespectueux ! Mais du coup, face à face, seul à seul avec la population de ces rues asssez pauvres, on ne passe pas inaperçu en tant que blanc. Je ne me suis pas senti très à l’aise car dé-vi-sa-gé avec insistance, même les chiens ne me souhaitaient pas la bienvenue, mais au moins j’aime voir le vrai côté des choses toujours beaucoup plus instructif. Je me promenait avec mon appareil photo en évidence, mais je n’en ai pas pris. Je voulais leur montrer qu’on peut avoir une relation différente entre locaux et touristes, autrement qu’à travers l’objectif. Pourtant nombre de sujets auraient mérité d’être immortalisés. « Kodak moments » !
Justement, au détour d’une vache-poubelle, une « garbage cow » comme on s’amuse à les appeler ici (entre routards), j’aperçois un terrain vague où sont entassées une bonne dizaine de vaches qui se reposent. Je m’y engage pour prendre quelques photos, loin des regards insistants de la rue. Des gens sont là. Je les salue. Très rapidement des enfants s’approchent de moi. Ils ne me demandent pas tout de suite une photo. Un peu plus tard, juste pour rire, juste pour voir ce que c’est, comment ça fait. Pas pour demander une pièce ou faire fonctionner l’usine à tourisme.
D’ailleurs, on voit bien à leur tête qu’ils n’ont pas cherché à poser. Ils étaient juste curieux. Et curieux de se voir sur l’écran. Quel plaisir de trouver encore cela, non corrompu par le tourisme.


Ces gens étaient très simples, très gentils, me proposant de prendre en photo un homme en train de traire une vache, me montrant même avec grande fierté une toute jeune brebis... C’était un beau moment.

En revanche, je suis allé me perdre dans un autre endroit de la ville, pas loin du City Palace. Là les gens n’étaient pas acceuillants, et pensaient que j’étais perdu et que je cherchais ce palace. Je leur expliquais que je visitais juste le quartier et que je ne voulais pas y aller. Mais rien à faire, ils ne comprenaient pas. Et demandaient des ptites pièces en échange de photos.... GRRRRRR ! Je me suis finalement laissé entraîné par des jeunes sympathiques en apparence, qui m’ont montré un chemin original tel un passage secret pour me rendre au City Palace. Tout cela était fort aimable jusqu’à ce que les jeunes se rétractent, devant estimer leur travail fini, et m’ont demandé une rémunération en conséquence... Pfff, chui vraiment trop bête d’avoir pensé l’espace d’un instant qu’ils avaient pu être sincères... Refusant strictement de payer, ils ont tenté d’exploiter leur filon jusqu’au bout : « Haschh ? you smoke ? », puis « Something to eat », et enfin « Give me your shoes ».... Bref, toute tentative de « raquetter » le touriste est bonne à prendre pour ces « mangeurs de touristes ». Mais moi je me laisse pas manger de ce pain-là bon sang !

Et il y a toujours ces marchés débordant de couleurs et de senteurs, qui se ressemblent toujours mais ont leur propre identité à chaque fois. Ça c’est beau, je ne m’en lasserai peut-être pas d’ici la fin du voyage.




J’ai pris un vélo-rickshaw pour rentrer à ma guest-house. Cela ressemble à un grand tricycle avec une selle pour le pilote et une banquette décapotable pour deux passagers. C’est assez unique ! Le contact avec ces hommes est bien souvent plus agréable qu’avec les conducteurs d’auto-rickshaws, ces sortes de pousse-pousse ou tuk-tuk noir et jaune. Les gars sont souriants, ont l’air heureux de vivre malgré un travail dur, surtout à cause de la pollution dans laquelle ils évoluent chaque journée. Et c’est un moyen de transport écolo et cela donne du travail à d’honnêtes gens. Je l’ai tippé allégremment !
On verra si je serai capable de prendre un vrai rickshaw, ie un rickshaw tracté par un homme marchant ou courant pieds-nus. On les voit dans le magnifique film « la Cité de la Joie » et aussi à Calcutta, dernier bastion de ces « pédo-rickshaw ».






d'autres photos :

toujours des personnes se lavant dans la rue...


une des portes de l'enceinte de la vieille ville. tres beau.



et encore des turbans !


lundi 2 février 2009

Jaisalmer, la reine du desert.


J’aurais été un peu déçu par Jaisalmer. L’image que j’en avais était bien plus magique et imaginaire que la réalité.
Un peu sur le même principe que Jodhpur, la ville s’étend autour d’un fort dont l’enceinte renferme une vielle ville et ses ruelles tortueuses, gavées d’échoppes à touristes.
Le fort est petit et beaucoup moins impressionnant que celui de Jodhpur.

La ville est petite, touristique, trop touristique. Les vendeurs de tout-et-n’importe-quoi sont partout, et je récite toujours le même refrain, las. « No, thanks ». Pourtant, on se sent bien dans cette magnifique petite ville aux abords du désert, ville où toutes les maisons sont faites en pierre brute ainsi que les fenêtres en pierre, finement ciselées.


Mais ce qui est troublant, c’est de ne pas pouvoir distinguer le « vrai » du « faux », le nouveau de l’ancien. Toutes les nouvelles maisons sont faites sur le même modèle que les anciennes, alors on ne sait plus trop là où il faut s’émerveiller...

