dimanche 29 mars 2009

Happy Birthday

Cher Journal,
aujourd'hui est un grand jour : voici 5 mois tout pile que j'ai quitte ma douce vie franco-mancelle pour les turpitudes passionnantes du voyage.
J'en ai a peine fait la moitie : a peine la moitie du temps, a peine la moitie du tour du globe... Mais ouf, heureusement, car ne dit-on pas que la premiere moitie est toujours la plus longue, et qu'une fois passe le milieu, l'autre moitie defile a toute allure ? Et moi je voudrais que cela dure, dure, et dure encore !

Bien sur ma famille et mes amis me manquent !
Bien sur la solitude et l'isolement d'un voyage en solo me pesent de temps a autre !
Mais quelle aventure !

Alors, que cela continue, et Happy Birthday !

vendredi 20 mars 2009

Kuala Lumpur

Heyyy, je suis encore à la bourre pour mon blog mais, vous en conviendrez, cela est devenu une normalité car impossible d'updater quotidiennement.

J'ai atterri le 1er mars à Bangkok où j'y ai passé 4 jours, puis ai passé 7 jours sur une île quasi déserte de touristes, puis 3 jours pour voir des temples et enfin, je suis descendu dans le sud à Railey près de Krabi, et en face de Ko Phi Phi, pas loin de Puhket.

Eau vert émeraude, hallucinant ! mais vie hors de prix !

Et me voici maintenant à Kuala Lumpur, capitale de la Malaysie où j'ai retrouvé une amie française qui cherche du taf à Singapour ! Le monde est trop petit pour nous autres !!

Je vous poste tout ça dès que possible pour que vous ayiez plus de détails et des photos.

Je m'envole dans 2 jours pour Bali et arrive le 10 avril a Sydney puis Melbourne le 13. Je retrouve mes petites australiennes rencontrées en Afrique en Namibie ! Excitation !!!

A pluuus

vendredi 13 mars 2009

Hampi et ses ruines.

Je n'ai pas du tout aimé Hampi, du point de vue de l'ambiance et de l'atmosphère qui s'y dégageait... TOURISTIQUE... ! Du coup les Indiens ne sont pas sympas, la vie est chère, on ne peut rien marchander... Ouhhh que j'aime pas ça... C'est dommage car le site est tout simplement hallucinant !

Déjà le paysage de Goa jusqu'à Hampi est parmi les plus beaux de ce que j'ai pu déjà voir en Inde.

Mais arriver sur le site historique de Hampi, c'est faire un bon dans le passé. Ces paysages m'ont un peu fait penser à ceux que l'on peut voir à Assouan, en Egypte.



Le site, qui s'étend sur des kilomètres carrés, est truffé de temples et monuments en tout genre.



Il y aussi des gens qui habitent dans les anciens 'bazaar', ces marchés qui prennent racine à la base des temples et s'en vont en de longues allées bordées d'arcades qui abritaient les échoppes. Aujourd'hui, ces arcades servent d'habitations !




Ailleurs, les scènes de la vie quotidiennes sont d'une autre époque. Les vaches croisent dans les rue par troupeaux, les femmes font la lessive en faisant de grands moulinets où chaque fois que le linge passe près du sol, elles l'en frappe avec force (manière astucieuse de ne pas avoir à frotter le linge ! mais qui éclabousse le badaud qui passe par là!), les rizières regorgent d'eau et de verdure... La vie semble tellement paisible au milieu de toute cette frénésie touristique.




Ici des femmes nettoient les dalles une à une avec serpette pour en enlever les mauvaises herbes. En plein soleil.


Les vaches-buffles qui doivent avoir un radar collectif pour se mettre à pisser toutes en même temps, au même passage ! Véridique !

J'ai rencontré de jeunes danoises là-bas, et le premier soir nous sommes partis avec un israélien (avec qui je partageais ma chambre) de l'autre côté de la rivière pour dîner dans un cadre idyllique : au bord des champs et des rizières, sans aucune trace de vie à l'horizon ! Canon !
Seulement, nous ne savions pas que nous avions pris la dernière barque pour y aller. Résultat nous nous retrouvons prisonniers de l'autre côté de la rive. Nous nous mettons en quête du passeur, qui veut bien nous refaire passer de l'autre côté mais pour un tarif très élevé ! Forcément ! Tarif de nuit ! Et il n'utilisera même pas sa barque motorisée, mais une grosse coquille de noix faite uniquement d'osier, avec 10 cm d'eau dans le fond... J'avais mon sac à dos avec toutes mes affaires précieuses dedans... J'ai eu, je pense, un peu plus peur que les autres ! Mais, pour nous rassurer, le passeur nous a dit qu'il pouvait mettre 15 personnes dans cette demi-sphère en osier ! Nous n'étions que 5.

Finalement, nous avons pris la chose à la rigolade et nous aurons tourné ce maigre incident en une véritable aventure digne des plus grands explorateurs !!!

mardi 3 mars 2009

Le Kerala, moi j'aime ça !

Alleppey, berceau des backwaters !
Ils appellent ça la venise indienne ! Ville parcourue de canaux et étiers au milieu d'un paysage aquatique par excellence : ici la mer et les eaux douces règnent en maître sur les lieux. Les palmiers et bananiers finissent de compléter le tableau idyllique !


Alleppey est donc le point de départ de nombre de 'croisière' sur ces canaux. Il y en a pour tous les goûts, du canoë 2 places où - l'on aide le 'puller' à ramer - jusqu'au véritable house-boat, maison flottante qui peut être très luxueuse.

C'est tout simplement génial ! J'adore ce calme, cette tranquilité et la verdure qui va avec. C'est tellement reposant de se laisser glisser au fil de l'eau... Et il fait tellement chaud et humide ici, c'est dingue ! L'eau apporte cette touche de fraîcheur salvatrice !

Après un formidable jeu de piste dans les rues d'Alleppey, je parviens à retrouver mon couple de français, que je croyais ne jamais revoir, vu que j'avais mal compris leurs messages ! C'était tellement sympa de se retrouver, de parler français, se raconter nos petits bouts de voyage en Inde, ce qu'on avait fait depuis Jaisalmer, et fumer une cigarette autour d'une bonne bière Kingfisher ! Soirée géniale !

Je ne peux malheureusement rester plus longtemps car j'ai encore un programme chargé qui m'attends. Je dois remonter plein nord le long de la côte pour aller à Goa et attendre toute la nuit un train pour Hampi, le centre historique de l'Inde.

Mysore et le palais aux 100 000 ampoules !


Le seul train que j’ai trouvé part à minuit... Malin, ça me fait arriver en pleine nuit et bon courage pour trouver un trou où poser ses affaires et dormir un peu avant le lever du jour. Mysore est très proche de Bengalore mais les trains indiens ont parfois des mystères insondables et nous devons quand même mettre 5h pour y arriver. J’avais réservé une place en classe ‘sleeper’, comptant quand même dormir un peu pendant le trajet.

Mais avant de dormir, il faudrait que le train arrive ! Belotte et re-belotte, encore du retard. 3heures à attendre dans le froid (j’ai mis ma polaire !) sur la passerelle pour guetter mon train, les informations étant très approximatives ce soir là de la part du personnel. Finalement le train arrive et les indiens déploient encore leur hystérie-de-la-place... Sont tarés... Le train roule encore et déjà ils catapultent leurs sacs dans le wagon et tentent d’y rentrer en courant après le train pour s’y aggriper, ou tout simplement en se jetant par les fênetres (mais à l’intérieur !) dans l’espoir de trouver une place... Il faut les voir !

Crânement assuré d’avoir une place numérotée attitrée, c’est d’un pas lent mais léger que j’évolue sur le quai à la recherche d’un wagon ‘sleeper’... « C’ui-là non, lui non plus, avant-dernier non et dernier : NON PLUS ? C’est quoi cette arnaque !! Ya que des secondes classes (dernière classe en Inde), et en plus pas des plus modernes ». Les indiens ont du estimer que pour un trajet aussi court que cela, on n’a pas besoin d’une couchette ! Encore un caprice bien de touriste... Je n’ai même dans l’idée d’aller faire une réclamation pour être remboursé. On est tellement loin de ça !

Je me dégote tout de même un coin tranquille dans le dernier wagon mais je suis vite colonisé par des locaux trop content de trouver d’un coup antant de place. Qu’à cela ne tienne, le petit blanc-bec ne va pas se laisser bouffer tout cru : une fois mon gros sac enchaîné à la banquette, je pousse mon petit sac près des fesses d’un jeune gars et je m’y repose la tête en m’allongeant de tout mon possible pour faire comprendre à tout le monde ma ferme intention de dormir et de ne pas partager plus que cela ma couchette de fortune. Il est 3h du mat’ et mon éveil ne demanderait pas mieux que de passe le relai à un bon sommeil réparateur.

Je suis toutefois allongé en chien de fusil car la banquette n’est guère longue et l’indien assis près de la fenêtre prends de la place ! Le voyage sera assez fatiguant, nous avons attendu une demi-heure avant de partir et le train s’arrêtera d’innombrables fois pour... on ne sait quelles raisons. Nous arriverons finalement à 8 heures passées et le côté positif de ce retard est que je n’ai pas à chercher une chambre dans le froid de la nuit !

Une fois installé dans un hôtel dont le standing était là encore au delà de toutes mes espérances (et pour un prix plus que raisonnable), je dormirais tout mon saoûl pour rattraper la plus que médiocre nuit passée chez l’IRCTC (la compagnie ferroviaire indienne).

Les lieux sont agréables dans cette petite ville. Tout est à proximité, la vie n’est pas chère du tout (7 Rs pour des jus de fruits frais pressés sous vos yeux alors que partout ailleurs cela coûte au moins 20 Rs, voire 40 dans un resto), et le tourisme semble plus indien qu’étranger et ne semble pas avoir affecté la ville : on y évolue tranquille !

Pourtant je remarque que c’est la première fois depuis que je suis dans le sud que je vois autant de blancs. Mais cela reste très correct.

Je prends mes petites habitudes au resto populaire du coin. Une chaleur là dedans ! Je cherche désespéremment un café internet dans cette ville où le Lonely Planet dit qu’il y en a tous les coins de rue (Heu, dis Lonely, ça fait combien de temps que t’es pas venu ici ?). Internet sera presque une priorité à cette étape car je me sens seul et ai besoin de soutien et de nouvelles de mon entourage.

Deux principales choses à voir ici : le marché, soit-disant le plus coloré de l’Inde, et le Palace, le célèbre palace de Mysore.

En effet le marché est une louange aux couleurs ! Non seulement on y trouve tout ce qu’on trouve partout ailleurs, mais on peut aussi y acheter des couleurs ! C’est pas indien ça comme possibilité ?! Moi je trouve le concept génial ! Acheter des couleurs !

Toutes ces couleurs sont disposées en cylindre cônique sur les étals et il n’y a qu’à se ravir les yeux ! C’est très beau !

Je demande à un jeune indien, teneur d’un stand, si ces pigments sont naturels et à quoi servent ces couleurs ?! C’est pour se mettre sur le front, vous savez ce petit cercle –souvent rouge et dont j’ai oublié le nom – symbole indien par excellence ! Je ne savais qu’il y avait une telle gamme de couleurs. Et tout est 100% colorants chimiques ! Mais bon, ça fait son effet !




Le palais est (très) décevant. Malgré l’immense fierté dont la ville fait preuve à l’égard de son palais, on est encore sceptique devant la prise en charge si kitsch d’une telle originalité architecturale... Ils lui ont collé des ampoules partout ce qui, de nuit lui donne une allure folle à la manière d’un magasin Harrod’s en plein boom de Noël, mais de jour, lui confère un côté ‘toc’ totalement dépourvu d’une quelconque valeur historique.

L’entrée dans le palace coûte encore horriblement cher, pour ce que c’est, et comparé au tarif ridiculement bas que les Indiens ont à débourser... En plus, l’appareil photo est interdit dans le palais donc il faut retourner à l’entrée de l’enceinte pour l’y déposer à la consigne et payer encore quelques roupies. En outre, il faut aussi rentrer pieds-nus et laisser ses chaussures à un ‘vestiaire’ et payer encore. Alors là, certainement pas ! Marre d’être une vache à traire ! Je paye déjà suffisamment cher l’entrée. Bien évidemment, la ‘maison’ dispose d’un tapis roulant aux rayons X, comme dans les aéroports, pour voir si on ne transporte pas une bombe dans son sac ou encore un appareil photo qu’un petit malin pensait disséminer pour échapper à tout contrôle...

Après avoir argumenté pendant 10 minutes avec un militaire gentil et pas trop borné, je réussi à entrer dans le palais avec mes tongs coincées dans le filet de mon sac à dos et mon appareil photo gentiment rangé dedans ! Comme quoi, tout est vraiment possible ! Abusé !