Le palais à l’intérieur du fort est beau, il y a aussi des temples. Beaux eux aussi. Rien n’est peint ici comme c’est la plupart du temps le cas. Tout est brut. La pierre est nue. On sent le désert à plein nez. Le soleil déploie ses rayons dans un ciel plus que bleu et illumine ces pierres en leur donnant un aspect doré.






Nous partons faire un « camel safari » d’une demi journée dans le désert. Nous aurions voulu passer plusieurs nuits dans le désert, mais les prix commencaient à être trop élevés. Là, pour 350 roupies, soit 35 francs, une voiture vient nous chercher à notre hotel et nous emmène sur la route du désert. Dans la voiture, je fais la connaissance de Louis et Véronique, un couple de jeunes français, qui font eux aussi un tour du monde. Nous échangeons sur nos expériences respectives. Ils en sont déjà à leur neuvième mois de périple ! Que c’est sympa de rencontrer d’autres ‘tourdumondistes’ français ! Que c’est agréable de parler français ! J’aime le français !!
Nous nous arrêtons en route pour voir un temple et ses jardins. Il faut encore débourser quelques roupies. Je n’y vais pas, pour le principe. Le gars de l’agence nous avait bien certifié que tout était compris dans le prix.
Notre prochain stop nous fait découvrir un endroit magique : les puits ! Au milieu de ce paysage désertique (ce n’est pas encore véritablement le désert, mais plutôt une steppe arride), derrière une dune et quelques arbres, se trouvent les puits où les femmes viennent chercher de l’eau. C’est un festival de couleurs, de beauté et de grâce. C’est tout simplement mangifique !



Plus loin, encore une belle image. Un berger fait avancer ses bêtes sur la route au moyen d’un bâton. A quelle époque sommes-nous ?! C’est très beau.

Le prochain arrêt est le bon pour nous. Michelle et moi descendons de la voiture et avons notre premier contact avec les chameaux. Devrais-je dire « dromadaires » puisqu’ils n’ont qu’une bosse ! Mais l’anglais ne fait pas cette distinction.
Nous montons tous les deux sur la bête, la selle pouvant acceuillir deux personnes. Je me mets à l’avant comme ça je suis le pilote ! Les renes sont, non pas comme pour les cheveaux reliés à un mors dans la bouche, mais directement attachées à un espèce de piercing géant qui traverse le nez du pauvre animal ! Mais qu’importe, ils n’ont pas l’air de s’en plaindre et ont une attitude assiez altière ! Je m’enturbanne de mon étoffe blanche et tel un Lawrence of Arabia, avec ma belle effarouchée qui se cramponne à moi, nous nous engageons dans le désert pour une longue et chaude marche, dans l’espoir d’arriver au prochain caravansérail avant la tombée de la nuit... !


Un camel, ce n’est pas très beau, mais quelle grâce quand il se met à marcher ! D’en haut, l’effet n’est pas si terrible que cela : ayant fait de l’équitation, c’est sensiblement la même chose, avec des mouvements plus amples. (Pour les Jean-Pierre qui me lisent, ça ressemble un peu à Figaro monté au pas : ça balance bien quoi ! Spéciale dédicace pour Ean-Pierre.)



Nous arrivons au bout d’une heure et demi de promenade à « Sam Dune », THE spot au début du véritable désert de sable où tous les tours operators de safaris envoient leurs clients pour assister au coucher du soleil. Nous retrouvons nos français qui avaient poursuivi leur route en voiture. On nous avait dit à l’agence « No foot-print on the floor, no tourists, desertic place ». Mais bien sûr... Le spectacle que j’ai sous les yeux est affligeant et grotesque : pas loin d’un millier de personnes se sont massées ici sur toutes les dunes alentours. Elles sont mitraillées de traces de pas, envahies par cette foule impressionnante de touristes, indiens à 99%. Il y a partout des types avec leur chameau qui nous assoment de propositions à pas cher pour faire un ptit bout de « camel-ride » sur les « sand-dunes ». Que c’est pénible. En plus ils ne lâchent pas la grappe facilement. C’est désespérant. Beaucoup de femmes et enfants se sont « déguisés » en habits traditionnels, avec force bijoux et bonne couche de maquillage. C’est affligeant d’inauthenticité. Et pour quelques roupies, celle-ci acceptera que vous preniez une photo, là, des tout petits enfants danseront pour vous sur le son bancal d’une viole manufacturée précairement par le papa... Sans compter tous les vendeurs à la sauvette qui proposent « cold-drinks », « biscuits » et autres encas au cas où vous auriez une fringalle pas possible. Normal, c’est vrai, on est dans le désert.... Bref, un défilé pathétique et harrassant de troubadours plus faux que nature, le tout noyé dans une marrée humaine insoupçonnée et surtout inattendue.