L’intérieur revêt des aspects grandioses et c’est une succession de salles et de décors très chargés, sombres mais colorés et dorés, qui rythme notre parcours (un peu trop court) dans le palais – parcours parfaitement organisé, maîtrisé et surveillé par toute une kyrielle de gardes armés.















Mouais, ça casse pas des briques, je suis déçu et surtout encore énervé par toute cette histoire d’ « entrance fee »... Mais ça va continuer... ! Le ticket nous ouvre également les portes d’un musée mais une fois devant ses portes, toujours dans l’enceinte du palace, il faut repasser à la caisse et payer à nouveau un somme assez importante pour pouvoir rentrer. J’engueule les gars du guichet et les gardes armés, je trouve ça scandaleux et tourne sèchement les talons pour sortir définitivement de cet engrenage vicieux où tout est bon pour assècher le touriste de son fric...

Je me rends compte que mon comportement ressemble de plus en plus à ce que je tiens en horreur : le touriste hargneux qui se croit au dessus de tout le monde et croit pouvoir faire ce qu’il veut... Ouhlàlà... Mais bon, au bout d’un moment, y’en a marre de n’être considéré que comme une machine à sous où chaque tirage est gagnant, tout comme être pris pour un con, avec sans cesse des informations contradictoires pour semer la confusion et au final noyer le poisson. Moi je dis NON ! Je refuse de jouer à ce jeu là et tant pis si cela doit me coûter quelques statues, temples ou tableaux... !

Tiens, j’ai reçu un mail des mes potes français rencontrés à Jaisalmer pendant le ‘camel-safari’. Ils me disent qu’ils sont dans le Kerala (état qui borde la côte de la mer d’Arabie sur des centaines de km, depuis l’extrême sud du continent), et devraient être à Alleppey d’ici 2 jours. Le Kerala et les backwaters, ahhhh, je rêve de ça.. ! Ok, ça tombe bien, je voulais bouger, toujours sans savoir où aller ; là j’ai un lieu, une date et un RdV, c’est parfait, je fonce !




Bienvenue dans le Sud indien : quel changement !!!

Après avoir atterri à Chennai (dont l'ancien nom est Madras) et y avoir passé une petite nuit, j'ai pris un train direction Bengalore, tout en regrettant de quitter si vite le Tamil Nadu et ses merveilles... Il faut faire des choix, toujours, et encore !

Me voici donc en route pour Bengalore, ville au devant de la scène économique plus que partout ailleurs en Inde. Apparemment, rien à y faire en tant que touriste - d'ailleurs aucun blanc en vue dans le train - vue que c'est un haut lieu du business indien...

Les choses ont en tous cas changé depuis que j'ai quitté le Nord.
-Je peux enfin voir un ciel franc et courtois, non saturé de pollution et blanchi par un voile de brume.
-Les gens semblent sensiblement plus sympathiques : pendant le trajet en train depuis Madras, j'ai passé mon temps à parler avec des locaux qui sont sont venus me parler de leur plein gré ! Même des hommes d'affaires, qui voyageaient en 3ème classe comme moi ! Incroyable contact avec les gens ! et si gentils et généreux !
-La bouffe est carrément plus épicée même si l'on demande pas épicé du tout ! Ont-ils vraiment l'habitude de voir des touristes ??! Et on a beau demandé un 'Malai Kofta', plat nordique, ça ne ressemble pas du tout et n'a pas le même goût qu'au Nord !
- C'est PLUS PROPRE ! Ahhhh, quelle satisfaction ! Et quels payasages magnifiques de rizières notamment !
- et bien sûr : on ne parle et on n'écrit pas hindi, mais tamil ! Encore plus incompréhensible que l'hindi ! C'est là notamment qu'on trouve des noms de villes à tiroir (tu peux en remplir des commodes là, à l'aise ! Exemple : Thiruvananthapuram, rebaptisée en Trivandrum, c'est déjà plus simple !)

Je me suis quand même posé la question plusieurs fois : "mais qu'est-ce que je fous là", vu que cette ville est loin d'être la destination touristique phare du sud indien ! Et étant le seul blanc, on se demande parfois si on fait bien d'être là, si c'est pas louche de ne pas voir d'autres routards... !

Qu'importe ! J'y suis j'y reste ! Il doit bien y avoir quelque chose à faire !

Une amusante galère à 11h du soir pour trouver une chambre dans cette ville forcément un peu plus chère que la moyenne au niveau logement, et je me retrouve dans un hotel d'une
propreté douteuse car pas indienne ! Mais en fait si, c'est comme ça dans le sud, c'est plus propre !

Demain, je me mets en quête de trouver les trésors Bengaloriens. Et je ne vais pas être déçu, loin de là !
Des temples biscornus avec moult couleurs,


des scènes de marchés aux mille couleurs et senteurs,











des scènes de la vie quotidienne







encore d'autres temples si indiens !!





Que j'aime ces moments où les touristes sont absents, et où même les routards ne sont pas. On ne se sent pas obligé d'aller voir tel ou tel monument, car il faut le voir puisque l'on vient bien pour ça... Il n'y a aucun harcèlement, on évolue librement, on se crée son parcours, on déniche des coins, des choses intéressantes à voir, c'est la vraie routardise, comme je l'aime !

Et pourtant, il y avait tant à faire et à voir dans cette ville étonnante, pleine de contraste. Un côté indien traditionnel avec tout ce que vous venez de voir, et l'autre face, le côté Mr. Hyde de Bengalore, le quartier des affaires, avec un immense building flambant neuf hébergeant un gigantesque magasin de luxe indien de parfum et vêtements précieux et une boutique exagérémenent grande et neuve de... Louis Vuitton ! Ohhhh, je suis où là ??????! Saisissant !

Plus loin dans la MG road (toutes les villes ou presque ont une Mahatma Ghandi Road), ce n'est qu'un splendide défilé de boutiques très modernes et fashion comme Adiddas, Ray Ban, Puma, Diesel, Springfield, Tomy Hilfiger, ... et j'en passe.
J’ai failli en profiter, surtout que c’étaient les soldes : un petit polo Tomy à 15 €, qui dit mieux ? Mais mon budget de routard ne tiendra pas la route à ce rythme là. J’attendrais d’être complètement fauché aux Etats-Unis, dernière étape du voyage, pour dévaliser les boutiques et revenir les bras chargés de cadeaux ! Avec de l’argent emprunté, bien entendu !