Le pire, c’est que le soleil se couche à l’endroit même où toutes les tentes, prévues pour ceux qui passent une ou plusieurs nuits dans le désert, sont parquées dans de véritables camps organisés. Très romantique pour un couché de soleil. Sans compter les nombreux pylônes électriques qui dressent leur détestable armature métallique un peu partout dans le paysage, les déchets qui traînent déjà, encore et toujours sur le sol, et ces indiens qui continuent de prendre la nature pour une poubelle géante. Révoltant. Je rumine ma colère et observe, glacial, au couché de soleil le plus aseptisé que je n’ai jamais vu. Je m’efforce de mettre à la place ces images magnifiques de couché de soleil dans ce désert africain du Namib. Aucune comparaison possible.

Je suis bien content de ne pas avoir payé plus pour cette m.....
Content aussi d’avoir monté un chameau, expérience amusante, qui ne vaut pas qu’on lui accorde plus de temps que quelques heures (sauf si on traverse le désert en caravane comme Lawrence ou d’autres !)
Content d’avoir pu enfin partager avec des Français !


quelques autres photos :


de tres belles babiolles a brocanter.


un magasin officiel pour se shooter la gueule... c pourtant formellement interdit en Inde


les attrapes touristes devant le fort


Toujours des maisons colorees.


Le Rajasthan, pays des turbans.

Jodhpur, la ville bleue

Le recit est a venir, pour une fois vous aurez les photos d'abord !
Et vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir en grand.
Et aussi, soyez indugents pour toute les fote dortaugrapheu queue jeu fei deupui ledebu !


Voici le recit !

24, 25, 26 janvier : Jodhpur.

Changement radical d’atmosphère avec cette ville au nom mythique ! La ville bleue, comme on la surnomme, s’étend au pied d’un immense et impressionnant fort. Une deuxième enceinte courre en contrebas du fort et enferme la vieille ville, un véritable dédale de ruelles tortueuses bordées de maisons barriolées dans une dominante bleue. Malgré l’étroitesse des rues, l’autorickshaw se faufile entre les murs et canivaux, et moyennant quelques bons cahots qui nous secouent gentiment Michelle et moi, nous parvenons à notre guest-house, en ayant toutefois perdu toute orientation et tous repères ! Heureusement la maison possède un rooftop restaurant où nous ne manquons pas d’y grimper pour constater la vue... Et elle ne nous déçoit pas : le fort se dresse devant nous, imparable ! Quelle grandeur ! Et quel bleu partout dans la ville !

Nous remarquons une particularité architechturale dans les maisons. A tous les étages il existe de larges ouvertures dans le sol, toutes exactement situées au même endroit d’un étage à l’autre. Elles servent à donner de la lumière qui vient directement du rooftop et permettent aussi une bonne aération naturelle de la maison. C’est très intelligent et utile. Et ces ouvertures sont couvertes par de solides grilles qui servent alors de plancher et aucune place au sol n’est perdue.

Avec Michelle, nous décidons de nous rendre à pieds au fort, un peu d’exercice ne fait pas de mal, et cela nous évite d’avoir encore à marchander, chose fatiguante à la longue. Nous nous enfonçons donc, un peu au hasard, dans le labyrinthe charmant que nous proposent les jolies maisons bleues, avec pour seul guide la masse imposante du fort au loin à portée de nos yeux.

Nous croisons sur le chemin les habitants parmi lesquels les enfants sont toujours les plus accueillants et souriants. Mais trop souvent, bien trop souvent, ces mêmes adorables enfants réclament que l’on prenne une photo d’eux pour ensuite avoir une petite pièce... Du coup, je ne prends pas ces « photos-à-la-demande », c’est trop dénaturé. Je préfère capter un instant insouciant de vie quotidienne, la photo n’en est que plus belle. Mais c’est toujours un peu difficile car on a quand même toujours plus ou moins l’impression d’être voyeur et de photographier du bétail. Alors ce que je fais de temps en temps, quand les personnes voient bien mon intention de photographier, je leur demande la permission et leur montre ensuite le résultat, parfois pour leur joyeux étonnement, mais d’autres fois pour encore récolter la demande d’une petite pièce... Décidément, les indiens ont un sacré sens des affaires !

Notre chemin s’escarpe lentement et nous prenons de la hauteur. Le fort nous surplombe et le soleil aide à chauffer nos muscles endormis. Bientôt nous enjambons de grandes marches faites de grosses pierres et celles-ci nous conduisent directement à l’entrée du fort. Même d’ici, la vue est magnifique sur la ville.


Le fort est tout aussi impressionnant de l’intérieur. Il y a un tel travail de la pierre. Tout est finement ciselé, taillé, poncé et donne à l’ensemble une fière allure. C’est assez indéfinissable car le style est de moi inconnu mais c’est beau !






Il y a beaucoup de touristes indiens. Entre occidentaux et indiens, je ne sais pas lequel de ces groupes dévisage le plus l’autre. Nous, prenons des photos d’eux, toutes ces couleurs, ces turbans et saris exotisent notre champ de vision, mais eux, prennent également des photos de nous ! De manière plus ou moins délicate... Ce n’est pas toujours très agréable et cela donne à réfléchir sur ce même acte que nous faisons envers eux.

Ce petit jeu de la photographie se retrouve aussi au niveau du regard. Les indiens dévisagent les occidentaux de manière très persistante. C’en est presque gênant parfois. Du coup, même remise en question que pour la photgographie : est-ce que moi aussi le « blanc » je les dévisage à ce point ?

Peut-être...Sûrement même... Mais je crois à cette différence près que les Indiens le font comme un défi, gonflés d’orgueil ou de fierté, où très souvent, la fin de ce regard porté à l’occidental se termine par un rire moqueur d’une ostensibilité flagrante.

Nous poursuivons notre tour du fort en empruntant le large chemin de ronde et admirons la prodigieuse vue qui bée au delà des crenaux et des canons. Puis nos pas nous mènent à une autre sortie absolument désertée de touristes et nous pénétrons dans des quartiers populaires mais calmes où nous trouvons un contact chaleureux avec les habitants. Pas d’harcelements, pas de vendeurs agressifs, pas de touristes, mais des « vrais gens » qui nous saluent simplement alors que nous évoluons au milieu de leur quotidien dans la rue.

Que c’est agréable ! Je passe, et Michelle aussi, un excellent moment. Au détour d’une maison d’un bleu écarlate, des enfants jouent au criquet, nous barrant ainsi provisoirement le passage. Ils nous proposent spontannément de nous joindre à eux, ce que nous faisons avec plaisir ! Michelle passe la première et effectue son lancer, ce lancer si typique du cricket ou il faut faire des moulinets de l’arrière vers l’avant et finalement lacher la balle en étant complètement penché en avant. Le batteur frappe, la balle fuse, ricoche sur deux-trois murs et finalement atterrit dans une flaque encombrée de déchets : un des gamins la ramasse et me la colle directement dans la main : « Hum, charming ! » Qu’importe, j’improvise à mon tour un lancer avec un style bien débutant mais qui finalement portera ses fruits : ma balle sera trop difficile à frapper ! OUIII, l’équipe des blancs remporte la manche de justesse ! BRAVO !

C’était vraiment drôle et touchant et surtout réciproque. Tous les enfants et ado qui assistaient à la partie rigolaient de bon coeur et les adultes regardaient cela avec un oeil bienveillant et rieur. Nous poursuivons notre route, heureux d’avoir partagé ce moment très simple et authentique avec des Indiens.


Le lendemain, nous nous levons tôt pour aller au « Booking reservation office » pour prendre nos billets de train pour Jaisalmer. Un des inconvénients du train en Inde, c’est qu’il faut toujours s’y prendre à l’avance pour avoir une chance d’avoir une place. Il faut donc pratiquement toujours retourner à la gare le lendemain de son arrivée pour prendre son ticket pour repartir un ou deux jours après. C’est un peu fastidieux car du coup on passe beaucoup de temps dans les gares et ses looongues files d’attente. Files d’attente indiennes elles-aussi ! C’est-à-dire qu’on ne fait la queue en Inde, en « file indienne » comme in dit ici. Je ne sais pas d’où vient cette expression mais le mec qui l’a inventé ne s’est sans aucun doute jamais rendu en Inde : ici, faire la queue, c’est faire un tas ! On fait la queue sur les côtés, histoire de gratter au passage tous ces couyons d’étrangers, et on surtout, on se COLLE à la personne devant soi pour justement ne pas laisser une maigre chance de se faire doubler, et aussi j’imagine, tenter d’asphyxier deux-trois personnes au passage et ainsi gagner encore un peu plus de temps... ! Cette description n’est pas exagérée !

Nous avons de la chance car il n’y a personne. Cela fait un bout de temps que je remarque que les Indiens ne se lèvent pas tôt. En Afrique à 6h du mat’ ils sont tous sur le pied de guerre, ici les échoppes et même les marchés ouvrent timidement leur rideaux à partir de 9h30 10h00... Très étonnant.


Une fois notre billet en poche et après un contact toujours glacial et méprisant avec ces bureaucrates indiens (parfois je regrette presque nos gentils fonctionnaires !), nous nous dirigeons vers « Clock Tower » et son marché qui satellitte autour d’elle et dans les rues avoisinantes. Il n’y a donc encore pas grand monde et nous assistons à l’éveil de ce monde à part. C’est magique !


Ici des enfants en uniforme blanc et rouge qui vont à l’école, là des conducteurs d’autorickshaws en train de deviser avant les premiers clients dans la brise matinale, un verre de « chai » (prononcer tchaï) à la main [ le chai est un thé sucré assez épais mélangé avec du lait et du caramel : c’est ultra bon !], là encore c’est une petite vieille qui installe ses 3 régiments de bananes sur une toile de jutte à même le sol.... Nous sommes conquis !

Sans oublier les vaches, omniprésentes.





L'imposant fort de Jodhpur, avec son temple a l'interieur.


Scenes de la vie quotidienne pres du marche, le Bazaar en Inde.



En allant a Clock Tower et la place du Marche, un magnifique elephant faisant sa place au milieu du traffic !



samedi 31 janvier 2009

Udaipur, calme et majeste...


Hello, cela fait un bout de temps que je n'ai rien ecrit alors pour me faire pardonner, en voici une petite tartine, de quoi vous occuper un moment ! ET EN IMAGES SVP, pour la premiere fois depuis BIEN LONGTEMPS !!!