Toutes ces boutiques, cédant de temps en temps la place à un mac do ou autre fast-food local, constituaient un véritable amas lumineux qui se donne des airs new-yorkais la nuit tombée. Non mais vraiment, où suis-je ? Mes yeux brillent et s’émerveillent à chaque instant. Je suis grisé de retrouver un bout d’occident en terre indienne.

Ma prochaine étape a pour nom Mysore. Il y a parait-il un palace magnifique !






samedi 28 février 2009

Varanasi ou l'overdose indienne...

Varanasi, vue générale des ghats.


Varanasi aura marqué le premier coup de gueule contre les Indiens et une première over-dose du pays.

Une 'agression' verbale près du 'burning ghat' par un mec qui m'obligeait à faire une donation (ce à quoi je lui ai répondu qu'en général une donation était affranchie de toute obligation) m'aura plongé dans un état de vulnérabilité patent, ou plutôt cette agression aura fait voler en éclat la carapace que tout un chacun se fait quand il va en Inde. Du coup, j'avais le sentiment que j'étais à la portée de tous ces harceleurs, quémandeurs, quêteurs, et qu'ils ne voyaient que trop mon état de vulnérabilité...

Déjà le premier contact avec la ville était costaud. Je descendais du train et me dirigeais vers la sortie quand mon regard s'est fait accroché par l'image choquante d'une vieille dame toute frêle en train quêter sur les quais, les pieds et mains dans un état catastrophique (je pensais qu'ils avaient déjà gangrenné un peu), la main a peu près tendue dans un dernier élan de force, la tête s'affaissant un peu plus sur ses genoux en tailleur à chaque expiration... Son dernier soupir me semblait imminent et je n'ai pu soutenir mon regard plus longtemps dans sa direction, le flux de la foule me dirigeant vers la sortie... Quelle horreur, c'est l'image la plus dure que j'ai eu à souffrir ici en Inde.

On dit de Varanasi (anciennement Bénares) qu'elle est le berceau de l'humanité, la ville la plus vieille du monde. Elle est traversée par le Gange, le fleuve sacré des Indiens. C'est donc un lieu de pèlerinage très connu et visité.

La ville attire par conséquent de nombreux pèlerins et touristes étrangers, curieux de voir les scènes de vie et de purification sur les ghats ou pris dans un quête mystico-spirituelle qu'ils mettent au travail dans cette ville sainte.

Du coup, le tourisme attire également son lot de quémandeurs, vendeurs, arnaqueurs etc... et jamais ailleurs qu'ici je ne me suis senti à ce point envahi et harcelé de toute part. C'était très pénible, à tel point que j'en étais effrayé de sortir dans la rue et sur les ghats... Ma première vision des ghats (ces escaliers pourvus de grandes marches qui descendent et viennent mourir dans le Gange) était terrifiante et grandiose à la fois. Ma guest-house se situait en retrait du burning ghat, le ghat où se passaient les crémations ; crémations qui se font ici sur de simples bûchers et qui sont publiques. Les photos sont interdites, bien entendu, sauf si vous faites une petite donation, comme me l'assénait ce pauv'type, auquel cas vous aurez le droit d'aller partout et de prendre autant de photos que vous voulez. Pfff, 'holy site holy site' mon cul oui. Tout est bon et prétexte à se faire des tunes.
Il m'a complètement bloqué et paralysé, physiquement et psychologiquement. Il m'a forcé à subir une imposition des mains, une sorte de bénédiction faite par une p'tite vieille soit-disant infirmière toute branlante et repoussante, à moitié aveugle. Et bien sûr ensuite il voulait que je lui fasse une donation, encore et encore... J'ai finalement réussi à m'échapper de son emprise, tellement je bouillais intérieurement contre un con pareil et furieux contre moi-même de m'être laissé embobiné et apeuré comme ça... Alors que je m'éloignais de lui, il m'a lancé, dans un dernier espoir de se voir doté d'une donation ou de comforter son ascendant psychologique : "Something bad, really bad happen to you in India"...
Je ne suis bien sûr pas supersticieux mais il a quand même réussi à me foutre la trouille ce connard...

Heureusement, un belge rencontré dans le train, qui étais aussi à Agra en même temps que moi, sans que pour autant nous ayions eu l'opportunité d'y sympathiser, est venu me trouver à ma guest-house et nous avons passé pratiquement toute une journée ensemble, et je dois dire que cela a un peu 'sauvé' mon séjour ici à Varanasi... Merci Olivier !



Donc Varanasi ne me laissera pas un souvenir extra, même si c'est une ville absolument sidérante, pétrie de temples innombrables, de ruelles labyrinthiques (où je ne faisais que m'y perdre pendant des heures, tentant de retrouver mon chemin pour cette maudite guest-house), parcourue de vieux sadduhs, des sages avec qui l'on peut apparemment passer des heures à converser sur la vie, la religion etc..., baignée de beaucoup de couleurs encore, et emprise d'une circulation innommable dans la nouvelle ville où les piétons se retrouvaient parfois eux aussi coincés dans le traffic !!

OVER-DOSE !
Les nuages de pollution : STOP !
Les ruelles étroites dégueulasses avec les vaches, leurs bouses, les ordures et les odeurs : STOP !
Les coups de klaxon dans ces mêmes ruelles qui vrillent les tympans: STOP !
Les galères pour (re)trouver son chemin dans ce labyrinthe insondable : STOP !
Les crachas précédés de raclement de gorge immondes et les rots intempestifs pratiqués indifféremment par hommes et femmes : STOP !
Les chambres de merde à 100 Rs (10 balles) où je touche les 4 murs allongé sur un lit avec un matelas inexistant : STOP !
Les Indiens qui vous accostent perpétuellement tous les 20 cm pour tenter de vous vendre un massage (ils vous en font souvent une démo gratos sur vous mais sans votre consentement...), des cartes postales (souvent des gosses qui les vendent), des bijoux en tous genre, des "boat-trips", une course en rickshaw, du "haaaaasch", une chambre vraiment pas chère, un "resto-où-tous-les-plats-qu'ils-sont-bons", encore un massage, trois propositions de boat-trip en même temps, des bijoux..... Mais oh mon Dieu je n'ai marché que 10 mètres... AHHHHRGGG STOOOOOOOOOOOP . . .