Ahmedabad, 21 janvier 2009, 22h

Je fais mes adieux à Florian, un suisse allemand avec qui j’ai passé ces deux jours dans cette cité frénétique et me dirige vers la gare dans un autorickshaw conduit par un chauffeur à l’honnêteté un peu trop zêlée. J’avais presque envie de lui dire à la fin : « Eh oh mon bonhomme, il faut quand même que tu tentes de m’arnaquer un peu, ou au moins que tu me fasses payer le prix « touriste », mais pas le prix indien ! Le comble !

Bref, je lui paye la course au même tarif que celui que j’aurais payé avec n’importe quel autre chauffeur, lui expliquant que le surplus fait office de pourboire. Il n’a pas l’air très content, peut-être un peu vexé que je ne considère pas plus et respecte son extrême honnêteté.

Je suis tout excité, et même un rien anxieux, car dans quelques instants, je prends mon premier train de nuit, en direction d’Udaipur ! Je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangé !

Le hall de la gare regorge d’une multitude de gens qui jonchent le sol en patientant entassés les uns contre les autres, souvent endormis, enveloppés de couvertures de fortune. Le tout baigné dans une lumière jaunâtre donnant à la scène un aspect assez surréaliste. Toutes les informations sont écrites en Hindi ou je-ne-sais-quelle-autre-langue indienne aux formes totalement inconnues et exotiques pour le petit occidental que je suis.

A ce propos, petite parenthèse instructive...

Il faut savoir que l’Inde recelle pas moins de 18 langues reconnues par la constitution, et plus de 1600 dialectes à travers tout le pays. Peut-être certains noms vous diront-ils quelque chose : bengali, marathi, kashmiri, nepali, sanskrit, tamil... pour les plus connus !

Plus de 50 ans après le départ des colonisateurs, l’anglais reste très largement parlé et demeure la langue officielle du judiciaire. L’hindi quant à lui est la langue officielle du gouvernement indien. Il est très répandu dans le Nord mais à peine parlé dans le Sud, et à peu près 20% de la population indienne le parle en tant que langue maternelle. Et il existe autant d’alphabets que de langues... Vous pouvez facilement imaginer l’effet produit par un immense tableau d’affichage reportant tous les noms, numéros et horaires des trains au départ de cette gare... tout écrit en Hindi ! ! !

Pour vous donner une idée des différents alphabets, au dos de tous les billets de banques, la valeur de la monnaie est écrite en 14 langues. Du CHINOIS !!

(Il me semble que l’hindi est la neuvième en partant du haut.)

Bref, le dépaysement en Inde se fait aussi par l’écriture !

Heureusement, les informations sont aussi en anglais, mais celui-ci se raréfie en dehors des grandes villes et n’est plus la langue la plus utilisée ! Les panneaux d’affichages électronique font défiler les informations en hindi : drôle d’effet ! Mais les chiffres sont les mêmes que pour nous alors on retrouve à peu près sur quel quai prendre son train !

Il existe pas moins de 4 classes « couchettes » dans les trains indiens et j’ai opté pour la plus rudimentaire, et aussi la moins chère. 15 francs pour 250 km et 9h de train ! Pô cher ! En tout, les trains indiens comptent 6 différentes classes, dont certaines présentent également des subdivisions internes... Encore un casse-tête chinois/indien, pour comprendre à quoi tout correspond...

Voici à quoi ressemble une sleeper class : d’un côté du couloir, 6 couchettes en trois et trois, dont celle du milieu se rabat dans la journée pour permettre aux passagers de s’asseoir et d’avoir un dossier. L’autre côté du couloir est pourvu de deux (parfois meme 3) couchettes disposées dans la longueur du wagon. Et toujours ces ventilateurs au plafond, quoi qu’il arrive.

Mais aucune utilité de ces engins car la nuit fut très froide. J’ai sorti ma polaire et ai dormi tout habillé, avec pantalon et chaussures. Je fais la connaissance d’un brave américain Ben, et de sa casquette des Lakers de LA... Il dort juste au dessus de moi.

L’arrivée approche, l’aurore pointe ses blanches pâleurs, je refait mon sac et le détache de sa chaîne que j’avais achetée à la gare d’Ahmedabad à un vendeur à la sauvette. Cela empêche juste de se le faire embarquer pendant son sommeil.

Brrr, quel froid sur les quais ! Il doit faire à peine 10 degrés ! Malgré cela, il y a des gens pieds-nus portant juste quelqu’ étoffe en cotton. La majorité des indiens sont emitouflés de couvertures, écharpes et turbans. C’est d’une grande élégance, en plus de sûrement tenir chaud ! La gare est excentrée de la ville et c’est un paysage montagnard composé de quelques grandes collines épurées qui nous accueille dans la lumière brumeuse de l’aube.

Nous arrivons à la guest house qu’avait retenu Ben. Elle semble un peu loin du centre d’Udaipur. Un ami du chauffeur nous a accompagné dans l’autorickshaw et parle un peu toutes les langues. Il présente bien, est jeune, beau parleur, a une belle tête, et est en fait un rabatteur non seulement pour son hotel mais aussi pour des visites de la ville. Je refuse gentiment l’invitation, mais Ben semble intéressé.