Il faut que je parte, vite, très vite ou bien je vais devenir fou et un sale con à devenir un odieux touriste qui ne respecte pas les habitants du pays qu'il visite... Mais pour aller où ? J'ai déjà presque fini le parcours que je voulais faire en Inde alors qu'il me reste encore 3 semaines devant moi... Suis allé trop vite sans aucun doute. Et le résultat est que je suis fatigué, énervé, aigri, et à fleur de peau. Je veux aller à Calcutta, c'est encore un nom mythique pour moi, mais c'est peut-être pas une bonne idée sachant que c'est la ville la plus peuplée d'Inde (20 millions) et que ça doit être un sacré bordel... Et le Sud alors ? Parait que c'est plus soft que le Nord ? Oui mais c'est loin et long pour y aller... Ohhh, que faire ?

En tentant de m'échapper à tout prix et au plus vite de ce guêpier, j'ai trouvé sur internet un vol Calcutta-Chennai (Madras) à 1 roupie !!! Avec les taxes, cela me revenait à 30 €, ce qui était le même prix qu'un Calcutta-Chennai en train 'air conditionné' qui aurait mis 33h alors que l'avion en aura mis 2 !

Il suffisait de trouver un train pour Calcutta (nouveau nom Kolkata) mais impossible car ils étaient tous plein, cette ligne étant très touristique. C'était aussi sans compter les pannes de courant qui ne me facilitait pas la tâche pour trouver un moyen de déguerpir au plus vite. Varanasi s'acharne contre moi, je suis damné !
Tant pis, je vais être obligé de passer une nuit et une journée de plus ici.


Autres photos :

vue de ma guest-house.

vue sur le Gange.




Kolkata, le surlendemain après-midi.
Ouf, j'ai failli ne jamais arriver. A la gare de Varanasi hier soir, mon train avait du retard. J'ai rencontré un certain Julien qui lui voulait aller à Amristar, pointe Nord ouest de l'Inde, frontière avec le Pakistan. 24h de train, en sleeper heureusement. Seulement, son train avait 10h de retard quand moi je suis arrivé vers 18h à la gare... Il pétait les plombs... D'autant plus que toutes les heures, on lui disait que son train n'avait qu'une heure de retard... On lui a fait le coup 10 fois... Il devait partir à 8h du mat', il était 6h du soir... Et il commençât à se produire le même schéma pour moi. A 7h et des brouettes, le train n'est pas arrivé comme pourtant prévu et il est reporté une heure plus tard. A 8h toujours rien, prévu pour 9h etc....
Finalement Julien tout comme moi prendrons nos trains et nos retards respectifs et nous partirons chacun de notre côté.

J'arrive à Kolkata dans la chaleur de l'après-midi et je peux de nouveau sentir une bonne humidité que je n'avais plus connue depuis longtemps.
La gare est immense et je traverse encore ces scènes de personnes entassées et couchées sur le sol dont je commence à avoir l'habitude. Je me dirige vers la fleuve. En effet le quartier où je veux me rendre, de même que le centre de Calcutta se trouvent de l'autre côté et il faut traverser avec un 'ferry'. Je tenais à m'y rendre par mes propres moyens car prendre un taxi ou un rickshaw aurait été une solution économiquement pas routarde vu la longueur du trajet ; de plus, je me dis que prendre un ferry à Calcutta pour traverser la rivière peut être une bonne expérience de routard... ! Qu'est-ce que je n'avais pas dit... ! ! !

J'arrive le jour même où a lieu un énorme meeting communiste qui rassemble une foule immense qui déferle un peu partout dans les rues, la gare et ses abords, les pontons pour le ferry etc... véhiculant partout le célèbre drapeau rouge. "Vincent, est-ce une si bonne idée que cela le ferry ?"

Qu'à cela ne tienne, je n'écoute que mon esprit 'aventurier'. Je VEUX le faire, je LE ferais.
Je mets 20 minutes à trouver le guichet approprié pour acheter mon ticket à 4 Rs (40 centimes de francs) et me fait happer par le flux rouge que des grilles, qui servent à la régulation du mouvement, vomissent de manière discontinue en direction de la jetée... Je commence à comprendre ce dans quoi je me suis fourré et l'embarquement du précédent ferry que je vois sous mes yeux me place les choses bien en face...!
"tu vois un peu ce qui t'attend" semblent vouloir me dirent deux indiens qui me dévisagent délibérément et sans gêne alors que leurs visages arborent des rires narquois... Ils viennent pourtant me parler et me faire passer le sempiternel 'test-indien-pour-touriste' : "Where are you from", "what country", "what age", what's your name" ? etc etc...

Une fois répondu à toutes les questions, le touriste se voit gratifié d'un regard ou d'un sourire miéleux approbateur, comme si nous avions besoin de passer le test correctement et d'avoir le consentement de ces civils-qui-se-la-joue-policiers-qui-se-mêlent-de-tout pour pouvoir continuer notre route !
Sur quoi le ferry arrive. J'ai déjà eu le temps de bien transpirer à attendre 10 minutes au soleil et la perspective de finir encore plus trempé ne m'effraie pas le moins du monde. Ce qui me turlupine, c'est "bordel, comment je vais arriver à monter là-dedans"...! J'ai vu comment ça se passait avec le précédent ferry et je pourrai résumer la chose en deux mots : "à l'ABOOORDAAAGE" ! ! !

Quand il s'agit de prendre ou de trouver une place dans un transport public, les Indiens deviennent complètement hystériques et un comportement archaïque et bestial, que l'on pourrait dire synonyme de "spécialiste d'opérations commando", prends le relai de la conscience chez l'Indien tout venant. Une véritable ruée s'opère alors même que le ferry n'ait encore véritablement accosté. Celui-ci est littéralement pris d'assaut, les gens se jetent sur le pont, par dessus et au travers des barrières, grimpent, piétinnent, escaladent, s'accrochent à tout ce qu'ils trouvent pour monter à bord... Moi qui n'était pas en première ligne, je constate l'étendue de la chose, sentant la foule pousser derrière et autour de moi et commençant à légèrement paniquer... Mieux vaut éviter la claustrophobie.

J'empoigne du mieux que je peux mon gros sac à bout de bras car je me suis arnaché de mon petit sur le dos. La fin du quai est là, je la vois. Le ferry n'est pas pas complètement collé au ponton. C'est trop dangereux. La foule pousse toujours plus fort, mon champ de vision est envahi de gens qui sautent, des mains, de têtes, de cris, de corps bousculés-qui-se-bousculent, grimpent, et se marchent dessus... J'ai compris, je suis en temps de guerre et l'assaut vient d'être lancé...