Nous partageons une chambre avec Ben, et c’est a peu près tout ce que nous partagerons ensemble pendant nos 3 jours ici à Udaipur ! Il préférait se la jouer solo. Sa visite avec le rabatteur était, sans être une arnaque, tout à fait prévisiblement de mauvaise qualité, ne voyant même pas les sites principaux !

De mon côté, j’ai préférer dormir encore un peu et prendre doucement mes marques.

La guest-house possède – comme beaucoup – un rooftop restaurant d’où la vue est magique sur le lac et les palais aux formes gracieuses.

Ici et là il y a des espaces pourvus de matelas et coussins colorés qui appellent à la relaxation et la détente. Des gens sont déjà réveillés et se prélassent dans ces cocons un livre à la main dans un paisible silence. Le soleil me réchauffe doucement puis très vite devient trop fort pour mon corps refroidi par la nuit. Je passe un petit déjeuner magique. Tout invite au calme, à la sérénité, même à la méditation pourquoi pas !


Nous sommes au paradis ici ! Après la folie d’Ahmedabad, voici la douceur d’Udaipur. Plus de klaxons harceleurs, plus de pollution, on entend même le chant des oiseaux et je vois pour la première fois depuis longtemps un VRAI ciel bleu !



Udaipur est la fameuse ville où a été tourné un célébre James Bond « Octopussy ». Contrairement à beacoup des James Bond tournés dans des studios, la majeure partie des scènes de celui-ci a été réalisée dans la ville même, sur le lac, aux abords et dans les palaces. Cela fait du coup tout drôle de s’imaginer Sean Connery fièrement piloter son cannot à moteur pour aller chercher sa douce sur les marches du prestigieux Lake Palace Hotel.



L’endroit n’en revêt que plus de mystère et d’imaginaire. Je me prends à naïvement rêver d’aventures James Bondesques où je suis le héro et déjoue les complots dans les ruelles étroites de la vieille ville.

Mais le fond musical joué par la mini-chaîne du restaurant me sort de mes divaguations intrépides pour me refondre dans une réalité fondée de calme et de douceur. J’ai maintenant l’impression d’être à Lhassa et de méditer sur ma vie au son monocorde des gigantesques trompettes des moines népalais. Mais quelle est donc cette puissance invisible d’Udaipur à nous enjoindre à tant d’imaginaire ?!

La guest-house est un vrai labyrinthe en elle-même. C’est un dédale d’escaliers, portes, couloirs et corridors, marches, plate-formes et balcons où les murs sont blancs et ornés de magnifiques peintures ou fresques aux couleurs affirmées. Je suis dans un conte des Mille et Une Nuits, c’est sûr !

Notre chambre tient également toutes ses promesses. Elle se situe dans la partie haute de l’édifice et nous y avons accès par un escalier extérieur. De ce donjon, nous surplombons les autres bâtiments nous offrant une vue imprenable sur l’Est de la ville d’un côté, et sur la vieille ville et son palais de l’autre. Le tout pour 20 francs la nuit ! Je vais me plaire ici, je le sens !

Ces 3 jours à Udaipur seront très reposants et m’auront livré les secrets de cette cité magique. L’imposant palais des mahajaras (le plus grand du Rajasthan), les venelles tortueuses et encombrées de la vieille ville, le Lake Palace, cet hotel luxueux qui recouvre complètement un bout d’île au milieu du lac, un temple indo-aryan, les marchés agités aux mille couleurs et saveurs, tout à Udaipur m’aura conquis.



Excepté la fréquentation touristique. TROP, beaucoup TROP de touristes, en plus français dans une grande partie ! Là où j’aurais supplié pour trouver des compatriotes ou même juste des compagnons de route sur les itinéraires désert(é)s de l’Afrique, ici je fuis tous ces touristes et ces français dont certains semblent ne venir en Inde que pour cette irrémédiable attirance mystique et spirituelle qui émane de certains lieux. Il y en a un qui, me parlant anglais de son affreux accent français, m’a proposé une bonne herbe à fumer, "ça aide bien dans les longs voyages"... Jusqu’à maintenant, seuls les indiens me proposaient du « haaaaasch », mais là si même les touristes s’y mettent...

Je n’ai pas aimé toutes ces enseignes publicitaires (encore peintes à la main !) surchargeant les rues qui venaient achever et compléter le travail des rabatteurs. A chaque pas, un harcelement. Et j’ai toujours eu du mal à trouver ce que je voulais (resto, rue, direction), les rues croulant sous ces fameuses enseignes et le pauvre Vincent ne voulant pas sortir son guide sous peine de se faire envahir de parasites mal intentionnés...!

Il est alors temps de partir. Je mets les voiles direction Jodhpur, nom pour moi à la résonnance mythique, et j’abandonne au petit matin du 25 janvier mon "cher ami" Ben qui aura été malade toute la nuit.

Cette fois-ci j’ai décidé de prendre le bus. Je veux tester la différence d’avec le train et voir si les bus indiens sont à la hauteur des bus africains. On m’a dit que les chauffeurs étaient des fous sur la route. Tiens, ça me rappelle quelque chose...

« Bonjour, c’est la première fois que tu prends le bus ? »

« Oui, ça l’est. Pour toi aussi ? »

« Oui, pour moi aussi. Il paraît que c’est sportif ! »

Elle, c’est Michelle, une Néo-Zélandaise qui se rend à Jodhpur.


la suite bientot, en IMAGES ! quelle class !

mardi 20 janvier 2009

Ahmedabad, une version miniature extrapol(u)ee de Bombay...

ENFIN j'ai quitte Bombay, je n'en pouvais plus de rester sur place a trepigner de ne pouvoir partir. Pourtant j'ai vraiment pris du bon temps ces derniers jours :

- rencontre d'un de mes cousins issue-de-germain Dalmas que je n'avais pour ainsi dire jamais vraiment connu. Tres sympathique !

- 7h passes dans un magasin d'informatique pour avoir un ordi remis presqu'a neuf, mais en anglais ! Un calvaire pour mes nerfs a la longue !

- une avant-premiere d'un bar-boite ultra Hipe et lounge dans la quartier chic de Bombay, habille comme un pouilleux, avec TShirt et pantalon immonde Quechua et des gros ecrase-merde toujours de chez Decathlon ! C'est limite si on nous a pas demande de rentrer... Musique ultra forte et mal calibree, addition trop salee par tentative d'arnaque d'un serveur trop gourmant, soiree aux cotes d'une jeunesse doree indienne bien triste (et bien laide alors que les Indiens sont si beaux). Bref, on s'est bien amuse avec Jerem mon cousin et Jack, un pote anglais rencontre a notre hotel !

- Participation a un tournage d'un film de BOLLYWOOD pendant toute une journee : 12h de boulot-presence pour la modique somme de 500 roupies = 50 francs = 8 euros ! Costumes qui voulaient faire branches, studio et decors miteux (tout en bois, c'est moins cher), figuration en arriere plan, parfois meme peut-etre un gros plan (a verifier), un realisateur qui s'interesse a ma carriere (bon il m'a simplement demande ou j'habitais !!! Mais c'est un debut !).... Bref, je vous annonce que ma carriere d'acteur est bel et bien en train d'etre lancee ! Ca mene a tout un voyage en inde !! Sortie du film prevue en juin, titre : PHHIR, jeu de mots avec 'fear' en anglais. Mais pas sur. Je n'ai pas tres bien saisi l'enigme du film, mais c tres bollywoodien, tres complique pour pas grand chose en somme, avec beaucoup de longeurs !




- Une longue galere pour prendre un billet de train... Il faut avoir fait ca dans sa vie, c'est OUF !

- Et aujourd'hui : leve 4h pour 9h de train en seconde classe (la plus basse) et enfin la decouverte du paysage indien. Quelle deception, tout n'est que crasse, dechets, salete, pauvrete, bidonvilles, des gens defequant aux vues de tous, du gris, de la brume partout (pollution + humidite), je veux voir un soleil et un ciel bleu, mais VRAIMENT. Rivieres, cours d'eau, du plus gros debiteur d'eau douce a la plus ridicule marre, l'eau est de-gueu-lasse, mais pas marron, ca ca irait. Elle ressemble juste a de l'eau croupie, couleurs immondes, algues de moisissure... Et des dechets qui flottent... Mais mon Dieu quelle tristesse, cela pourrait etre si beau. Les Indiens sont pareils que les Africains : ils jettent. Ils jettent tout, mais par la fenetre (sens propre et figure) et ils se servent de la nature comme poubelle.
Les images sont dures, notamment celles des bidonvilles qui jouxtent la voie ferree. Les odeurs sont parfois insoutenables (poisson pourri, merde), parfois vraiment desagreables (plutot rejets industriels). J'ai enfin attrape mon premier rhume et ne risque pas de m'en separer avec toute cette pollution.
MAIS, je vois mon premier temple, et ca... c'est au dela des mots ! Ou sont-ils alle chercher une telle imagination architecturale... Incroyable ! Et rouge !
Et connaissance et echange avec mon voisin de banquette, indien de 22 ans, electricien depuis 12 ans (oui ca fait peur de connaitre son age a ses debuts), qui gagne 4000 roupies par mois, soit 400 francs, soit 61 euros. Salaire moyen ici. Il parle anglais tres difficilement et c'est un bonheur de s'adonner a cet exercice de la communication. Le temps passe plus vite. Il porte un bonnet malgre la chaleur. Je lui demande pourquoi. Il me repond en decouvrant sa tete que son pere vient de mourrir (du palud) et que c'est la coutume ici pour les hommes de se raser les cheveux a la mort du pere. Ils attendent qu'ils repoussent.
Le ticket m'a coute 125 roupies, soit 12.5 francs pour 9h et 500km !!!
Le toit du wagon est crible de ventilateurs, drole d'effet mais finalement tres utile.
Je commence a me rendre compte du nombre faramineux que forment les indiens... Ces gares sont de vraies fourmillieres...! Ca grouille de partout !
Et je ne passe pas inapercu dans le train : beaucoup de regards amuses ou defiants s'adressent a moi.