Je n'ai même pas tant de peine que cela à porter mon sac qui est véhiculé par la foule en délire. Je pose un pied sur le bateau. Mais celui-ci par les mouvements de l'eau, se retire et je commence à sentir mes jambes faire le grand écart. J'ai un bras qui s'aggripe je-ne-sais-où tandis que l'autre est resté prisonnier de la foule qui ressert sa folle étreinte sur mon gros sac. Le bateau revient. Je saisis cette ultime opportunité pour rassembler mes forces. Je prends appui comme je le peux n'importe où, c'est-à-dire sur les gens qui m'entoure, et dans un dernier effort combiné qui m'arrache un cri - le cri féroce du combattant ! - je pousse sur mes jambes pour me hisser sur le bateau tout en m'agrippant d'un bras sur des gens et ramenant l'autre vers moi pour extraire les 18kg de mon sac à la foule compactée.

Je ne sais pas combien de personnes j'ai écrasées et il doit bien en avoir une bonne trentaine à l'eau, mais qu'importe ! Je suis sur le ferry, j'ai une place debout (un bout de 20 cm² tout tassé) et mes sacs avec moi. La scène à duré 10 secondes !

Calcutta, quelle introduction ! Le guide de voyage Lonely Planet disait qu'il fallait mieux éviter de prendre le ferry aux heures de pointes... J'ai compris ! Et en cas de meeting communiste ?!

Mon regard croise par hasard ceux des Indiens qui me narguaient sur le quai et je comprends maintenant pleinement le sens de ce dévisagement moqueur : "Ah regardez moi ce touriste, il est bien malin, il n'arrivera jamais à prendre le ferry ! S'il savait ce qui l'attend ! Haha ! On va bien rigoler !"
Là, leur regard était différent. Il semblait vouloir dire : "bravo mon gars, tu l'as fait, chapeau, on ne donnait pas cher de ta peau". Et nous hôchons simultanément la tête pour nous saluer et saluer notre succès dans l'abordage du ferry !!

Le reste de mon court séjour à Calcutta ne sera pas des plus excitants ! Une chambre vraiment pourrie dans un hotel tenu par des Indiens charmants, des restos un peu chers et mon premier KFC (autre grande chaîne de fast-food américain spécialisée dans le poulet), des travaux et beaucoup de poussière polluée et d'encombrements dans la rue de mon hôtel, et une "ballade" alentours pour le coup édifiante : le nombre de gens qui dorment et vivent sur les trottoirs, à deux pas du quartier réputé touristique, est hallucinant : parfois des trottoirs entiers sont pris en siège par ces malheureuses personnes. On ne peut plus y circuler. J'ai été très touché par tant de pauvreté et de véritable misère humaine. Bombay, sur des mêmes critères de comparaison, est beaucoup plus propre et moins pauvre.

Et je ne suis même pas allé dans les quartiers pauvres, sans parler des bidons-villes... J'ai aussi vu ces rickshaws humains, ou "pédo-rickshaws", ces hommes qui tractent en courant ou marchant, parfois pieds-nus, leurs clients dans ces espèces de charette décapotables....
Calcutta n'aura pas failli à l'image que je m'étais faite d'elle.

L'arrivée dans l'aéroport domestique aura été une vraie bouffée d'air frais dans tous les sens du terme : air conditionné, propreté et espace, calme (tout relatif)... Ahhhh, que c'est agréable d'avoir un moment de répis !

Mais que donc me réserve le Sud ?

Des News !

Oui Helo, tu as raison je suis bien a la bourre... Mon dieu, j'ai pris un mois de retard ? C'est pas possible...
Alors pour ratrapper un peu tout ca, voici trois articles sur 3 autres villes apres Jodhpur : Jaisalmer, Jaipur et Agra.
Il me restera encore a vous raconter deux etapes au nord (Varanasi et Calcutta) et puis le Sud ! J'y travaille !
La bizzz

Agra et le Taj Mahal

Agra, la ville du Taj Mahal. Là, c’est un de moments très attendu de tout voyage en Inde, quoi qu’on en dise. Le Taj, c’est mythique ! A peine arrivé dans le quartier du Taj, je distingue quelque blanches coupoles et suis presque déçu d’avoir le mythe déjà en partie dévoilé. Je baisse la tête pour ne pas en voir d’avantage, et je suis surpris qu’il soit aussi proche des habitations. J’arrive à mon hotel. Après une bonne négociation de tarif de chambre, je monte dare-dare sur le roof-top et là je me prends un coup sur le crâne. Le Taj.... Wouhaaaaaouuuuhhh !


C’est trop beau ! Et trop blanc aussi ! Mes yeux sont éblouis par tant d’immaculé ! Je file tout droit vers une autre guest-house supposée avoir la meilleure vue sur le Taj. C’est vrai, c’est mieux que de mon hotel, mais c’est aussi plus touristique.




Un serveur prend ma commande. Et je fais la connaissance d’Australiens, encore ? De Melbourne, encore ?!! Ils sont partout !
Gary et Tahlia sont père et fille (une petite cinquataine et une ado de 15ans) et sont venus en Inde pour assister à un mariage à Chennai (Madras). Il leur restait ensuite 3 semaines à vadrouiller dans le pays. Agra est leur avant dernière destination. Ils sont a-do-rables et j’ai énormément apprécié leur compagnie pendant ces deux jours à Agra. Je les reverrai en Australie, pour sûr ! J’adore les Australiens, je n’ai eu que de très bonnes recontres jusqu’à présent.

Le lendemain, nous prévoyons avec G&T d’aller visiter le Taj, chacun à notre façon. En effet je refuse de payer 750 roupies pour avoir le privilège de rentrer dans l’enceinte du Taj, alors que les Indiens ne payent que 20 roupies (75 contre 2 francs). Il faut en plus ajouter 25 roupies par appareil photo et l’entrée s’apparente à un contrôle aussi minitieux et rigoureux que ridicule. Le Taj est sur-protégé et ils ont peur d’un attentat à la bombe. C’est vrai que j’en planque une dans mon sac. Donc, par principe, je ne rentrerai pas dans le Taj. Mais je crois que ça en vaut vraiment le coup, si vous n’avez pas ces manières !

Moi, je vais me faire ça... « à la routarde ». Je me suis pourtant levé tôt pour accompagner G&T au guichet à la porte Est du Taj. Nous sommes heureusement les premiers (vu l’heure indécente de matinalerie !) mais très très vite nous sommes rejoint par ces groupes entiers de touristes ! Des espagnols, des cars de japs, des anglais... C’en est trop pour moi, on se donne rdv pour le petit déjeuner à leur guest-house et je m’eclipse dans la file d’attente en constante croissance. Et il fait froid, mon dieu !