Arrivee a Ahmedabad, petite ville de 5 millions d'habitants. UN CHAOS total ! ! ! Jamais je n'ai vu ca encore. Bombay a cote c'est la proprete du metro de Tokyo (je sais je n'y suis pas alle mais ca fait bien de dire ca!) et question traffic, c'est ridicule egalement compare a celui d'Ahmedabad... Pour la premiere fois, j'ai vraiment eu peur en autorickshaw. Ils sont fous-furieux, une telle densite de ces autorickshaws, de cyclistes, pietons, motos, scooters, bus et quelques voitures... Du jamais vu. Mais le pire, le plus impressionnant n'est pas ce traffic dentesque en soit, c'est que tout se passe sans aucun accident... ! Et quelle pollution... Impression d'avoir fume 3 paquets dans la journee...

Je reste toute la journee de demain ici pour une acclimatation aux monuments et temples indiens et ensuite, direction Udaipur avec son temple qui est le numero 1 des highlights du Lonely Planet ! Ca va me faire briller les yeux !

Vite au lit, je suis extenue.

mercredi 14 janvier 2009

Les problemes, encore et toujours...

Mirren m'a quitte hier pour les plages reposantes de Goa, plus vers le Sud. Je me retrouve seul et d'un coup, mon budget quotidien devient nettement plus difficile a respecter...

Je pars pour "Lamington Road", la rue qui heberge TOUS les magasins de 'computers' de la ville.
Je passe d'abord par Chor Bazaar, quartier nettement moins propret que Colaba avec zero touriste s'y promenant. La, c'est l'Inde que j'imaginais. Non pas que Colaba soit une parfaite banlieue, loin de la, mais c'est un peu trop touristique pour pouvoir saisir authentiquement l'Inde, enfin plutot l'authenticite d'une grande megalopole indienne telle Bombay.

Les rues sont tres sales, cela sent tres mauvais, et les gens sont tres pauvres. Les maisons sont en bois. La poubelle est la rue. Les images sont dures, c'est interessant, on a l'impression d'etre dans le vif du sujet. Les commerces en batiments se succedent, de meme que les petites cantines ou jamais je pense ne pouvoir m'attabler (raison hygienique !). Le paysage s'eclaircit pour laisser place a des habitations en dur. Batiments pourtant decrepits, installations electriques "a l'indienne", immenses buildings en construction bordant la ligne d'horizon, et toujours des Intouchables avec le sol pour maison. Il faut que je me pose, mes jambes et mes epaulent me brulent, je marche depuis trop longtemps.

Je prends un lassi, sorte de yahourt melange avec du petit lait, c'est sucre, c'est frais, cette boisson a remporte les elections haut la main pour mes pauvres petites papilles gustatives d'occidental. Je teste plusieurs choses, mais c'est de loin trop epice pour moi, et je retrouve egalement ma bete noire, que je pensais avoir laisse en Afrique : la coriandre... Ahhh, quelle HORREUR ! ! !
Je pense qu'apres l'Inde, je vais ressembler a une galette de pain geante, tellement j'en aurais ingurgite ! Ici, le pain s'appelle Nan, Roti, ou autres. La carte d'un resto lambda est d'une richesse... Impossible de tout lire et de demander au serveur a quoi tout correspond !! Les prix des plats oscillent entre 2 et 10 francs ! Et il faut manger avec la main droite, la gauche servant coutumierement aux taches peu elogieuses...

J'arrive a Lamington Road : on dirait Tokyo ! Foultitude d'enseignes (non clignotantes toutefois !) de marques d'electronique et d'informatique. Je prends espoir pour mon ordi. Je fais plusieurs magasins pour avoir une idee du prix du depannage que je demande. Cela n'a pas l'air bien sorcier. On m'emmene finalement chez "l'oncle", un pro, le boss en info. C'est un technicien senior, car ceux du magasin sont des ptits jeunes pas encore assez cales. C'est dans une petite rue perpendiculaire, dans une toute petite piece sans fenetre au bout d'un tout petit magasin ou regne une chaleur et une humidite... indiennes. L'espace de deux secondes, je me demande dans quoi je me suis encore fourre... Mais tout va bien se passer, excepte la reparation qui, au bout de trois heures se soldera par un echec... Il lui faut le CD d'installation, il ne peut pas court-circuiter le virus, et en plus les dossiers sont en francais, et je ne peux pas l'aider.

Le dernier recours est le formatage complet et la reinstallation d'une nouvelle version de windows, en anglais cette fois-ci. Bref, ce n'est pas pour tout de suite que vous aurez des photos. (Je ne peux pas ici non plus transferer des photos a partir de mon appareil-photo, ca ne marche pas).

Resultat, je suis coince a Bombay dans laquelle je commence a tourner un peu en rond, alors que toutes les merveilles de l'Inde m'attendent quelque part ailleurs (la Bibine, tu pourrais mettre "somewhere else" ;) !). Au moins, j'ai le temps de preparer mon itineraire et de mettre a jour les articles de ce blog souvent incomplets a la premiere edition !

Je file me faire un MacDo pour la modique somme de 2 euros pour un menu XL, avant de rentrer a l'hotel pour continuer tranquillement de potasser ma bible, le Lonely Planet India, en anglais bien sur. Je l'ai achete neuf dans la rue, 11 euros, alors qu'il vaut 30 US$ et n'est meme pas disponible en France ! Vivent les bonnes affaires !