Je marche vite pour me réchauffer. J’ai pourtant ma polaire, pantalon et grosses chaussettes, ma tête emmitouflée dans mon foulard, mais il fait toujours aussi froid. Je longe vers le nord l’enceinte rouge du Taj en son côté est et atteint bientôt la rivière. Il fait encore très noir. J’arrive sur les Ghats (escaliers ou grandes marches qui descendent dans l’eau et où les indiens font leurs toilettes ou lessives et ou viennent se purifier quand il s’agit du Gange, le fleuve sacré) et je trouve pourtant des hommes qui attendent ici. Ah bah oui, il y a forcément les militaires, au cas où je serais venu planquer une tête nucléaire dans la rivière, et il y a un autre homme qui est arrivé en même temps que moi et fait sa gym sur les ghats ! Il a bien raison, je me les gèle ! J’ai l’impression de revivre un dérouillage scout par procuration ! Brrrrr !

Je suis venu ici car kiwi-Michelle m’a appris que l’on pouvait aller sur la rivière et de l’autre côté sur les berges pour voir le Taj au lever du soleil pour pas cher. Je suis un peu inquiet. Il y a bien une barque mais point d’homme pour la pousser. La claté de l’aube pointe et des touristes anglais arrivent. Ok, je crois que je suis bien au bon endroit et que je ne vais pas être tout seul. Notre homme-de-la-barque arrive en petit T-shirt léger, jean et tongs, sans oublier l’écharpe enturbannée. Il est malade. Il fait doit faire -15 là.

Un petit vent humide rend l’air méchamment glaçant. Nous embarquons à 15 sur la barque-avec-de-l’eau-au-fond. C’est moitié rassurés et les fesses déjà sales que nous glissons sur la brume au dessus du lac. Selon les mouvements de l’air, notre regard est tantôt totalement noyé dans un épais brouillard, tantôt capable de distinguer les formes majestueuses du Taj. C’est un moment très poétique.




« Terre, terre » ai-je plaisanté en anglais pour dérider un peu ces fades british. Il va falloir que j’apprenne à plaisanter dans la langue de Shakespeare. Me suis pris un gros vent ! Glacial qui plus est ! Nous touchons donc terre, non pas sur l’autre rive, mais sur un vaste banc de terre sablonneuse. Nous voyons nettement le Taj qui sort de temps à autre de cette purée de pois. Ce cache-cache fantômatique donne à la scène un aspect totalement surréaliste, mais tellement mythique et plein de poésie. L’astre céleste s’annonce alors de sa grosse boule rougeôyante au travers des arbres et illumine dans un délicat clair-obscur l’oeuvre monumentale dédiée à l’amour. C’est fabuleux ! Le brouillard se dissipe bientôt totalement laissant apparaître le reste des fumerolles qui s’échappent de la rivière. Les couleurs pastels se succèdent sur le marbre blanc et nous admirons le reflet du palais à la surface de l’eau. Grandiose ! Je ne peux pas dire le nombre de photos que j’ai prises.






De retour de l’autre côté, le puller demande son dû : 100 roupies par tête. C’est un peu plus cher que ce à quoi je m’attendais, mais tellement moins que le tarif normal ! C’est vraiment quelque chose à faire ! Des singes et des corbeaux sont venus manger les bouts de pain mis en offrance par des hommes sur les ghats.

Un des gardes militaire me fait signe de m’approcher et me désigne le Taj. Il m’explique que c’est le seul moment de la journée où nous pouvons voir les pierres précieuses incrustées dans le marbre briller et scintiller grâce au soleil. C’est aussi très beau !

L’après-midi, nous allons au ‘Agra-Fort’ avec G&T, mais j’ai une petite over-dose de monuments, et puis, que faire passer après le Taj ?! Je ne considère donc pas ce fort rouge et colossal à a juste valeur.



Je me promène à ses pieds et prends quelques clichés inédits du Taj, qui sous cet angle-ci fait plutôt penser à une gigantesque mosquée !


Je suis bien triste de quitter ma petite famille australienne d’adoption. Nous nous reverrons au pays, sans aucun doute ! Je pars pour Varanasi, la ville berceau de l’humanité traversée par le fleuve sacré.


autres photos :


les bords de la riviere... peut etre un avant gout du Gange ?


une vendeuse de papad, petits pains-crackers, pres du Taj.

lundi 9 février 2009

Jaipur et mon premier Mahal : soufflant !

Michelle et Moi prenons le même train, mais dans des classes différentes, car je ne fais qu’un court trajet alors qu’elle retourne à Dehli pour prendre son avion pour Auckland. Nous faisons nos « Goodbye, see you in New-Zealand » sur le quai et montons dans nos wagons respectifs. Ce voyage fût le pire de tous... Une poussière omniprésente et tourbillonante dans le wagon ; des gamins qui jouaient en huuuuurlant de bonheur ou d’émotion à la moindre occasion (donc toutes les 5 secondes) alors que j’essayais désespéremment de piquer un somme ; pendant la nuit, une armada de cochons dans mon entourage proche (une bonne vingtaine d’indiens ronflant comme des porcs alors que nous sommes arrêtés depuis une demi-heure et que les bruits du train ne couvrent plus cette odieuse ronflerie ; des odeurs de pieds dignes d’un « Aziz »... Un CALVAIRE pour les sens et mes nerfs qui n’ont pas été loin de lâcher cette fois-ci.

Jaipur aura signe mon retour a une solitude obligee, mais finalement bienvenue : j'en avais besoin pour me retrouver un peu. Du coup, j'en ai profite pour me reposer sans compter dans ma chambre miteuse d'une guest house miteuse mais pas chere : 15 francs la nuit pour une chambre double avec ma propre salle de bains et WC ! En revanche, l'eau chaude, c'etait en plus mais j'ai pu en avoir sur demande dans des grands baquets ! Quelle jouissance de se renverser un petit baquet d'eau bien chaude pour se rincer alors que la temperature exterieure est "glaciale" (reference indienne ! comptez une dizaine de degres la nuit et 24,25 en journee). Oui, depuis Udaipur, les nuits sont fraiches, parfois carrement froides comme a Jaisalmer dans le desert, ou dans les trains de nuits où je grelotte si je ne dors pas dans mon beau duvet decat'truc (chut pas de pub) a l'epreuve du froid.


Jaipur... Bilan mitigé. Quelques +, quelques – ... En fait, j’ai surtout eu besoin de faire l’autiste. J’ai passé pas mal de temps dans ma chambre à trier des photos et écrire mon journal. Ville assez étendue, mauvaise orientation, perdu plusieurs fois, monuments introuvables, gens obnubilés par le tourisme... Mouais... Suis content d’être resté dans ma chambre ! En revanche, j’ai vu mon premier « Mahal » (palace en Hindi). Le « Hawa Mahal », n’ayant rien à voir avec le Taj Mahal, n’en demeure pas moins un sérieux rival si ce n’est sur le plan de l’esthétisme pur alors au moins au niveau de l’originalité architecturale. Il a été construit en1799 par un maharaja pour permettre à ses dames de voir la vie de la ville et les défilés sans être vues.


C’est hallucinant, et fascinant. J’adore ! Je suis rentré pour visiter, le prix n’était pas exhorbitant pour une fois pour un monument célèbre. Pas de chance, il y avait des travaux qui gâchaient un peu la vue et aussi le plaisir de contempler un beau monument dans la tranquilité.

Le reste de la ville n’est pas captivant. Jaipur est surnommée la ville rose. En effet, tous les bâtiments de la vieille ville sont roses, tirant parfois sur le rouge-rouille.




Il y a quelques belles bâtisses, une belle vue sur une immense muraille au loin sur une colline qui enceinte encore un autre palais, des temples, que je commence à connaître, et beaucoup d’échoppes touristiques... Bon allez, j’avoue, j’ai acheté mon premier « objet touristique ». Moi qui m’étais juré de ne rien acheté, pour cause de trou dans le budget et aussi le sac à dos, je me suis laissé tenté et fait avoir comme un bleu ! Cela faisait déjà un bon bout de temps que je voulais m’acheter un sarrouel, appelé ici Ali Baba, vous savez, ces fameux pantalons très larges en bas où l’on a l’impression d’avoir ch... dedans... ! Je n’avais pas réussi à faire descendre le prix plus bas que 120 roupies à Jaisalmer, et Michelle m’avait dit que j’en trouverai à 100 à Jaipur, comme ce qu’elle avait négocié quand elle y était. Je n’ai même pas eu à marchander très fort, car le mec est très rapidement descendu à 100 roupies (10 francs - 1,5 €). Je l’ai pris. Point.


Je me suis perdu (volontairement cette fois-ci) dans des rues hors de sentiers-battus-par-les-touristes. Que c’est agréable de ne pas être entouré de gros lourdos patibulaires et irrespectueux ! Mais du coup, face à face, seul à seul avec la population de ces rues asssez pauvres, on ne passe pas inaperçu en tant que blanc. Je ne me suis pas senti très à l’aise car dé-vi-sa-gé avec insistance, même les chiens ne me souhaitaient pas la bienvenue, mais au moins j’aime voir le vrai côté des choses toujours beaucoup plus instructif. Je me promenait avec mon appareil photo en évidence, mais je n’en ai pas pris. Je voulais leur montrer qu’on peut avoir une relation différente entre locaux et touristes, autrement qu’à travers l’objectif. Pourtant nombre de sujets auraient mérité d’être immortalisés. « Kodak moments » !
Justement, au détour d’une vache-poubelle, une « garbage cow » comme on s’amuse à les appeler ici (entre routards), j’aperçois un terrain vague où sont entassées une bonne dizaine de vaches qui se reposent. Je m’y engage pour prendre quelques photos, loin des regards insistants de la rue. Des gens sont là. Je les salue. Très rapidement des enfants s’approchent de moi. Ils ne me demandent pas tout de suite une photo. Un peu plus tard, juste pour rire, juste pour voir ce que c’est, comment ça fait. Pas pour demander une pièce ou faire fonctionner l’usine à tourisme.
D’ailleurs, on voit bien à leur tête qu’ils n’ont pas cherché à poser. Ils étaient juste curieux. Et curieux de se voir sur l’écran. Quel plaisir de trouver encore cela, non corrompu par le tourisme.


Ces gens étaient très simples, très gentils, me proposant de prendre en photo un homme en train de traire une vache, me montrant même avec grande fierté une toute jeune brebis... C’était un beau moment.

En revanche, je suis allé me perdre dans un autre endroit de la ville, pas loin du City Palace. Là les gens n’étaient pas acceuillants, et pensaient que j’étais perdu et que je cherchais ce palace. Je leur expliquais que je visitais juste le quartier et que je ne voulais pas y aller. Mais rien à faire, ils ne comprenaient pas. Et demandaient des ptites pièces en échange de photos.... GRRRRRR ! Je me suis finalement laissé entraîné par des jeunes sympathiques en apparence, qui m’ont montré un chemin original tel un passage secret pour me rendre au City Palace. Tout cela était fort aimable jusqu’à ce que les jeunes se rétractent, devant estimer leur travail fini, et m’ont demandé une rémunération en conséquence... Pfff, chui vraiment trop bête d’avoir pensé l’espace d’un instant qu’ils avaient pu être sincères... Refusant strictement de payer, ils ont tenté d’exploiter leur filon jusqu’au bout : « Haschh ? you smoke ? », puis « Something to eat », et enfin « Give me your shoes ».... Bref, toute tentative de « raquetter » le touriste est bonne à prendre pour ces « mangeurs de touristes ». Mais moi je me laisse pas manger de ce pain-là bon sang !

Et il y a toujours ces marchés débordant de couleurs et de senteurs, qui se ressemblent toujours mais ont leur propre identité à chaque fois. Ça c’est beau, je ne m’en lasserai peut-être pas d’ici la fin du voyage.




J’ai pris un vélo-rickshaw pour rentrer à ma guest-house. Cela ressemble à un grand tricycle avec une selle pour le pilote et une banquette décapotable pour deux passagers. C’est assez unique ! Le contact avec ces hommes est bien souvent plus agréable qu’avec les conducteurs d’auto-rickshaws, ces sortes de pousse-pousse ou tuk-tuk noir et jaune. Les gars sont souriants, ont l’air heureux de vivre malgré un travail dur, surtout à cause de la pollution dans laquelle ils évoluent chaque journée. Et c’est un moyen de transport écolo et cela donne du travail à d’honnêtes gens. Je l’ai tippé allégremment !
On verra si je serai capable de prendre un vrai rickshaw, ie un rickshaw tracté par un homme marchant ou courant pieds-nus. On les voit dans le magnifique film « la Cité de la Joie » et aussi à Calcutta, dernier bastion de ces « pédo-rickshaw ».






d'autres photos :

toujours des personnes se lavant dans la rue...


une des portes de l'enceinte de la vieille ville. tres beau.



et encore des turbans !